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Covid19/ Fès: Les autorités veulent maîtriser la recrudescence des cas, mais...

Par L'Economiste| Le 25/07/2020 - 10:58 | Partager
Covid19/ Fès: Les autorités veulent maîtriser la recrudescence des cas, mais...

Les autorités de la région Fès-Meknès devront croiser le fer pour redresser la situation épidémiologique. «Depuis le début de l'épidémie, nous nous sommes réunis une cinquantaine de fois, à des heures différentes de la journée (parfois à 2H du matin), pour éviter des éventualités préoccupantes, prendre des décisions, et sensibiliser la population...Après 5 mois, il semble que la sensibilisation seule ne porte pas ses fruits. Nous allons continuer de sensibiliser, mais aussi sanctionner en cas de récidive», alerte le wali de la région Essaid Zniber. Normal puisque le nombre de cas Covid19 enregistrés au quotidien est encore élevé. Pas moins de 81 nouvelles contaminations ont été recensées, vendredi, dont 70 à Fès et 11 à Meknès. «Ceci étant, les autorités sanitaires n'ont toujours pas ouvert ni un 2e service de réanimation ni un circuit Covid19 au CHU Hassan II de Fès », regrette Dr Mohamed Mounir Mikou, médecin anesthésiste, membre de la Société marocaine d'anesthésie d'analgésie et de réanimation.

S'agirait-il d'un début d'une situation de débordement qui se profile à la veille de Aïd Al Adha? En tout cas, tout porte à le croire. À des cas suspects qui attendent, chez eux, les résultats des tests de dépistage, s'ajoutent des patients à risque laissés pour compte à l'hôpital Ibn Al Khatib, ou encore une personne contaminée réclamant (en vain) depuis 4 jours son transfert d'une clinique privée vers le centre de traitement du CHU. Sans oublier un département de la Santé qui subit toute sorte de pression.

«Depuis la levée progressive du confinement, les citoyens ne paraissent pas comprendre et adhérer au discours de sensibilisation autour des risques encourus par le pays. Il y a probablement un défaut de communication autour des décisions prises par le gouvernement, certaines même contradictoires, et ce n'est pas au seul ministre de la Santé qui au demeurant a réalisé un excellent parcours jusqu'à maintenant, et reste très lucide dans son approche technique, d’assumer une vision gouvernementale collective qui devra être assurée par le politique», estime Dr Allal Amraoui, parlementaire PI (opposition).

L'enjeu de toute pandémie, selon ce chirurgien, est d'éviter de contracter la maladie, traiter et prévenir par la vaccination quand elle est disponible. Il n’y a pas de miracle. Éviter l'infection passe obligatoirement par les mesures barrières, en plus de l'hygiène des mains, et la distanciation physique. Le masque reste l'élément incontournable. «Si tout le monde porte un masque, le niveau de transmission sera presque nul, à lui seul, ce geste citoyen peut stopper la pandémie, reste à saisir son fondement, qui est de le porter à chaque fois qu'on se retrouve surtout en espace clos. Il est aberrant de constater que des citoyens le portent devant les forces de l'ordre, et même seul en voiture par exemple, sous peine de payer une amende, alors qu'il est rarement d'usage dans des lieux publics fermés…», souligne le député Istiqlalien.

«C'est difficile de faire respecter une loi quand elle n'est pas généralisée. Le message doit être basé sur le fait scientifique, couplé d'une connaissance parfaite des mentalités. C'est dire la responsabilité politique qui doit être assumée devant toute décision, sans oublier le devoir d'exemplarité des responsables», renchérit-il. Maintenant pour que l'épidémie reste sous contrôle, il faut allier les tests avec les mesures barrières. «Il faut continuer à tracer, tester et isoler. Sachant que c'est plus facile à dire qu'à faire, avec la fatigue et la lassitude de l'ensemble des intervenants au niveau des territoires, dont le rendement reste variable, mais la rigueur doit rester de mise», conseille Dr Amraoui. Selon lui, «le Maroc a fait un effort extraordinaire en terme de disponibilité des tests».

Le dépistage à large échelle reste un enjeu important. On peut être testé négatif un jour et positif le lendemain, en augmenter le nombre serait très bénéfique. «Pour cela, utiliser la logistique, les ressources humaines et matérielles du secteur privée est incontournable. L’installation de l’appli tracking Wiqayatna est fortement recommandée», conclut le parlementaire PI.

Y.S.A.