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L’Istiqlal "surpris" par la loi de finances rectificative 2020

Par L'Economiste| Le 13/07/2020 - 14:38 | Partager
L’Istiqlal "surpris" par la loi de finances rectificative 2020

Surprise par le contenu du projet de la loi des finances rectificative 2020, l’Alliance des économistes istiqlaltiens (AEI) exhorte le gouvernement à en rattraper les insuffisances, conformément aux attentes des opérateurs économiques et aux aspirations des citoyennes et citoyens. "Nous invitons le gouvernement à être réceptif par rapport aux propositions d’amendements des représentants de la nation, en vue d’améliorer ce projet de LFR 2020 et de sauvegarder notre tissu productif, préserver l’emploi et soutenir le pouvoir d’achat des ménages marocains", écrit l’AEI.

Dans un communiqué publié ce lundi, le bras économique du parti de l’Istiqlal affirme suivre de près l’évolution des effets de la pandémie Covid 19 sur la société et l’économie marocaines. Dans ce cadre, l’AEI, a procédé à l’examen des hypothèses, des priorités et des données chiffrées présentés par le gouvernement dans son projet de loi des finances rectificative au titre de l’année 2020. A l’issue de l’examen du projet, l’Alliance souligne l’absence de mesures claires et volontaristes pour contenir la récession attendue ; limiter le recul substantiel du pouvoir d’achat des citoyens, particulièrement des classes moyennes ; sécuriser un revenu minimum des salariés, des indépendants et des autoentrepreneurs ayant perdu leur revenu suite à cette crise ; sauver les entreprises notamment les TPME et préserver les emplois. Par son projet de LFR, le gouvernement déclare maintenir les mêmes priorités que celles de la loi des finances initiale. Or, le contexte actuel est marqué par l’arrêt des activités de près de 100 jours, coûtant un milliard de dirhams de PIB par jour, selon les estimations du gouvernement.

"Le projet de LFR n’affiche pas la volonté du gouvernement de veiller à une utilisation rationnelle des ressources publiques,ni à un meilleur ciblage des dépenses, notamment à travers une réduction substantielle du train de vie de l’administration". L’AEI marque ainsi son étonnement. "Par ce PLFR, le gouvernement s’est contenté de régulariser certaines décisions prises par le Comité de veille économique, d’actualiser certaines hypothèses, et d’intégrer quelques modifications au niveau des budgets de certains départements ministériels". "Les secteurs dits prioritaires n’ont pas vu leurs ressources augmenter comme on pouvait s’y attendre", lit-on dans l’analyse de l’AEI. "Alors que le HCP souligne un recul de près 14% du PIB durant la période du confinement, par rapport à la même période de l’année 2019, le PLFR n’apporte pas de mesures significatives permettant de soutenir les secteurs économiques les plus touchés par la crise,que ça soit au niveau du budget général, des budgets des services gérés de manière autonome, ou des comptes spéciaux du trésor", déplore égallement l'AEI.

L’AEI rappelle qu’elle a fait des propositions concrètes à travers ses communiqués des trois derniers mois, pour la sauvegarde des entreprises et des emplois en général et pour les secteurs du logement, du tourisme, de l’artisanat et du digital, en particulier. Autre remarque de l’Alliance, l’absence de mesures concrètes incitant les entreprises et établissements publics à une participation volontariste aux efforts engagés pour dynamiser les activités économiques et appuyer les entreprises nationales, notamment à travers un meilleur ciblage de leurs dépenses et l’application effective de la préférence nationale.

En ce qui concerne les données chiffrées du projet de LFR 2020, l’alliance souligne que certaines de ces données ne reflètent pas la réalité de l’impact de la crise sanitaire sur le cadre macroéconomique de notre Pays. En effet, l’évolution des activités économiques durant le premier et le deuxième trimestres 2020, indique clairement que le taux de récession de cette année dépasserait les 6% du PIB au lieu du 5% projeté par le gouvernement. En outre, les données relatives à l’exécution de la loi des finances à fin mai 2020, notamment le recul manifeste des recettes fiscales, montrent que le déficit budgétaire de l’année 2020 atteindrait 8% du PIB, et qu’il dépasserait 9%, si on ne tient pas compte du solde du compte d’affectation spéciale « Covid 19 ».

Y.S.A.

Aggravation du taux d’endettement public

L’AEI souligne l’autorisation d’augmenter le seuil d’endettement à 76 milliards de DH pour la dette intérieure et à 60 milliards pour la dette extérieure, ce qui se traduirait par l’aggravation du taux d’endettement public à plus de 90% du PIB. Dans ce cadre, et afin de préserver notre souveraineté économique, l’alliance invite le gouvernement à une utilisation plus rationnelle de ces dettes et à un meilleur ciblage de projets directement productifs pour un développement local inclusif, durable et créateur de richesses et d’emplois dans les différents territoires du Royaume. Il s’agit particulièrement de favoriser le lancement de projets de désenclavement de zones reculées en les équipant en routes, en eau, et en électricité et de généraliser l’équipement du pays en énergies renouvelables et sa connexion à internet. Parallèlement, et compte tenu de la dégradation de notre balance des paiements en raison des baisses continues de la demande extérieure adressée à notre pays, des IDE, du tourisme et des transferts des MRE, l’alliance exhorte vivement le gouvernement à mettre en place des mécanismes intelligents, non tarifaires, visant à n’importer que les produits et services strictement nécessaires et à promouvoir la production locale « Made in Maroc ». --

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