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L'Edito

Commissionnite

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5175 Le 25/12/2017 | Partager
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Saâdeddine El Othmani est accro à la concertation. Vu de loin, l’exercice peut s’apparenter à un souci d’ouverture, de transversalité, de compromis. Ce qui au demeurant n’est pas critiquable. Seulement, le style  se double d’un syndrome de commissionnite aiguë.

Un problème? Un comité ou une commission. Un autre problème: un autre comité ou autre commission. Or le pouvoir, la qualité des politiques publiques, la démocratie ne peuvent pas avancer qu’au rythme de commissions. Si le chef de gouvernement s’est pris de passion pour ce mode opératoire, libre à lui.  Il faut cependant qu’il en justifie rapidement la pertinence par des décisions.

Le parallèle est saisissant avec une autre trajectoire, celle de la production législative.
Produire des lois devient une manière de remplir son tableau de chasse politique et de  faire acte de présence devant l’opinion. Tout se passe comme s’il s’agissait d’une légifération de réaction. Une crise? Une loi. Une autre crise? Une autre loi. Peu importe de savoir si les cadres juridiques existants n’apportent pas déjà des réponses et qu’il suffirait simplement de les activer.

La qualité des législatures ne se mesure pas au nombre d’affaires traitées ou de textes publiés, mais à leur portée sur le terrain. Dans de nombreuses situations, les nouveaux textes sont l’émanation plus d’un compromis politique que d’une réflexion aboutie sur leurs effets, leurs coûts. Ces tours de passe-passe ne résistent pas à l’examen de vérité lorsque arrive la question des décrets d’application dont la publication accuse des retards record.

Le code de la route est emblématique à cet égard: le gouvernement arrime une nouvelle stratégie à un échafaudage de mesures déployées depuis... 8 ans! Comme s’il s’agissait surtout de sauver l’idéal d’une réforme sans trop perdre la face.

 

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