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    Economie

    Winston Wilson, président de l'US Wheat : "Nos subventions sont légales par rapport au GATT"

    Par L'Economiste | Edition N°:154 Le 17/11/1994 | Partager

    Venu assister à l'inauguration de l'Institut de Formation de l'Industrie Meunière(1), M. Winston Wilson, président de l'US Wheat, l'Association américaine des producteurs de blé, développe pour l'Economiste quelques aspects de la politique d'exportation des Etats-Unis.

    - L'Economiste: Votre association est aujourd'hui très active au Maroc à travers des actions comme la participation au financement de l'Institut de Formation de l'Industrie Meunière? Quelle est sa mission?

    - Wilson: L'US Wheat est une organisation fondée à l'origine par les producteurs de blé aux Etats-Unis. Elle regroupe des organisations issues des Etats et compte actuellement 17 membres, soit 85% des producteurs américains de blé.

    L'Association dispose de 15 bureaux à travers le monde, couvrant plus de 100 pays. L'US Wheat ne commercialise pas, il ne fait que de la promotion des exportations du blé américain. Il se concentre donc sur ce produit et non sur les pâtes ou la farine.

    - Pourquoi n'avez-vous pas choisi d'exporter des produits plus élaborés?

    - Nous vendons de la matière première. C'est vrai. Mais Il faut noter que le blé représente le deuxième produit d'exportation des Etats-Unis après l'aéronautique. Il constitue donc un produit important. Cependant, nous pouvons fournir des produits élaborés à ceux qui nous le demandent. Rien qu'en Asie, il existe 30 sortes de pâtes. Il est donc plus intéressant que l'essentiel du processus de transformation se fasse dans le pays de consommation. Nous pouvons faire une bonne affaire avec l'exportation de la farine, mais ce n'est pas notre option.

    - Quelle est actuellement la situation du marché mondial?

    - Pas plus tard que l'année dernière, la sécheresse en Australie à fait tomber la production de 50% dans ce pays. L'offre mondiale a été réduite de 8 millions de tonnes. Cela a fait le bonheur des producteurs. A ce jour, les Etats-Unis contrôlent 35% du marché mondial du blé, l'Europe 25%, le Canada 20%, l'Australie 12% en l'Argentine 5%. Le reste revient aux petits exportateurs, une catégorie où l'on retrouve un pays comme l'Arabie Saoudite.

    - Les Etats-Unis sont accusés de subventionner les céréales, alors que les accords du Gatt l'interdisent.

    - Il est vrai que les subventions sont en principe interdites par le Gatt. Je vous signale dans ca cadre que tous nos programmes sont légaux par rapport à ces accords.

    Nous avons deux programmes de base: la subvention à la production et à l'exportation.

    Pour le premier, l'Etat fixe un prix cible. Si le prix du marché est inférieur à ce prix cible, la différence est versée au producteur.

    En ce qui concerne l'exportation, l'US Wheat sélectionne les pays éligibles à la subvention. Il en existe actuellement 25 dont le Maroc.

    - Ces accords préconisent l'ouverture des marchés. Les petits pays sont actuellement confrontés à un dilemme: respecter les textes et courir le risque de voir leur agriculture en difficulté.

    -L'objectif de ces accords n'est pas d'asphyxier l'agriculture de ces pays. Seulement, il faudra les contraindre à plus de productivité tout en essayant de garder une partie des ruraux à la campagne. Je pense que le Maroc comme les autres petits producteurs peuvent continuer à produire du grain avec beaucoup plus d'efficience. Ils doivent aussi penser à se spécialiser dans des produits à haut rendement à l'instar des expériences mexicaines.

    - Quels sont vos arguments commerciaux en direction du Maroc?

    - Le blé américain est très nutritif. Il est supérieur en qualité au blé français par exemple. Nous avons un blé qui absorbe beaucoup d'eau, et sur une même quantité ont peut tirer beaucoup plus de farine.

    En outre, il y a beaucoup de facilités de financement pour le Maroc, notamment les lignes de crédit et les garanties offertes par les banques américaines.

    - Votre association milite pour l'exportation du blé américain. Or, les Etats-Unis ont mis sous embargo de gros consommateurs. Quelle est votre position?

    - Nous avons eu au total trois embargos sur les produits alimentaires: l'ex-URSS, Cuba et l'Irak. Pour le blé, la marché cubain est récupéré par le Canada, un de nos principaux concurrents, et le marché irakien par l'Australie.

    Les producteurs de blé sont opposés à cette politique. Cependant ils sont obligés de suivre d'autant plus qu'ils n'ont pas le choix.

    Propos recueillis par K.B. & A.D.N.

    (1) Cet Institut a été créé à l'initiative de l'APM (Association Professionnelle de la Minoterie). Il a nécessité un investissement de 45 millions de Dirhams. L'US Wheat a contribué pour 20 millions de Dirhams et l'APM pour 25 millions. L'Institut est fonctionnel depuis janvier 1994.

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