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Zouge Bghal: Barrières toujours fermées, mais la population y croit…

Par L'Economiste | Edition N°:1830 Le 11/08/2004 | Partager

. A quelques km d'Oujda, le point de frontière a reçu de nombreuses familles . Déçues, elles ne pourront pas encore visiter leurs proches de l'autre côté . Des initiatives de promoteurs pour animer cette zone frontalièreDepuis 10 ans, jamais le point de frontière Zouge Bghal, à quelques kilomètres d'Oujda, n'a reçu autant de visites en si peu de temps. Chaque jour, plusieurs véhicules, transportant des familles entières, s'arrêtent devant les barrières. Une pancarte signale la fin du trajet, preuve que rien n'a changé. Déçus, les visiteurs ne manquent pas quand même de demander confirmation verbale auprès des gardes-frontières. Avant de faire demi-tour, ils jettent un coup d'œil nostalgique sur le territoire algérien qu'ils ne peuvent atteindre que par le regard. Un geste qui n'atténue pas pour autant leur déception. L'ouverture des frontières maroco-algériennes sera-t-elle pour bientôt? La suppression du visa par le Maroc a été suivie d'une réaction inattendue de la part de l'Algérie qui décide de maintenir cette formalité. Mais la population y croit toujours, à en juger par le nombre de visiteurs à Zouge Bghal. Ces derniers s'arrêtent un moment pour s'échanger quelques mots sur les dessous diplomatiques de l'affaire d'Atlas Asni qui a été derrière “ce mur de Berlin”, comme l'appellent les Oujdis dont les familles vivent de l'autre côté de la frontière. Dix ans après, les populations algériennes comme les Marocains ne comprennent pas (ou plus exactement ne veulent pas le croire) pourquoi ils ne peuvent pas visiter ou recevoir, comme par le passé, leurs parents et leurs proches vivant de l'autre côté. Rappelons que le Maroc n'a jamais fermé les frontières de son côté. Et s'il avait instauré le visa aux ressortissants algériens, c'était pour des raisons sécuritaires suite aux attentats d'Atlas Asni (Marrakech 1994). Comme mesure de riposte, l'Algérie avait décidé la fermeture des frontières. Aujourd'hui, au-delà de ces blocages, il y a bien des populations qui souhaitent la liberté de circulation. Au Maroc, la nostalgie des retrouvailles est beaucoup plus ressentie dans la région orientale où la majorité des habitants ont des liens de parenté et d'amitié avec des Algériens. Dans cette partie du Royaume, les gens attendent avec impatience, plus que d'autres, l'éventuelle réouverture des frontières. La déclaration récente de suppression du visa a nourri bien des espoirs, mais a suscité aussi des confusions. Mal informés, certains avaient cru que les frontières se sont ouvertes automatiquement. Les gens avaient tellement envie d'y croire que certains n'hésitent pas de se rendre sur place même plusieurs fois par jour. Mais la seule chose qui attire finalement leur attention, c'est un petit chantier où les travaux vont bon train. Il s'agit du “Café de l'étape” qui est en cours d'aménagement. Jouxtant les frontières, ce café isolé est fermé depuis des années. Les travaux ont démarré depuis un peu plus d'un mois. Soit peu de temps avant l'annonce de la suppression du visa par le Maroc. Drôle de coïncidence. Son propriétaire aurait-il anticipé l'ouverture? Contacté par L'Economiste, ce dernier a déclaré que ces aménagements n'ont rien à voir avec une anticipation quelconque de l'ouverture des frontières. “Cela fait longtemps que je compte investir dans un projet d'animation d'envergure dans la région et je pense qu'il n'y a pas mieux que cet emplacement pour le faire”, précise le promoteur. Ce dernier veut créer un club de karting, le premier du genre dans la région orientale. Ce sera juste à côté de son café en extension. D'autant plus que la route menant aux frontières a connu ces dernières années une affluence importante de la population oujdie attirée par les nouveaux restaurants qui s'y sont implantés. Les initiatives privées ne manquent pas à Oujda pour faire de cette zone un vrai espace d'attraction, avec ou sans ouverture des frontières. Architecte de profession, Abdelghani Fasla, propriétaire du “Café de l'étape” a conçu lui-même les plans de son projet. Celui-ci s'étend sur une superficie globale d'un hectare dont les 300 m2 bâtis correspondent à la superficie du café. D'après Fasla, le club sera opérationnel dans près de deux mois et demi. Ambitieux, il prévoit déjà une extension de cette infrastructure. Un terrain a déjà été acquis pour abriter ultérieurement d'autres activités comme la natation et l'équitation. Si Fasla est convaincu de la rentabilité de son investissement, quelle que soit la conjoncture politique avec le voisin, il n'exclut pas pour autant les retombées positives d'une éventuelle ouverture des frontières sur son projet. Auquel cas, “le club deviendrait un carrefour de toutes les nationalités, africaines, arabes et même européennes”, estime-t-il. Et le projet d'Abdelghani Fasla ne serait pas le seul à pouvoir bénéficier de cette situation. C'est tout le secteur hôtelier de la région orientale qui attend une telle opportunité pour sortir du marasme. Rappelons que suite à la fermeture des frontières, plusieurs unités hôtelières ont fermé. Et ceux qui ont pu s'en sortir continuent à survivre difficilement. D'après le délégué régional du tourisme par intérim, Amine El Abdellaoui, le nombre des hôtels est passé, depuis la fermeture, de 22 à 19, pour les unités classés, et de 96 à 50, pour les unités non classées. Emportés par l'euphorie des entrées algériennes à l'époque, les habitants d'Oujda ont été nombreux à investir dans l'hôtellerie. Plusieurs habitations ont été, d'ailleurs, transformées en des maisons d'hôtes pour combler le manque en infrastructure d'accueil. “ Ces établissements manquaient de professionnalisme et ça sera un leurre de croire que l'ouverture permettrait, à elle seule, de faire sortir le secteur de sa léthargie. C'est tout un effort de mise à niveau de l'infrastructure hôtelière qui s'impose. D'autant plus qu'avec la nouvelle législation touristique, toutes les unités non classées d'Oujda sont vouées à disparaître à l'horizon 2007 si aucun effort n'est déployé pour remédier à cette situation ”, explique El Abdellaoui. Même son de cloche du côté de Driss Houat, le président de la CCIS d'Oujda. “ En cas d'ouverture des frontières, les hôteliers doivent faire face à une demande beaucoup plus exigeante que celle des années 80 et début 90. Car si, par le passé, les Algériens venaient au Maroc essentiellement pour se ravitailler, ça ne sera plus le cas désormais où l'on assiste à un revirement dans la politique économique de l'Algérie, optant pour la libéralisation”, réagit-il. Autrement dit, les structures hôtelières devraient se préparer pour un nouveau profil de clientèle.Autre défi à relever, selon Houat, en cas d'ouverture des frontières: développer les investissements mutuels avec le partenaire algérien de façon à ce que l'économique l'emporte sur le politique dans les relations maroco-algériennes. Les chambres professionnelles des deux pays ont intérêt à œuvrer dans ce sens. Outre les intérêts communs avec l'Algérie, la stabilité des relations maroco-algériennes, d'après Houat, est de nature à activer les différents accords conclus entre le Maroc et les autres pays arabes (Tunisie, Egypte, Jordanie, Arabie saoudite…). Lesquels peinent à aboutir à cause de la frontière fermée. Pour Farid Chourak, le directeur du CRI de l'Oriental, la normalisation des relations avec l'Algérie profiterait non seulement à la région mais également au Maroc, voire aux pays du Magrheb arabe en général. “ Mais quoi qu'il en soit, la stratégie définie pour le développement de l'Oriental est endogène et ne dépend aucunement de l'ouverture des frontières”, précise-t-il. Reste que cette ouverture ne fera pas le bonheur de tout le monde. Car ceux qui profitent de la situation actuelle pour s'enrichir sont nombreux. Il s'agit notamment des contrebandiers et passeurs qui risquent de voir leur bénéfice chuter.De notre envoyée spéciale à Oujda, Amal TAZI


Visite de l'ambassadeur des Etats-Unis

L'Ambassadeur des Etats-Unis à Rabat, Thomas Riley, a effectué, lundi, une visite de travail et de courtoisie à Oujda. Il a rencontré notamment des opérateurs économiques. Le diplomate américain a eu des entretiens avec le président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oujda (CCIO), le président du Centre régional d'investissement (CRI) et le président du conseil régional des oulémas. Les entretiens ont été axés sur les moyens d'attirer l'investissement vers la ville d'Oujda et sa région. L'ambassadeur américain a également effectué une brève visite dans une partie de la frontière du Maroc avec l'Algérie.A.T.

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