Régions

Voie express Marrakech-Essaouira
Des effets structurants pour toute une région

Par L'Economiste | Edition N°:3476 Le 01/03/2011 | Partager
L’impact sera déterminant sur le tourisme
2.000 tonnes de bitume et 1,8 millions de m3 de remblais utilisés

Longue de 113 kilomètres, la voie express démarre au niveau de l’échangeur de Chichaoua sur
l’autoroute d’Agadir. Elle passe par Sidi Mokhtar, Tafetachte, Ounagha pour se terminer à Essaouira. En termes techniques, il s’agit d’une deux fois deux bandes avec terre-plein central au milieu

C’est la fin de quatre années de travaux… mais le début d’une nouvelle ère pour la région de Marrakech-Tensif-Al-Haouz! La voie express qui relie Marrakech à Essaouira devrait être inaugurée incessamment. Ce méga-chantier, long de 113 kilomètres et dont l’enveloppe s’élève à environ 700 millions de DH, aura un impact déterminant sur le développement de la région.
Ouvrir Marrakech sur l’Atlantique était l’un des objectifs principaux du projet. Désormais, il est possible de rejoindre Essaouira, la «façade atlantique» de la cité ocre, en 2h, voire 1h30. De plus, il y a désormais un véritable triangle du tourisme qui se dessine au Maroc, reliant Marrakech, Agadir et Essaouira. Mais c’est bien pour la cité des Alizés que l’impact sera le plus déterminant. Fort enclavée jusqu’alors, et encore plus depuis l’ouverture de l’autoroute Marrakech-Agadir, la «perle de l’Atlantique» est enfin connectée au réseau routier principal du pays. D’ailleurs, les professionnels du tourisme d’Essaouira se disent déjà ravis. Ils attendaient avec impatience l’aboutissement de ce chantier qui va permettre de drainer des courants importants de visiteurs. Toutefois, il faut aussi signaler qu’ils espèrent que la voie express aura un impact sur le développement de l’aéroport d’Essaouira et pas l’inverse. De leur côté, les transporteurs touristique se réjouissent également, car leur rythme de travail pourra s’intensifier.
Un impact déterminant sur le tourisme… mais pas uniquement! Avec la mise en service de la voie express, c’est aussi le désenclavement de toute une région à dominance rurale (avec une moyenne de 39,2% d’urbanisation) et avec un taux d’analphabétisme relativement élevé (52,3%). La nouvelle route rapide permettra donc aux habitants de la région de gagner plus facilement le centre économique régional, d’avoir un meilleur accès à l’emploi et la formation et plus généralement d’ouvrir leurs perspectives d’avenir. A cela il faut encore ajouter que l’impact sera également grand en matière de sécurité routière. La nouvelle voie est, en termes techniques, «une deux fois deux bandes avec terre plein central au milieu», ce qui permet d’éviter les dépassements risqués et d’augmenter la fluidité du trafic. De plus, des pistes cyclables ont été prévues à certains endroits stratégiques, tout comme des giratoires, des percées et une signalisation performante. Enfin, les coûts d’exploitation des véhicules devraient diminuer.
La voie express démarre à l’échangeur de Chichaoua de l’autoroute d’Agadir. Elle traverse ensuite Chichaoua, pour arriver à Sidi Mokhtar. Etapes suivantes: Tafetachte, Ounagha et enfin Essaouira. Le chantier a nécessité la réalisation de quatre ponts routiers. Au total, il a mobilisé des centaines d’ouvriers et cinq entreprises sélectionnées suite aux appels d’offre: deux pour la construction de la route (SW Trap et Sefiani) et trois pour la réalisation des ponts (Seeg, Société maghrébine d’étude et de génie civil et Société marocaine des ponts). Sans oublier les laboratoires de contrôle. Pour la bonne marche du chantier, de nombreux engins ont été dépêchés sur place, ainsi que des volumes impressionnants de matériaux. Le chantier a nécessité un volume de 578.000 m3 de tout-venant (gravette concassée mélangée avec du sable), 2.170 tonnes de bitume et 523.216 tonnes de gravette traitée. Les déblais et les remblais ont atteint respectivement 1.537.000 m3 et 1.820.000 m3. Pour construire les quatre ponts, 2.405 tonnes d’acier ont été nécessaires, ainsi que 22.850 m3 de béton.


700 millions de DH d’investissement


Le montant de l’investissement de la voie express est de 700 millions de DH, dont 64 millions pour les quatre ouvrages d’art. La convention signée en 2006 pour l’aménagement de la voie met en place un mode de financement spécifique, qui intègre l’Etat, les collectivités locales et le Fonds Hassan II. La participation du Fonds Hassan II se fait sous forme d’un crédit alloué à la Caisse de financement routier (CFR), sous tutelle du ministère de l’Equipement et du transport. La part du ministère est de 65%, CFR y compris, celle du conseil régional de Marrakech-Tensift-Al Haouz est de 30% et celle du conseil provincial d’Essaouira est de 5%.


Marie-Noëlle RASSON

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