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L'Edito

Fuite

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5367 Le 09/10/2018 | Partager
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Les «cerveaux» atterrissent là où ils s’épanouissent le mieux. C’est une loi universelle qui transcende les questions de race, de nationalité et... de visa.

La fuite des diplômés qu’ils soient ingénieurs ou pas est une lame de fond qui n’épargne aucune région. En réalité, il ne faut tomber ni dans un excès ni dans un autre. Ni dans la vision pessimiste d’appauvrissement des pays émetteurs. Ni dans le vocabulaire migratoire lénifiant de «circulation» et de «mobilité» vers les destinations.

Là où le Maroc se fait chiper des centaines d’ingénieurs, l’Inde et la Chine en perdent des milliers dont beaucoup ne retournent pas dans leurs patries. C’est certes un sentiment d’injustice général pour les pays qui les produisent.

Il nourrit dans la foulée un lancinant débat sur les interactions avec le niveau de développement des pays d’origine, la question étant de savoir si la fuite en est l’un des déterminants ou plutôt l’une des conséquences. L’on aurait tort cependant de faire porter le chapeau à l’égoïsme des pays importateurs. C’est connu, les diplômés servent de variable d’ajustement à la conjoncture.

Certaines écoles et universités forment bien des lauréats de qualité, mais là aussi la croissance non inclusive a laissé des traces, asphyxiant l’activité dans sa capacité à intégrer l’ensemble des diplômés. Dans le cas marocain, l’absence de débouchés pour la recherche fait le reste.

Ceux qui refusent ce diktat, les plus talentueux souvent, ne veulent pas servir de main-d’œuvre d’appoint et partent vers d’autres cieux. Ces explications techniques ne dédouanent pas les pouvoirs publics de la nécessité de multiplier les enquêtes pour cerner rapidement le phénomène et ses implications pour les filières les plus touchées.

Le plus dangereux serait de laisser s’installer le sentiment d’échec à organiser son développement à partir du capital humain existant. Ce qui minerait la confiance dans le système.

 

 

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