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L'Edito

Fraudes massives

Par Nadia SALAH| Edition N°:5429 Le 10/01/2019 | Partager
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On observe les péripéties fiscales pour voir de quel côté va pencher la balance, du côté de la fraude ou du côté d’un début de remise en ordre. A noter que l’absence d’enjeux électoraux immédiats rend cette bataille plus équitable: l’achat de voix via les «interventions» de partis ou de candidats pèse moins maintenant que dans dix-huit mois. Pas la peine de faire un dessin, hélas!

Ces «rentes politico-fiscales» sont devenues, au cours de ces dernières décennies, un des plus grands handicaps au développement du Maroc.

Il y a la fuite des recettes de l’Etat et ses conséquences sur les services sociaux.

Il  y a un laisser-aller légal et moral acceptant ces comportements que les économistes appellent les «cavaliers libres» (profiter sans payer).

Ce n’est pas le pire.

La  fraude est rarement vue comme la destruction d’entreprises. Pourtant, c’est le plus grand des manquements à la concurrence saine et loyale. C’est le plus grand dans son étendue géographique et sectorielle. C’est le plus grand par les masses financières, puisque les  sommes en jeu dépassent plusieurs  dizaines de milliards de dirhams chaque année.

On a un indicateur grossier mais très bavard: la TVA intérieure et la TVA sur les importations. La logique dit que la TVA intérieure doit être considérablement plus élevée que l’autre. Sinon, comment pourrions-nous payer les importations?

Pendant deux décennies, il y avait assez de fraude intérieure pour que ces deux TVA soient équilibrées.  Pas bon, mais on espérait toujours un redressement.

Puis, ne voilà-t-il pas qu’au milieu des années 2000, les chiffres dénoncent la hausse des fraudes. Aujourd’hui, la TVA intérieure rapporte à peine les trois quarts de la TVA sur importations: 29 contre 41 milliards de DH. La fraude n’a pas régressé. Bien au contraire, elle a explosé depuis dix ans.

Comment veut-on que les gens s’impliquent dans le développement national, quand on a laissé une telle situation s’installer?

 

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