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L'Edito

Concurrence

Par Nadia SALAH| Edition N°:5455 Le 18/02/2019 | Partager
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Il n’est pas exagéré de dire que le Conseil de la concurrence a fait changer le Maroc d’époque. Et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, il travaille. C’est important, n’est-ce pas?! En plus, il travaille vite pour être en résonance avec les soucis des gens.

Ensuite, il s’est mis en phase avec son temps et avec ses statuts.

Enfin, il a manifesté le respect démocratique qu’il a des citoyens en les informant publiquement. Mieux: il l’a fait en conférence, ce qui permet le dialogue au nom des citoyens.

Sur le fond maintenant: le ministre Daoudi, probablement le meilleur économiste du PJD, a affirmé qu’il poursuivrait le plan de plafonnement annoncé, mais toujours pas en place.
Il y a de bonnes raisons  techniques à cela.

Le Maroc a une longue expérience du plafonnement des prix, qui s’appelait «l’encadrement des prix». Cela est justifié en cas de pénurie, donc de risque de spéculation, comme dans les années 1960-70. Il a fallu 20 ans pour sortir du système, sans abîmer les productions et distributions de biens et services. Il reste de nombreux produits encadrés: électricité, eau, médicament, la poste…

Pourquoi le Maroc a-t-il préféré, chaque fois qu’il le pouvait, abandonner l’encadrement? Parce que ce système pousse tous les producteurs à s’aligner sur le pire d’entre eux, avec la bénédiction du ministère chargé de l’Economie, chargé de fixer les prix. On se souvient tous de stations d’essence délabrées, où les cuves, mal entretenues, livraient de «l’essence sale».  Ou bien du pain crissant de sable: il  était si simple de verser la farine par terre.

Si le prix est fixé à l’avance pour qu’il gagne sa vie, pourquoi le vendeur se casserait-il la tête à faire mieux et moins cher? C’est lui qui est au centre du système, pas le consommateur. Il suffit de faire pression sur le monde politique pour obtenir des augmentations de marges et de prix, ou des baisses de qualité. Un système vraiment pas du niveau du Maroc aujourd’hui.

 

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