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L'Edito

«France first»

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5397 Le 23/11/2018 | Partager
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La hausse des frais de scolarité dans les universités françaises continue de susciter une vive émotion. Une surprise? Pas vraiment.

Rattrapée par la surenchère des rankings internationaux, souvent controversés (qui mesurent presque tout sauf ce qui permet véritablement d’évaluer la qualité d’une offre éducative!), et les diktats des autres métriques de la recherche supposés doper la compétitivité scientifique, la France rentre dans le rang.

Si elle s’affranchit progressivement du dogme de la quasi-gratuité, c’est qu’elle estime que ses universités sont sous-financées par rapport à leurs homologues européennes et que ses contribuables ne peuvent consentir plus d’efforts. Dans le fond, et à leur décharge, convenons donc que la mesure ne manque pas d’arguments.

Après tout, un pays reste souverain dans les orientations qu’il souhaite donner à ses politiques publiques. Et l’enseignement est largement éligible à ce titre.

Cependant, l’alibi du renforcement de l’attractivité de l’offre éducative française passe mal lorsque les mesures impactent exclusivement 325.000 étudiants étrangers, non européens, dont 38.000 Marocains. Beaucoup avaient déjà fait quelque part le choix d’un modèle payant, pour financer le transport, le séjour, en consentant souvent d’importants sacrifices.

Tant pis si, aux yeux de nombreuses familles, l’augmentation des frais de scolarité conjuguée à ses éventuelles conséquences collatérales, le surendettement/insolvabilité des étudiants ou de leurs parents, risque de saper la perception du modèle français, qui était resté jusque-là l’une des rares machines à rêver, et égalisatrice de chances, bon marché.

Pas de raison de ne pas suivre le trend: dans plusieurs régions du monde, l’effet Trump a permis de libérer et la parole et les idéologies. Lorsque ce n’est pas «America first», c’est alors «Europe first», «France first». (Voir aussi notre article rubrique Economie).

 

 

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