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L'Edito

Fierté

Par L'Economiste| Edition N°:3310 Le 01/07/2010 | Partager

JE suis malade mais je me soigne… C’est probablement l’un des messages que le ministère des Habous essaye de distiller aujourd’hui pour redorer son blason. Après la série d’effondrements de mosquées de ces derniers mois, le département d’Ahmed Taoufiq aura, il est vrai, réussi à faire l’unanimité contre lui. Le débat n’est pas exclusif à l’équation des édifices religieux, mais concerne aussi des principes de réalité, surtout économiques, que ce ministère ne peut pas éternellement défier. Et à ce titre, la question religieuse cumule trop de handicaps. C’est comme si ce secteur était hermétique à toute autocritique ou à la remise en cause de ses pratiques, dès qu’il s’agit de parler chiffre. Or il va bien falloir finir par aborder ce sujet. Peu importe s’il s’agit d’aspects «bassement» mercantiles: la foi ne sera pas prise en otage pour autant! Lorsque les Habous revendiquent aujourd’hui un patrimoine de près de 80.000 hectares, près de 48.000 magasins et «quelque chose comme 1 milliard de DH», cela fait saliver plus d’un. Un trésor qui ferait sans doute rêver tous les départements ministériels réunis. Sur ces détails-là, il faut le reconnaître, le département de Ahmed Taoufiq a été fort peu loquace, du moins jusqu’à sa conférence d’hier. Ce patrimoine est-il géré et valorisé pour le mieux? quelles sont ses recettes? comment se font les arbitrages pour les cessions? L’opinion n’en sait rien. Les Habous doivent commencer par respecter ici des promesses d’ouverture. Ce serait-là la véritable rupture. Car faute d’être encadrés, transparents, ces «détails» finissent par devenir la porte ouverte à d’autres dérives de gestion dont la face apparente est éloignée de l’idéal religieux: effondrements, cadavres dans les toilettes de mosquées. Et au prix d’une fierté entachée.Mohamed Benabid

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