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    Par L'Economiste| Edition N°:1885 Le 28/10/2004 | Partager

    Pour affronter l’économie souterraine, il y a deux attitudes: se placer dans une position défensive qui consiste à déplorer cette compétition déloyale ou adopter une approche offensive en considérant la contrebande comme une variable structurelle de l’économie. Il va sans dire que les entreprises qui se placent dans cette “approche réaliste” ont plus de chance de mieux amortir les effets sur leur business. C’est ce qu’a choisi Marjane en décidant contre toute attente, de s’implanter dans la plus vaste zone de duty-free du Maroc, la région de Tanger-Tétouan. Il n’est pas question ici de faire l’apologie de la contrebande, mais c’est un leurre de croire que l’on peut éradiquer ce phénomène. Dans certaines régions du pays, ce commerce parallèle constitue même l’activité économique de base. Le Maroc n’est pas un cas isolé. Tous les pays frontaliers d’une région de prospérité souffrent de ce problème. Dans notre cas, la proximité d’une zone franche (Ceuta) est un facteur aggravant. L’ancien directeur général de la Douane évaluait le manque à gagner pour l’économie à 15 milliards de dirhams, soit près d’un dixième du Budget de l’Etat. Au regard de la loi, la contrebande ne se limite pas qu’aux produits qui rentrent par des circuits parallèles sur le territoire national. Elle comprend aussi toutes les dissimulations de chiffre d’affaires à travers les transactions au noir (sans facture). De ce point de vue, les contrebandiers se comptent par milliers. Le Fisc en sait quelque chose. La lutte contre la contrebande doit être globale. Le chantier est complexe et n’est pas seulement une affaire de contrôles douaniers, même si c’est là que se trouve le gros du travail. Elle pose aussi la question centrale de la relation avec le consommateur et de sa protection. A nos entreprises de le convaincre qu’il vaut mieux acheter le fromage produit chez nous que celui venant de l’étranger. Abashi SHAMAMBA

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