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    ALE Maroc-USA: «Nous pouvons toujours faire mieux»
    Entretien exclusif avec José W. Fernandez, sous-secrétaire d’Etat américain à l’Economie

    Par L'Economiste | Edition N°:3394 Le 29/10/2010 | Partager

    Le sommet présidentiel de l’entreprise, Etats-Unis-Monde musulman, initié par le président Obama, en avril dernier, à Washington, ouvre une nouvelle ère. Le sous-secrétaire d’Etat américain à l’Economie, Energie et au Commerce extérieur, José W. Fernandez, a profité de sa présence au Forum économique mondial de Marrakech, du 26 au 28 octobre, pour prêcher pour le renforcement de la coopération avec les pays d’Afrique du Nord et plus globalement du Mena. Sur l’agenda de Fernandez, la promotion du prochain sommet d’entrepreneurs US/Afrique du Nord, prévu à Alger les 1er et 2 décembre prochains. A sa demande, la CGEM a accepté d’accueillir la deuxième édition, en 2011. Entretien exclusif. - L’Economiste: Qu’est-ce qui justifie votre présence au WEF?- José W. Fernandez: D’abord, parce que le WEF se tient au Maroc qui est un partenaire privilégié de longue date des Etats-Unis. Le Royaume est le premier pays à avoir reconnu les Etats-Unis en tant que nation. De fait, nous entretenons avec lui de très bonnes relations. Relations que nous cherchons toujours à consolider et rendre plus importantes. La conférence du WEF de Marrakech a justement mis en relief les bons rapports et davantage le volet économique qui lient nos deux pays. Elle a également permis de mettre en exergue les pistes pour surmonter les défis et identifier de nouvelles opportunités de coopération. Et il en existe, face à tous ces besoins en infrastructures dans les énergies renouvelables, les technologies de l’information ou encore dans le domaine de l’agriculture, qui est un secteur vital pour le Maroc. Plus globalement, la rencontre de Marrakech a permis de relever les opportunités de coopération entre les Etats-Unis et l’ensemble des pays du Maghreb. Et ce n’est qu’un début! - Les thématiques sont-elles aussi porteuses à vos yeux? - Elles le sont certainement. Le besoin en infrastructures est transversal dans tous les pays de la région. De même que le besoin de créer des emplois. La nécessité d’intégrer les économies est en cela un fait évident. Ce n’est pas uniquement un défi pour le Maroc, mais commun à toutes les régions. - Après ce sommet consacré à la région, quel sera le rôle des USA pour arrimer les pays du Mena?- Nous sommes en train de préparer un sommet Etats-Unis/Afrique du Nord pour les entrepreneurs, qui aura lieu à Alger les 1er et 2 décembre. C’est une directive du président Obama, prise après la tenue du sommet des entrepreneurs en avril dernier à Washington où étaient conviés les patrons d’entreprise de pays arabes et à majorité musulmane. Il y a également le programme du Millennium Challenge Account qui comprend des accords conclus en faveur du Maroc pour soutenir le volet agricole et d’autres secteurs. Certes, il y a beaucoup de chemin à faire ensemble, mais nous sommes confiants pour l’avenir de nos relations. - Quel bilan tirez-vous de l’ALE conclu avec le Maroc?- L’accord de libre-échange est en quelque sorte le noyau de nos relations économiques. Nous sommes conscients que notre commerce s’est développé depuis la signature de ces accords. Ce qui est un bon point. Mais nous sommes conscients aussi que l’on doit faire beaucoup mieux. Maintenant, ces accords peuvent paraître disproportionnels avec un avantage certain pour les Etats-Unis, mais la vie est longue, je l’espère du moins. Et du reste, les tendances changent. Par conséquent, la balance pourrait rapidement basculer en faveur du Maroc, à l’instar de ce qui s’est passé pour d’autres ALE conclus entre les Etats-Unis et d’autres pays. - Justement, parlons de cette disproportion. N’est-il pas plus intéressant de repenser l’ALE avec les Etats-Unis? - Il faut avoir une vue plus globale en prenant en compte les différents aspects. Si ces accords paraissent disproportionnés, il faut aussi retenir que les investissements sont plutôt attirés par le Maroc. Et retenez aussi bien que ces investissements créent des emplois dans le Royaume. Nous sommes conscients que le commerce doit être bilatéral. Nous soutenons tous les secteurs vitaux du Maroc notamment l’agriculture, les technologies de l’information, l’énergie ou encore les droits de propriété. - Vous avez rencontré le patron de la CGEM. Quels sont les sujets que vous avez abordés? - Vous êtes d’excellents fouineurs (rires). Nous avons eu une excellente réunion avec Mohamed Horani, président de la CGEM. Il a confirmé la participation du patronat marocain au sommet des entrepreneurs USA/Afrique du Nord d’Alger et a accepté de présider une des tables-rondes en tant que conférencier. Nous nous sommes également mis d’accord pour organiser la deuxième édition de ce sommet au Maroc en 2011. Ce qui, pour moi, est une grande preuve d’engagement du monde marocain des affaires dans la promotion des relations entre les pays de la région.oPropos recueillis par Bachir THIAM et Badra BERRISSOULE


    Négociations en direct...
    Le «Davos de Marrakech» a fourni une quasi-négociation en direct entre les deux responsables du commerce du Maroc et des Etats-Unis, mardi soir lors de l’atelier consacré à ce que les organisateurs avaient nommé «Repenser les marchés émergents». Abdellatif Maazouz, le ministre du Commerce extérieur marocain, et Miriam Sapiro, la représentante du commerce américain chargée de l’Europe, de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord et Amérique latine ont échangé leurs arguments en public... Un échange dont les Etats-Unis ne sont pas vraiment sortis grandis. Le film.On attendait des exposés et débats sur l’aspect financier des marchés émergents. L’animateur, un des éditorialistes vedette du Wall Street Journal, oriente le sujet sur le commerce, soulignant que les pays Mena tournent incompréhensiblement le dos, alors que depuis dix ans, le commerce entre les pays en voie de développement et a fortiori les pays classés «émergents» s’est puissamment accru. Maazouz saisit la balle au bond, explique que de très nombreux accords sont conclus mais que la transparence et l’égalité de traitement font souvent défaut. Poussé dans ses retranchements, il conte l’histoire des tomates dans le cadre de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, un accord qui, dit-il, sert plus les exportations américaines que celles du Maroc vers les Etats-Unis. Quatre années entières de négociation pour faire entrer les tomates marocaines sur le marché américain. Au moment où elles peuvent accéder enfin, arrive Tuta Absoluta, une maladie qui frappe les tomates du Bassin méditerranéen. Sans faire de distinction ni sur l’origine, ni sur la réalité locale de la maladie, Washington interdit toute importation. Tout est à recommencer!Miriam Sapiro, qui est aussi interpellée dans la salle par un fabricant de câbles du Moyen-Orient, pour un problème quasi identique, reprend la parole. Elle annonce que le problème des tomates marocaines est résolu... Il suffira que le Maroc résolve celui de l’importation du blé américain. La salle s’indigne d’un aussi brutal emploi de la puissance.En fait, depuis un peu plus de dix ans, depuis que le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (née, rappelons-le, à Marrakech à l’automne 1994), les accords bilatéraux ont tendance à remplacer les traités multilatéraux. Le grand défaut des négociations multilatérales est qu’elles donnent le pouvoir au plus puissant. Les petits pays commerçants rencontrent de grandes difficultés pour y faire valoir leurs droits, tant dans la négociation elle-même qu’ensuite, dans la gestion des flux. Ainsi passé sous le régime de l’OMC, les tomates marocaines auraient pu bénéficier de phase transitoire ou encore de l’exception à la clause de la nation la plus favorisée. Dans un système bilatéral, les dispositions réservées au pays en voie de développement ne fonctionnent que si le partenaire l’accepte et que tant que ce partenaire le veut bien. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le blocage de l’OMC a été largement voulu et entretenu par les gouvernements américains depuis dix ans.N. S.
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