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L'Edito

Factures

Par L'Economiste| Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

Le montant à débourser pour les retraites des employés de l'ONCF est colossal puisqu'on arrive maintenant à un total de 6 milliards de DH. La facture a grossi de près de 2 milliards de DH par rapport aux premières évaluations. Naturellement, les contribuables doivent prendre ces sommes à leur charge: il faudra rembourser le prêt de la Banque Mondiale.Les contribuables devront ainsi acquitter deux très vieilles factures. La première des factures consistait à créer artificiellement des emplois. C'est avec la plus grande satisfaction que dans les années 70 et même durant encore les années 80, les communiqués officiels annonçaient des créations d'emplois en s'abstenant de préciser qu'il n'y avait pas de travail correspondant. Bien sûr, dans ces créations d'emplois se cachaient le népotisme et le clientélisme: tant qu'à faire autant que ce soit les amis qui profitent des salaires sans avoir à travailler. La politique et l'opacité totale du secteur public masquaient cela dans une ombre propice.La deuxième facture est tout aussi ancienne. Payer des salaires sans avoir en contrepartie un travail créateur de valeur ajoutée coûte déjà fort cher à l'entreprise. Donc, elle s'est abstenue de provisionner les cotisations de retraites correspondantes. Elle pouvait discrètement procéder de cette manière puisqu'elle était son propre assureur. C'était punissable du point de vue comptable et légal. Les administrateurs, tous des ministres ou hauts fonctionnaires, auraient dû s'en inquiéter. Mais qui serait aller créer des problèmes à une entreprise publique si accommodante pour recruter? Cette attitude a abouti à dévoyer une partie de l'Etat, à l'utiliser à des fins qui ne sont autres que des fins personnelles. La facture de ces procédés est là: 6 milliards de DH, presque le prix du Barrage El Massira! Si, au moins, dans ce faramineux montant, il y avait le prix de leçon de gestion…Nadia SALAH

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