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Société

Voyage en terres de safran
Les ONG à la rescousse des agriculteurs

Par L'Economiste | Edition N°:2653 Le 16/11/2007 | Partager

. Premier festival: balbutiant mais constructif. Les émigrés poussent au développement . Sans labellisation, pas de compétitivité L’archaïsme des méthodes, le manque de moyen mais aussi le poids de la tradition gérant encore largement les relations entre générations d’agriculteurs, sont autant de freins intensément discutés lors de cette première édition du festival(1) de safran de Taliouine. Ce festival, même s’il a été entaché par de nombreux retards et imprévus, aura eu le mérite de réunir les agriculteurs ainsi que des acteurs du commerce équitable venant des deux bords de la Méditerranée. Le Maroc est en effet le 4e producteur mondial de safran, et le premier en termes de qualité. Le développement de la région de Taliouine ne relève donc pas d’un simple enjeu local mais bel et bien d’un défi majeur pour tout le pays. Lors de la visite d’une délégation ministérielle qui s’est largement fait désirée pour l’inauguration du festival. L’ancien président du conseil régional du Souss-Massa-Drâa, Aziz Akhannouch, récemment nommé ministre de l’Agriculture, a déclaré que la structuration de la filière de production du safran composait «une alternative sérieuse à l’endiguement de la culture du kif». Certes, mais impulser une dynamique de développement suppose un engagement beaucoup plus dynamique des autorités locales que la mise en place d’un vague conseil de concertation et le lancement de plusieurs études dont les résultats ne sont toujours pas disponibles. Même si la région est aujourd’hui inscrite dans une coopération décentralisée avec la région de l’Hérault et de la Gironde, c’est en grande partie grâce au fond de l’UE, de l’ADF et des fonds privés que les chantiers avancent. Péniblement certes, car les données chiffrées et une organisation rigoureuse de l’activité manquent, mais Taliouine se distingue autrement. La célèbre chercheuse franco-marocaine, Zakya Daoud(2), décrit avec authenticité l’aventure de Migrations et Développement(3) à Taliouine: «Grâce à l’épargne des immigrés, à l’aide des Européens et à la créativité des habitants, des villages s’électrifient, des dispensaires et des bibliothèques se construisent, des barrages s’édifient permettant l’irrigation de terres épuisées par la sécheresse. L’espoir renaît dans ces régions oubliées, dépassant la déchirure toujours vive de l’exil et la question lancinante du retour au pays». Les immigrés ne sont donc plus considérés comme un simple pourvoyeur de fonds, mais comme un puits de compétence à exploiter. «Nous cherchons à développer un tourisme rural spécifique à la région, via une meilleure exploitation des cultures locales», affirme Abderrrazak El Hajri, jeune cadre passionné et surdoué qui a décidé de vouer son énergie au développement de sa région. «Dans les années 80, on se battait pour avoir le droit de se mettre en association. Aujourd’hui on se bat pour que l’approche genre anime nos associations, c’est une belle avancée», confirme Lahoussaine Jamal, le père du projet et peut-être bien l’homme le plus respecté du village. Ces derniers expliquent qu’à Taliouine, la confiance est à la base de toute collaboration, sachant que la population berbère est bien plus attachée à sa tranquillité et ses traditions qu’à son objectif de développement. «Les problème de dispersion est la principale barrière à une meilleure organisation du secteur», souligne Emilie Vandecandelaere, experte en qualité alimentaire pour la FAO. «Il faut que les agriculteurs s’allient pour investir dans des locaux et des démarches qualité qui les mettront aux normes. Ils pourront alors réduire le chaînon des intermédiaires, voire le supprimer». Un des défis abordés lors des ateliers de réflexion fut le vivier de croissance que constituerait un label IG (indication géographique) pour les safranières de Taliouine. Ce label permettrait à la région, voire au pays, de mieux défendre la qualité de son produit dans la compétition internationale. Mais surtout de le protéger des contrefaçons et autres malversations industrielles, comme le rappelle tristement l’affaire actuelle opposant le Maroc à l’Oréal pour un dépôt de brevet abusif sur la dénomination Argan. Comme tous les terroirs au monde, l’or jaune marocain, quelle que soit son excellence, ne pourra conserver son droit à la spécificité qu’en structurant sa filière. Une masse à faire dans un village où le troc est encore majoritaire, mais où la jeune génération a la ferme intention de bousculer les mentalités.Najlae NAAOUMI---------------------------------------------------------------------------(1) 1er moussem du safran Taliouine, tenu du 9 au 12 novembre 2007. (2) «Marocains des deux rives» Zakya Daoud, Les éditions de l’Atelier.(3) ONG française, voir http//www.migdev.org

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