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L'Edito

Autoaveuglement

Par L'Economiste| Edition N°:2433 Le 29/12/2006 | Partager

Le projet de loi sur les sondages adopté par le gouvernement constitue une menace sérieuse pour la liberté d’expression au Maroc. S’il est appliqué, ce texte rendra les sondages d’opinion impossibles, à l’exception de ceux qui seront téléguidés par l’Administration.Selon ce projet, tout sondage est soumis au bon vouloir de l’Administration. La pratique est entourée de tout un système d’autorisations préalables et d’interdits, qui plus est un système assorti de peines de prison!La pratique des sondages deviendrait un exercice hautement dangereux.Il est clair dans ce texte que le gouvernement cherche à empêcher la réalisation des sondages au Maroc. Craint-il à ce point l’opinion publique?! Empêcher les sondages ne changera rien à ce que pensent les citoyens!Ce texte s’il est adopté définitivement mettrait le Maroc en déphasage total avec l’évolution en cours et que tous souhaitent pour notre pays, en déphasage aussi avec les sociétés démocratiques.La démarche saine et sérieuse aurait consisté à ce que les règles encadrant cette activité garantissent le sérieux et la crédibilité du sondage et non pas à le mettre sous une tutelle administrative, dont chacun connaît le caractère aléatoire et discrétionnaire. L’adoption de ce texte constituerait un recul grave en matière de liberté, alors qu’au Maroc nous avons réalisé de grandes avancées. Cela a été fait, soulignons-le, sans mettre en danger la société. Pourtant certains prédisaient des catastrophes si on libéralisait… La réalité est que cette libéralisation a renforcé, consolidé la société marocaine. La différence entre les régimes dictatoriaux et les régimes démocratiques est que les premiers s’affaiblissent à cause des interdits qu’ils érigent en espérant se protéger. Les dictateurs ne savent plus ce que pense leur peuple, alors que les démocraties ont toute l’information qui leur permet de s’adapter et de se renforcer en permanence.Abdelmounaïm DILAMI

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