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L'Edito

Charte

Par L'Economiste| Edition N°:3941 Le 03/01/2013 | Partager

Le gouvernement donne l’impression de se passionner réellement pour la cause  des entreprises. L’activation de la très attendue future Charte d’investissement, soumise désormais à consultation,  est un chantier à suivre. Le texte se fixe des objectifs d’efficacité, à défaut d’être consensuel pour l’heure,  les seuils d’éligibilité aux régimes des conventions étant jugés trop élevés par les opérateurs. Sur le papier, les incitations financières proposées ne semblent pas inintéressantes. Rien que pour l’acquisition de terrains, l’Etat participerait à hauteur de 20% aux frais notamment. C’est une vraie bouffée d’oxygène dans ce qui est considéré comme l’un des principaux freins  à l’investissement. Dans le tourisme, pour ne prendre que cet exemple, le plan biladi est révélateur des attentes : s’il a été un fiasco, c’est que beaucoup d’investisseurs n’ont pas été suffisamment accompagnés sur le foncier. Maintenant, il est encore tôt pour se gargariser des éventuelles retombées.
Si la Charte donne droit à un tapis rouge pour les projets retenus, il y a tous ceux qui restent en marge mais qu’il ne faut pas oublier pour autant. Or, on le sait, dans l’entrepreneuriat, les possibles sources de déconvenues ne se rapportent pas exclusivement à l’existence ou pas de carottes fiscales. Beaucoup de candidats peinent à se retrouver dans les dédales de l’administration marocaine, de ses fonctionnaires incontournables. Ici, pour des histoires d’autorisations interminables, là, pour d’autres formes d’archaïsme. Et dans cet univers, la bureaucratie arrive à transcender les couleurs politiques!
En l’absence de clarification des compétences communales et régionales, du rôle de l’autorité... toute réforme semble de moindre portée. Dans ces conditions, il n’est pas sûr que la nouvelle Charte suffise à elle seule à  s’inscrire dans les esprits pour ce qu’elle aurait pu prétendre être : la vraie révolution dans l’acte d’investissement.

Mohamed Benabid

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