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L'Edito

Bout

Par L'Economiste| Edition N°:2684 Le 02/01/2008 | Partager

EN politique, il y a toujours une période de grâce. Lorsque vous êtes élu, l’électorat fait preuve d’indulgence, le temps de vous installer, de vous imprégner des dossiers. Mais au bout de quelques mois, vous êtes rattrapé par les faits, l’application des promesses.Abbas El Fassi en est sans doute suffisamment conscient. En arrivant à la Primature, il aura trouvé quelques bonnes surprises. Comme de terminer l’année avec tout de même 2,7% de croissance, un chiffre que même son prédécesseur n’osait espérer, compte tenu d’une année difficile. Il est tentant, dans ces conditions, de ne pas remettre en question les choix du gouvernement sortant. Au motif que les recettes passées ont porté leurs fruits. Or, l’euphorie économique, aussi relative soit-elle, se gère avec force précautions et des réformes.Sur deux chantiers particulièrement, les marges de progression existent. D’abord en matière de finances publiques où la bonne méthode de maîtrise des dépenses reste à trouver. Il faut oser un peu plus pour réduire les déficits, ne pas se laisser griser par les perspectives de rentrées fiscales abondantes. Ensuite sur les moteurs de l’économie, investissement, exportations, consommation, les performances peuvent s’apprécier différemment. Si le pays a soigné son attractivité et s’en sort plutôt bien en matière d’IDE, il ne faut guère se faire d’illusion sur la persistance de freins. Pour le déficit commercial, si l’on considère le verre à moitié vide, l’aggravation du taux de couverture traduit aussi un manque de compétitivité de notre tissu industriel. Les importations augmentent toujours sans que beaucoup d’entreprises, pénalisées par un manque d’adaptation à la demande internationale, ne parviennent à combler l’écart. Pour le verre à moitié plein, le déficit commercial a servi partiellement à financer les équipements des entreprises. C’est ce qu’elles ont d’ailleurs fait sur les 11 premiers mois de l’année 2007. C’est un signe de vigueur, voire même un chèque en blanc pour le gouvernement El Fassi: habituellement, les incertitudes électorales incitent les entreprises à différer leurs projets d’investissement. Voilà un bon bout à prendre tout de suite!Mohamed BENABID

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