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L'Edito

Etat sanitaire

Par L'Economiste| Edition N°:2638 Le 25/10/2007 | Partager

Il faudrait faire une étude spéciale sur l’estomac des Marocains. C’est sûr que, vu l’état sanitaire des épiceries et «bouis-bouis» servant de la nourriture, la population a développé des résistances tout à fait spéciales.Pas moins de 150 lois et règlements organisent le contrôle de qualité, neuf organismes différents sont spécialisés dans le contrôle sanitaire, plusieurs centaines de contrôleurs appliquent des dizaines de circulaires, le tout placé sous l’autorité supérieure de cinq ministères. Qui peut dire mieux devant cette inflation? Cette enflure, devrait-on dire. Car, en réalité, il s’agit bien d’enflure, douloureuse pour le budget et inutile pour le citoyen. Pas besoin d’être un as du contrôle ou un génie de l’hygiène pour voir à l’oeil nu la négligence et la saleté. Quant à celles plus dangereuses peut-être, mais qui ne se voient pas…En fait, tous ces textes, tous ces fonctionnaires et tous ces ministères ne servent à rien ou peu s’en faut. Et en plus, certaines brebis galeuses viennent casser les rares efforts qui sont faits pour redresser la barre : les «contrôlés» le disent sans se cacher qu’il en coûte de 500 à 1.000 DH pour que le contrôleur fasse soigneusement le détour… C’est d’ailleurs le prix de l’amende si on se fait pincer. On le voit, les mauvaises habitudes sont si bien installées qu’elles sont tarifées, alignées sur le prix des amendes. Une différence, le bakchich est plus rapide et plus sûr.Seulement, cela ne peut plus durer.Si les pouvoirs publics se moquent de la santé des Marocains, en revanche ils ne peuvent pas faire l’impasse sur celle des touristes.Ce sera une des tâches urgentes de ce nouveau gouvernement. Et ce sera plus difficile qu’il n’y paraît car il faudra non seulement unifier les institutions et les personnels, mais en plus il faudra le faire avec détermination et discernement car il n’est pas question que les brebis galeuses gardent le haut du pavé dans cette affaire.Nadia SALAH

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