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L'Edito

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Par L'Economiste| Edition N°:3592 Le 10/08/2011 | Partager

En situation de chaos, il est bon de revenir aux normes.
Le chaos, c’est celui de ruralisation, voire de clochardisation rampante de nos villes envahies par les vendeurs ambulants et cette impression que le pays est retourné 60 ans en arrière.
Pour contenir l’agitation sociale, l’Etat ne joue plus ses fonctions régaliennes de sécurité, de lutte contre l’occupation du domaine public et de protection de l’économie formelle. Du coup, la crise s’amplifie dans l’indifférence générale et il est peu probable que le phénomène ralentisse de lui-même comme par miracle.
Les normes sont celles de lois existantes, des procédures et que l’informel semble ringardiser et ridiculiser. A savoir qu’il faut disposer de locaux conformes, propres, détenir un registre de commerce, payer ses impôts…
Aujourd’hui, il y a deux manières d’analyser la situation. La première est de s’extasier de la formidable souplesse qu’offre ce «commerce de proximité», avec des ambitions qui feraient pâlir de jalousie le plan Rawaj. Après tout, il ne s’agit que de braves gens, de jeunes habitués au système D, qui ne font que gagner leur vie. Mais ne s’agit-il véritablement que de cela?
Ces vertus sociales sont sujettes à caution, car à remarquer les proportions que ce système est en train de prendre, il n’est pas sûr que ses avantages profitent exclusivement aux petits. L’informel a toujours existé au Maroc, mais il semble aujourd’hui s’ériger en mode d’organisation, lequel en continuant ainsi va instaurer ses propres codes et normes.
Il est aussi une invitation à désobéissance fiscale des commerçants honnêtes qui tentent de jouer la transparence, qui pensaient tournée la page de l’économie de rente. L’impression que le pays est retourné 60 ans en arrière. Et puis il y a plus grave: ces valeurs que nous adressons à nos enfants à qui l’on apprend à travailler dans l’informel au lieu de le faire dans la légalité.
Une terrible fuite en avant.

Mohamed Benabid

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