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    Zones industrielles: Que c’est loin Emergence!

    Par L'Economiste | Edition N°:2747 Le 02/04/2008 | Partager

    . Enormes disparités entre la vision de Rabat et les sites industriels. Quand Tanger devient une «menace»!. Reconfiguration tous azimutsNOS zones industrielles (ZI) ont besoin d’une thérapie de choc. Du foncier aux infrastructures, voire le délabrement et l’enclavement en passant par le mode de gestion… les déficiences sont nombreuses. A titre d’exemple, Settat accuse le plus fort taux de mortalité avec un nombre très inquiétant d’usines en friche; Casablanca pâtit du délabrement et de l’éparpillement; Berrechid est au bord de l’asphyxie, faute de foncier… Sans oublier les rejets industriels, les problèmes de transport, de logistique, d’assainissement, d’éclairage, l’insécurité… malgré les actions de réhabilitation inachevées entreprises ça et là, les maux restent nombreux. La concurrence du made in China n’arrange pas non plus la situation. Dans pratiquement chaque site, des textiliens ont fermé ou se sont résignés à se convertir à cause de la concurrence livrée par l’usine du monde, la Chine. Aussi en termes de gestion, l’héritage des ZI est lourd. L’intérêt politique l’emportait souvent sur l’économique dans des zones de fait et non de droit. Ce qui explique le modèle de gestion archaïque légué par des conseils municipaux, des chambres de commerce et des communes qui n’ont pas la réactivité et la visibilité requises. Aujourd’hui, des associations d’industriels, des institutionnels et des privés se refilent tant bien que mal la patate chaude. A l’exception du modèle tangérois, plus attractif et doté d’infrastructures de base des plus modernes, ou encore quelques success stories qui relèvent d’initiatives privées à l’instar des technoparcs de la CDG ou du parc industriel de la CFCIM à Bouskoura… difficile de trouver un site sans contraintes. Contre toute attente, ces derniers mois, forte de ses atouts, Tanger devient plus une «menace» qu’une opportunité pour le reste des sites industriels dans le sens classique du terme. Ses nombreuses incitations font indubitablement de plus en plus de l’ombre aux autres zones. Un constat enclenché, dit-on, depuis la mise en service du port de TangerMed et de la zone franche. Du coup, sans hésitation, les nouveaux entrants préfèrent s’installer ailleurs, dans la capitale du détroit. Aux nouveaux investissements, s’ajoutent des délocalisations d’une zone à l’autre. Plusieurs enseignes quittent Settat, Berrechid ou même Bernoussi pour aller… à Tanger, encore elle, parfois sous une autre enseigne. C’est le cas notamment de Delphi, un fleuron de l’industrie automobile qui opérait auparavant dans la région de Settat. Pour les besoins d’une enquête, L’Economiste s’est rendu dans les principales ZI localisées dans le triangle le plus dynamique de l’industrie nationale: Casa-Mohammédia, Berrechid-Settat et El Jadida-Jorf Lasfar. Le constat est parfois inquiétant: pratiquement toutes les zones visitées se plaignent déjà de ce qui est communément appelé «la menace de Tanger». A cette problématique récurrente, s’ajoute une autre plus complexe inhérente à la politique industrielle. La nouvelle vision implique une mise à niveau industrielle in situ. Celle-ci est surtout dictée par des impératifs de convergence avec les différentes stratégies (plan Emergence, Envol, offshoring…). Ce qui implique une réorientation vers la satisfaction des nouveaux besoins d’investissement, des industries moins polluantes, moins lourdes… Or, dans les différentes zones visitées, l’on est encore loin de la nouvelle vision. Le constat aujourd’hui est que les zones, créées durant les 10 dernières années, ne correspondaient plus aux nouveaux besoins. «La majorité des installations, aménagements aussi bien du privé que du public, s’est soldée par des échecs cuisants en termes de gestion d’espaces et d’infrastructures», déduit un consultant au CRI de Casablanca.Par ailleurs, de nombreux observateurs, industriels et institutionnels sont très sceptiques quant à la convergence entre les décisions centrales de Rabat (stratégies ministérielles) et la réalité sur le terrain. «On est à des années lumière des recommandations du plan Emergence», renchérit-on dans différentes zones. Une enquête récente de la Banque mondiale le confirme aussi. Portant sur le climat de l’investissement en général auprès d’un échantillon de 465 manufactures, les résultats de l’étude sont effarants: «39% des entrepreneurs marocains estiment que l’accès à un site industriel représente un obstacle majeur pour le développement de leur entreprise». Autres contraintes non moins importantes face à l’acte d’investir: l’accès au financement, le taux d’imposition, l’informel, la corruption, le coût de l’énergie, les spéculations foncières…Comparée à d’autres pays, la situation sur le climat de l’investissement au Maroc est jugée «particulièrement préoccupante!» Ainsi, dans un groupe de 47 pays où des enquêtes similaires ont été menées, «le Maroc figure parmi ceux où la proportion des contraintes est des plus élevées». L’omniprésence de l’Etat devient une contrainte face à une offre privée très limitée. Bien que subventionnée, l’offre publique lorsqu’elle existe ne répond pas aux besoins des investisseurs. En plus, la configuration des zones à grande échelle ne répond pas aux besoins. «C’est un schéma assez rigide dans l’ensemble», révèle l’étude. En même temps, le Maroc d’aujourd’hui s’inscrit dans une politique d’ouverture tous azimuts et une stratégie industrielle qui lui dicte une harmonisation sur le terrain de ses zones industrielles. La priorité des priorités aujourd’hui est de trouver des terrains, voire identifier de nouveaux sites susceptibles de répondre aux nouveaux besoins.Evidemment, en parallèle, il va falloir créer de l’emploi et mener une politique d’investissement attractive. Pour commencer, des spécialistes recommandent de revoir la gestion des zones industrielles, voire réhabiliter ces sites productifs de valeur ajoutée en les reconfigurant dans des pôles régionaux avec des spécifications géographiques.


    Convergence

    AU Maroc, l’histoire des ZI identifie trois périodes: Avant 1980, il y a eu ce qu’on appelle des sites spontanés. Ils correspondent aux stocks de zones.Viennent juste après les Panazi: programme national d’aménagement des ZI qui remonte aux sites aménagés entre 1980 et 1995. Enfin, les nouvelles zones opérationnelles depuis 1995. Ce sont ces zones-là qui sont censées être reconfigurées conformément à la nouvelle vision du plan Emergence, avec le concept de clusters et pôles régionaux : aéronautique, équipementiers automobiles, microprocesseurs, TIC, offshoring, biotechnologie…Le stock global de zones à réhabiliter s’étale sur une superficie de 3.000 ha. L’état d’avancement des réaménagements enclenchés aurait atteint à ce jour les deux tiers en termes de superficie, soit quelque 2.000 ha environ, soutient-on au département du Commerce et de l’Industrie. C’est le cas notamment à Sidi Bernoussi. Des opérations sont lancées au coup par coup. Mais le site de Bernoussi reste l’un des plus problématiques compte tenu du nombre d’unités industrielles qui y sont installées, des poches de bidonvilles qui squattent des terrains privés, voire des routes. Au MCI, l’on attribue aussi ces difficultés au manque de statut qui régit les zones industrielles. En l’absence de statuts, l’on se contente d’un programme national lancé depuis 1980, lequel a montré ses limites depuis plusieurs années déjà.


    Casablanca: 7.000 ha à trouver pour 2020

    La donne a changé. Aujourd’hui, les pouvoirs publics s’inscrivent dans des politiques à forte valeur ajoutée avec des secteurs pointus (TIC, nearshoring, aéronautique, automobile, microprocesseurs, équipementiers…), «la logique veut donc que nos zones industrielles soient cohérentes avec le contexte international, plus attractives, intégrées et devront disposer de plates-formes logistiques à proximité», estime un consultant au CRI de Casablanca. Pour y arriver, le CRI de la métropole a mis en place un plan d’actions baptisé Casa-Parc 2020. Une stratégie qui a pour objectif «d’identifier des niches et inciter des opérateurs à investir dans l’aménagement et la qualification de zones industrielles». Pour inciter à l’investissement, il faut de la visibilité. Pour le seul exemple de Casablanca, selon une étude récente du CRI, la métropole produira de par sa démographie quelque 400.000 personnes actives. A ceux-là, il va falloir ajouter le stock de chômeurs actuels qui est de l’ordre de 250.000. In fine, Casablanca devra générer plus de 650.000 emplois vers 2020. Des spécialistes se sont projetés 12 ans plus tard en convertissant le nombre d’emplois à créer en cohérence avec les superficies. Il en ressort qu’un emploi industriel devra coûter quelque 100 m2 environ vers 2020. Ce qui laisse supposer qu’à elle seule, Casablanca se trouve confrontée au besoin de qualifier pas moins de 7.000 ha de zones d’activité à horizon 2020.Amin RBOUB

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