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L'Edito

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Par Nadia SALAH| Edition N°:5345 Le 06/09/2018 | Partager
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Chacun a conscience qu’une grande bataille se livre dans l’enseignement. Une bataille sur le niveau des enfants et des jeunes; une bataille sur la présence, la compétence et le dévouement des enseignants; une bataille de système. Et la plus importante des batailles, celle de l’imagination et de la créativité.

A la fin des années 1990, feu Hassan II avait confié à son conseiller Abdelaziz Meziane-Belfkih la tâche de repenser le système scolaire. On savait que ce serait une tâche énorme. On ne savait pas que ce serait un travail sans fin.

A cette époque, dire que le privé devait occuper une place significative était déjà révolutionnaire. Dangereusement révolutionnaire: l’enseignement ne pouvait être qu’un service public, opéré par des agents publics, dans lequel il ne saurait être question  de  tabous tels que l’argent, l’évaluation ou la compétition.

Même si le Maroc était peu contaminé par le «modèle français» (où les syndicats décident du sort des services publics), longtemps le système fut paralysé par la politisation, et l’usage que les partis ont pu faire des troupes d’enseignants.

Impossible dans un contexte aussi rigide d’avancer des idées neuves, comme la responsabilité des écoles face aux compétences de leurs élèves, ou comme les «vouchers» (bons que l’Etat donne aux familles pour qu’elles payent l’école de leur choix), les crédits d’impôts, une part d’autonomie d’initiative… et bien sûr l’évaluation des résultats des profs avec  la mise en valeur des meilleurs, primes à l’appui.

Il faut en effet avoir en tête que ce qui fait la force ou la fragilité des couches moyennes, c’est la qualité des services publics.

Il n’est pas moral, il n’est pas juste de  continuer à réclamer à ces familles-là impôts et taxes, puis de leur dire: «on est désolé,  on ne sait pas gérer le service public, alors vous allez repayer une deuxième fois pour vos enfants». Cela ne peut plus durer de la sorte.

 

 

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