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    Yalla, sœur Emmanuelle...

    Par L'Economiste | Edition N°:2886 Le 22/10/2008 | Partager

    . Une énergie hors du commun en faveur des plus pauvres parmi les pauvres. Une reconnaissance mondialeIl y a des personnes à part qui décident de faire de leur vie une œuvre pour les plus pauvres, pour les plus démunis. Le vingtième siècle aura connu deux femmes extraordinaires par leurs engagements pour soulager les plus grandes misères, dans les conditions les plus dures, à Calcutta et au Caire. Ces femmes sont mère Theresa disparue il y a 11 ans déjà, et sœur Emmanuelle, partie le 20 octobre dernier.Née à Bruxelles, le 16 novembre 1908, Madeleine Cinquin est marquée par la noyade de son père sous ses yeux, alors qu’elle a 6 ans. Elle prononce ses vœux de religieuse en 1931 dans la Congrégation Notre-Dame-de-Sion. Elle devient alors sœur Emmanuelle et part enseigner les lettres en Turquie, puis en Tunisie, avant de s’installer à Alexandrie dans les années 1960.

    Avec les zabbaline
    Alors qu’elle prend sa retraite de religieuse enseignante, elle découvre la situation des chiffonniers du Caire, pour qui la récupération des déchets est le seul moyen de subsistance. Elle décide en 1971, à 63 ans, de s’installer parmi eux, dans une cabane, dans le bidonville, où les «zabbaline» vivent ignorés et méprisés de tous. Elle y passe 22 ans apportant réconfort et solutions quotidiennes. La force de cette femme a été de ne jamais s’arrêter à la religion ou à la couleur des gens. L’important c’est le cœur des hommes et leur grandeur d’âme. Plutôt que l’assistanat pur et dur, elle s’est battue au côté des plus défavorisés pour qu’ils obtiennent des droits et qu’ils prennent en main leur vie. Le don d’elle-même représentait la plus belle des choses à donner aux désespérés. Sa fougue, son enthousiasme et son amour ont été le moteur de la réussite de ses plus pauvres. Catholique convaincue, elle a passé sa vie non pas à évangéliser les pauvres du Caire, mais à les aider. Mise à la retraite par le Vatican, elle a continué à donner d’elle-même et si elle rentre en France en 1993, ce n’est pas pour se reposer mais pour aider encore et encore. Sa force de conviction, son franc-parler, son sourire et son opiniâtreté, ont fait de cette femme une icône, respectée par l’ensemble des religions dans le monde. L’exemple qu’elle a donné était le message universel: «aimez-vous les uns les autres» mais aussi «aidez-vous les uns les autres». Sœur Emmanuelle suscite l’admiration et a déclenché de nombreuses vocations. Ce qui se traduit notamment par la fondation de l’Association les Amis de sœur Emmanuelle, et de l’association Asmae afin de développer des actions humanitaires, chantiers de construction..., en Egypte mais aussi au Sénégal, Philippines, Haïti, Liban ou encore Soudan. Ses actions en faveur du «quart monde» lui ont valu d’être aimée par les Français comme par le reste du monde. Car comme l’abbé Pierre et mère Theresa, sa vocation religieuse l’a menée vers le social, vers la mondialisation de l’esprit de l’entraide. Car de Bobigny (93-France) au Caire son sourire et sa volonté ont fait de vrais «miracles». Le monde a perdu une femme d’exception, mais son œuvre et son image resteront toujours exemplaires. Ludovic THIERY
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