L'Edito

Contre-productif

Par Mohamed BENABID| Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
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Les promesses de réforme de l’administration s’invitent  intensivement  dans les annonces du gouvernement. Elles ont même rendu le visage de son ministre de tutelle, Mohamed Benabdelkader, assez familier. Même si les engagements, pour une meilleure approche servicielle dans le public, manquent pour l’heure de chair et d’agenda, c’est de bonne guerre.

Le chantier sous-tend ce que l’administration n’a que faiblement négocié jusque-là, une logique d’objectifs, d’évaluations et de résultats. Les attentes ne relèvent pas ici  du simple caprice. Ce qui n’interpellait  qu’une dimension de compétitivité de la fonction publique a essaimé au cours de ces derniers mois vers la perception du rôle de l’Etat dans ces rapports avec les citoyens.

Avec au passage des dimensions aux relents sensibles, le fait que les abus, les inégalités soient  non seulement de moins en moins tolérés mais peuvent carrément faire descendre dans la rue. L’intensité du changement peut être diversement appréciée selon que l’on se situe au niveau opérationnel ou stratégique.

Sur le plan opérationnel, il y a une multiplication d’initiatives de modernisation même si l’ensemble des administrations n’impriment pas le même rythme. L’écosystème des finances est sans doute le plus avancé dans ce domaine avec les effets spectaculaires de la dématérialisation aux Impôts, à la TGR ou encore à la Douane.

Ces expériences doivent servir de modèle à de nombreux autres services publics. Sur le plan stratégique en revanche, le déficit dans le service public est manifeste. La machine à décider, la capacité à opérer en synergie sur les sujets transverses sont en panne et régulièrement dénoncées par les usagers, qu’ils soient particuliers ou investisseurs. Pour l’administration, ce sera un boulet assez lourd, celui d’un système contre-productif.

 

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