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    L'Edito

    Chienlit

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5283 Le 30/05/2018 | Partager
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    La récréation est finie. Il faut se préparer à la saison 2 du boycott et elle est moins belle à raconter.

    L’économie réelle est donc rattrapée à l’issue d’un exercice de pyromanie de cinq semaines qui aura fini par laisser des traces profondes chez les entreprises attaquées ainsi que leurs écosystèmes de production, de sous-traitance, etc.

    Au prix de vases communicants quasi prévisibles, les arbitrages sont désormais au désemploi et à la réduction des cadences de production.

    Réaction en somme normale dans toute activité mise artificiellement en difficulté. Dans le cas de la filière lait, il faudra en surveiller tout particulièrement les effets dans les campagnes.

    Un chapitre tant redouté: les petits éleveurs pourraient devenir très rapidement les autres victimes collatérales des surstockages et de leurs surcoûts. Laissons au chef des pompiers, que le chef du gouvernement est censé être, le soin de leur proposer des solutions alternatives!

    Terrible constat d’échec. Ils étaient nombreux à n’analyser le boycott qu’à l’aune de sa perspective la plus populaire, l’expression d’une vigueur démocratique et d’une psychothérapie collective sur la question du pouvoir d’achat.

    Bien peu en revanche ont su faire preuve de lucidité sur les risques d’une fronde qui a fait plus de dégâts pour les entreprises que la pire des années de sécheresse.

    La difficulté des partis à récupérer sous forme de capital politique la vague de mécontentement, l’incapacité à expliquer pourquoi le boycott ne cible que trois entreprises seulement, l’impuissance à confirmer la spontanéité du mouvement... tout cela dénote l’ambiance délétère qui vient braconner sur les terres industrielles.

    Le Maroc joue à se faire peur en laissant la chienlit s’installer chez l’un des plus puissants moteurs qui puissent exister, l’économie.

     

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