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    Dérapage

    Par L'Economiste| Edition N°:3425 Le 16/12/2010 | Partager

    L’incident du Parlement, cette semaine, bien que ce soit celui dont on parle le plus, n’est pas le plus significatif. Il est caricatural mais reste dans l’ordre normal de la compétition politique au sein d’un Parlement : les coups bas y sont de mise.En revanche, sur d’autres théâtres, la bagarre entre le PAM et l’Istiqlal, qui sont maintenant les principales organisations politiques du Maroc, prend des proportions inquiétantes. Aujourd’hui, on sait que l’affaire de Laâyoune a démarré sur un différend et une guéguerre entre l’Istiqlal et le PAM, avant d’être récupérée par les séparatistes et prendre les proportions que l’on connaît. Ce fut un dérapage catastrophique, dont le Maroc n’est pas encore remis.L’opposition entre ces deux formations ne s’arrête pas là. A Fès également, elles s’affrontent violemment. Bien qu’on en parle peu, il y a des risques sérieux de voir ces rivalités dégénérer.Ces deux partis n’ont donc pas tiré les leçons qui s’imposent de l’affaire de Laâyoune. Dans un système démocratique, la compétition entre les partis est une activité saine. Elle montre la vivacité du système; chacun des concurrents essaie d’attirer à lui le maximum d’électeurs. Mais si les deux acteurs se battent au point de s’affaiblir mutuellement, leur bagarre préparera l’arrivée des ennemis de la démocratie. En effet, cette dernière exige de la compétition, mais pas au point de mettre le système lui-même en danger.Or, le spectacle affligeant de cette guéguerre, étalé sur la place publique, est de nature à faire douter de la pertinence, non seulement de la compétition électorale, mais aussi de la démocratisation marocaine.Il est évident que ceci n’est l’objectif ni du PAM ni de l’Istiqlal, mais dans l’excitation et dans le feu de l’action, ils mettent le pays sous un risque de désordre, qui peut échapper à leur contrôle… Comme à Laâyoune.Abdelmounaïm DILAMI

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