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L'Edito

Formation

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5228 Le 13/03/2018 | Partager
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La formation professionnelle est opaque, inégalitaire et coûte cher par-dessus le marché. Elle souffre surtout de l’archaïsme d’une vision administrative pas suffisamment en phase avec les exigences de réactivité du privé.

Sans surprise, le débat se cristallise aujourd’hui autour de deux perspectives épineuses du dossier: gouvernance et financement. Gouvernance d’abord. L’OFPPT dans sa configuration actuelle ne semble plus en mesure de défendre son statut de structure de  pilotage.

L’Office est inaudible sur les nouveaux enjeux de la formation, lesquels imposent des réorientations rapides des priorités. Incapable de se caler sur les besoins des entreprises,  de s’adapter aux enjeux des bouleversements économiques et technologiques ou même de rendre ses propres filières suffisamment attractives.

Quel est le bilan de l’OFPPT en l’absence d’analyse profonde des besoins en  compétences? Un mystère déconcertant s’il est rapporté aux perspectives intéressantes dont le marché de l’emploi se fait l’écho. Tant pour les codeurs et développeurs informatiques que des cols bleus qui n’ont jamais mis les pieds à l’université et qui croulent sous les commandes, y compris en ces temps de crise dans le bâtiment: plombiers, électriciens...

Financement ensuite. Près de 2,3 milliards de DH sont collectés chaque année au titre de la taxe professionnelle et personne ne sait à quoi ils servent. Comment expliquer que pareille somme ne soit pas mobilisée intégralement pour l’accès au marché du travail ou pour la compétitivité des entreprises?

Le Maroc n’arrive pas à réformer sa formation professionnelle alors qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour des milliers de jeunes et d’entreprises.  

Le dialogue social n’a pas tellement à se soucier à débloquer la situation: une partie des acteurs vit de la rente de la gestion paritative. A moins que le centre de gravité de la crise de la formation professionnelle ne se trouve dans ces zones-là…

 

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