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    Economie

    Yahya, le trouble-fête de Nador

    Par L'Economiste | Edition N°:587 Le 03/09/1999 | Partager

    · Le président du Conseil Municipal de Nador doit donner aujourd'hui une conférence de presse
    · Cette sortie publique du député est présentée comme une attaque en règle du gouverneur de la province
    · Une première qui devra délimiter les lignes de démarcation entre les pouvoirs politique et administratif


    M. Tarik Yahya, député de Nador, doit donner aujourd'hui une conférence de presse, dans une salle de la Municipalité de la ville. Il promet de divulguer des secrets et donner des preuves tangibles sur les agissements du gouverneur et du khalifa, coupables à ses yeux "de blocage des investissements et du développement économique". Nador est une ville située à quelques kilomètres de Mélillia. Les activités liées à la contrebande ont fait la richesse et la réputation de cette ville considérée comme la porte orientale du Rif. La corruption gangrène et les contrebandiers "achètent la route", pour reprendre une expression courante. Des sommes faramineuses sont injectées dans l'immobilier au point que le prix du mètre carré atteint parfois 30.000 DH.
    L'homme est célèbre à Nador, puisque déjà son père M. Amar Allal Yahya présidait aux destinées de la ville. Décédé à la suite d'une crise cardiaque dans l'enceinte du Parlement, c'est son fils Tarik qui reprendra le flambeau. La famille, riche, est propriétaire de biens en Espagne, et à Mélillia. A Nador, elle possède notamment une entreprise d'autobus et une société de production de peinture. Elle opère également dans l'agriculture.
    Pour des observateurs, le comportement du député est "une attaque contre le ministre de l'Intérieur". D'autres considèrent au contraire que l'histoire est locale, mue par la volonté de limiter "l'ingérence des autorités dans les affaires de la Municipalité". Ce bras de fer permettra-t-il de tracer les lignes de démarcation entre le pouvoir politique local et celui administratif? En tout cas, cette sortie du député est une première qui tranche avec les us et coutumes des partis composant l'échiquier politique marocain. D'habitude, c'est le secrétaire général du parti, à la limite, le chef du groupe parlementaire qui monte au créneau après avoir obtenu l'aval des instances dirigeantes du parti. Les formations politiques de l'opposition comme celles de la majorité n'apprécient point cette initiative. Elles craignent peut-être que l'expérience ne fasse des émules. D'autres élus de leur formation respective pourraient faire cavalier seul. Ce qui explique en partie pourquoi des journaux partisans ont refusé de publier l'encart de l'annonce de la tenue de la conférence de presse. D'ailleurs, l'initiative de M. Yahya montre que M. Mohand Laenser, patron du Mouvement Populaire, ne tient pas ses troupes.
    Ce n'est pas sa première sortie publique. Le député de Nador s'est illustré par une intervention remarquée au printemps dernier au sein de la Commission de l'Intérieur de la première Chambre du Parlement. L'homme avait pris de court beaucoup de monde, y compris M. Driss Basri, ministre d'Etat à l'Intérieur, présent à cette réunion de travail. Le député de Nador avait tiré la sonnette d'alarme sur les risques et les conséquences qu'encourent les populations des régions du Rif. L'affaire, qui avait fait grand bruit dans les milieux politiques de la capitale, a provoqué des réactions en chaîne. La première venant du ministre de l'Intérieur qui aurait dépêché sur les lieux une commission d'enquête.
    L'Agence de Développement des Provinces du Nord dirigée par M. Hassan Amrani n'est pas restée immobile. Elle a convoqué une réunion d'évaluation des projets de développement programmés ou en cours de réalisation dans le Nord. C'est d'ailleurs Nador dont M. Yahya est président du Conseil Municipal qui a abrité cette rencontre.
    Le Mouvement Populaire, parti du député contestataire, est resté longtemps paralysé face à cette affaire. Au début, l'expulsion du "rebelle du parti" a été à l'ordre du jour. Mais des députés auraient menacé de quitter la formation si quelque chose arrivait à leur confrère.

    Mohamed CHAOUI


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