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Politique

Zapatero, Premier ministre
Le retour de l'embellie Rabat-Madrid?

Par L'Economiste | Edition N°:1726 Le 16/03/2004 | Partager

. Nouvelles «étapes de bonnes relations». Revirement par rapport à la politique Aznar Le nouvel homme fort de l'Espagne est resté fidèle à sa position sur le Royaume. José Luis Rodriguez Zapatero, futur Premier ministre et chef du Parti socialiste espagnol (PSOE) va entretenir «une magnifique relation» avec le Maroc et ouvrir «une nouvelle étape de bonnes relations». Cette déclaration faite hier au lendemain de sa victoire aux élections n'étonne pas. Le jeune leader n'avait-il pas visité le Royaume en 2001 au moment où les relations maroco-espagnoles étaient en rupture après le rappel de l'ambassadeur marocain? A côté de ses camarades socialistes marocains au pouvoir, n'avait-il pas appelé au rétablissement de la confiance? Et c'était encore lui qui avait témoigné son approbation au premier plan Baker alors que le gouvernement Aznar l'avait rejeté. Maintenant sous Zapaterro, l'Espagne veut recouvrer sa modération et se recentrer sur son voisin du Sud. Car «les deux pays sont liés par d'intenses relations historiques et des intérêts économiques et culturels». Et ce n'est pas seulement au niveau du Maroc, que ce patron de 44 ans qui a la réputation de gentleman, a tranché avec l'héritage du parti populaire. Encore sous le choc d'un attentat qui a fait plus de 200 morts à Madrid, l'Espagne socialiste veut faire table rase de son passé «populaire» dont l'épisode central a été son alignement sur la politique américaine au sujet de la guerre en Irak. Hier, Zapatero a effectué un revirement, en annonçant le retour prochain du contingent militaire espagnol, stationné en Irak. «Les soldats espagnols vont évidemment revenir à la maison, s'il n'y a rien de nouveau d'ici le 30 juin, date de l'expiration de leur mandat», a-t-il assuré. C'est le signe du rétablissement d'une «anomalie commise», contre la volonté des Espagnols eux-mêmes et contre celle de ses principaux voisins d'Europe: la France et l'Allemagne. Une anomalie chèrement payée d'ailleurs. José Maria Aznar, disgracié et taxé de manipulateur (accusé d'avoir sciemment minimisé la piste Al-Qaeda dans les attentats pour accuser l'ETA), est sorti dimanche dernier par la petite porte. Et son successeur Zapatero trône maintenant sur les vestiges. L'enjeu politique du rapatriement des soldats est évident: récupérer cette masse impressionnante d'Espagnols mécontents et en faire une base de reconquête populaire.L'Espagne changera de direction, promet Zapatero. Au lieu de regarder vers l'Amérique, elle se tournera vers l'Europe pour «retrouver la confiance de l'UE», écorchée non pas seulement par le ralliement derrière les USA mais aussi par le rejet du projet de la Constitution européenne qui prépare l'élargissement. Le gouvernement Aznar a été accusé d'avoir saboté l'adoption de ce texte. En somme, les socialistes veulent que l'Espagne se réconcilie avec elle-même et avec son voisinage naturel. Un revers pour Georges W. Bush qui veut élargir la coalition internationale en Irak. Et un camouflet aussi pour un Tony Blair qui ne s'est pas encore remis du scandale Kelly au sujet des raisons réelles derrière la participation de la Grande-Bretagne à la guerre. Un scandale qui a acquis de l'ampleur après la sortie du livre de l'ex-chef des enquêteurs onusiens, Hans Blix, démentant toute présence d'armes de destruction massive en Irak.D'ailleurs, Zapatero s'est montré particulièrement virulent à l'égard des deux chefs d'Etats. «Mr Blair et Mr Bush doivent réfléchir et faire preuve d'un esprit critique vis-à-vis de ce qu'ils ont fait. On ne peut pas bombarder un peuple ou organiser une guerre sur la base de mensonges», a-t-il tonné.Le futur chef de l'exécutif espagnol veut donc prendre ses distances avec les USA. Situation embarrassante pour Bush. Il est vrai que les attentats de Madrid peuvent constituer une aubaine pour ce dernier, en pleine campagne électorale, dans la mesure où il pourra toujours s'en servir pour brandir l'épouvantail du terrorisme et faire ainsi face à la déferlante démocrate. Mais cela n'élude pas le fait qu'il se sent de plus en plus isolé après avoir été lâché par l'Espagne, son principal bastion en Europe. Cet embarras a été traduit par son secrétaire aux Affaires étrangères Colin Powell qui a déclaré dimanche dernier que chacun doit redoubler d'efforts pour contrecarrer le danger terroriste, quel qu'il soit (ETA, Al Qaeda ou autre) au lieu de sanctionner une Espagne engagée dans cette lutte. N. L.

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