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    Tribune

    Visa: Une réaction aux propos du consul général de France à Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:608 Le 04/10/1999 | Partager

    Par Mohamed LAROUSSI

    · Suite à l'interview du consul général de France à Casablanca, M. Hervé Besancenot (Cf L'Economiste du lundi 27 septembre), M. Mohamed Laroussi, directeur général d'Avenir Conseil réagit sur les conditions d'octroi de visas


    J'ai lu avec intérêt et curiosité l'interview parue le 28 septembre dans L'Economiste et dans laquelle Monsieur le Consul général de France a donné des "explications" sur l'octroi des visas. Effectivement, j'ai lu cette interview avec intérêt et curiosité, car j'espérais apprendre des choses nouvelles par rapport à ce que Monsieur le Consul nous avait déjà "expliqué" auparavant. Je vous avoue que j'ai été vraiment déçu et, une fois de plus, choqué. Et on le serait pour beaucoup moins. D'abord, que nous a-t-il expliqué "de nouveau"? Rien, sinon toujours les mêmes et éternels griefs contre les candidats réels ou fictifs à l'immigration. "Nous avons instructions à minimiser le risque migratoire". Et comment fait Monsieur le Consul pour "minimiser"? Et bien! il "maximise" les obstacles, pardon, "les conditions". Et c'est "dans l'intérêt de la personne elle-même", tient-il à nous préciser. D'ailleurs, "il est important de savoir que l'orientation actuelle -malgré les apparences- va dans le sens d'une plus grande ouverture". Mais ouverture de quoi? Monsieur le Consul, "ouverture des grilles"? Justement, Monsieur le Consul dit lui-même "qu'on a raconté beaucoup de choses "folklorique" sur l'ouverture des grilles.

    Je pense que ce terme "folklorique" dans la bouche d'un diplomate est à la fois peu diplomatique, maladroit et discourtois envers la presse de ce pays. Mais Monsieur le Consul avait déjà, quelques lignes auparavant, condamné sans aucune forme de procès, la presse de ce pays ou plutôt, comme il dit, "certains journaux" qui font de cette affaire de visas "leur fonds de commerce". Alors là, j'ai envie d'arrêter Monsieur le Consul général (c'est juste une façon de parler). Qu'il me permette de lui poser une question: qui sont ces journaux et quelles sont ces choses folkloriques qu'on y a racontées? J'ai moi-même été obligé, n'ayant pas reçu de réponse à mon fax, de recourir à ces journaux "folkloriques" pour m'adresser à Monsieur le Consul et pour protester contre le comportement inadmissible de ses services à mon égard. Et croyez-moi, mes réclamations étaient tout à fait justifiées et n'étaient pas du tout "folkloriques". La preuve, je n'ai eu aucun contact, ni aucun démenti de la part du Consulat à la suite de la parution de ma lettre ouverte.
    Maintenant, ce que je ne peux pas admettre c'est qu'on continue de "prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages".
    Je m'explique:

    Monsieur le Consul dit dans son interview que, contrairement aux autres, ses services donnent les visas "sur le champ ou en 24 heures". Or, à moi (et certainement à beaucoup d'autres) on me l'a délivré avec un délai de 10 jours après 3 autres jours de tractations (acte de mariage, réservation et confirmation de l'hôtel etc...). Et ça, je vous jure que je ne l'ai pas inventé.
    Quand il dit "qu'il ne faut pas attendre juillet et août pour renouveler son visa", il ne précise pas ce que devraient faire tous ceux qui, comme moi, ont un visa qui ne se termine qu'au mois d'août.
    Si je peux l'avoir avant, pourquoi me demande-t-on alors de demander un renouvellement en avril ou mai, alors que je n'ai aucun programme de voyage à ce moment-là? Pourquoi alors ne pas instaurer, "pour certaines catégories de demandeurs" (comme les appelle Monsieur le Consul général) un système de renouvellement automatique sans justification de raison, sans justificatifs (de voyage), et sans réservation d'hôtel? Maintenant, je n'ai pas envie, et vous l'avez certainement compris, de personnaliser cette affaire. A la limite, moi j'ai la possibilité de me défendre et je ne me suis pas empêché de le faire. Mais ce que je ne peux pas admettre, c'est qu'on présente, à chaque fois, toutes ces tractations et obstacles comme une fatalité incontournable, tant "que la demande est plus forte que l'offre".

    Est-ce que, Monsieur le Consul général, peut soutenir sans rougir que plus la demande ira en augmentant, plus les problèmes -comme les queues- seront inévitables. Projetons-nous dans 5 ou 10 ans. Au lieu de 500 ou 600, il y aura sans doute 3.000 ou 4.000 demandes quotidiennes. Que compte faire Monsieur le Consul général pour les "affronter"? Va-t-il demander au gouvernement marocain de mettre des blindés devant l'enceinte du Consulat pour éviter des émeutes? Je sais qu'il sait, que ce n'est pas un "bureau d'accueil et d'information" qui va régler tous ces problèmes. Non et là je suis d'accord avec lui. Mais pour moi, et c'est une conviction que je partage avec beaucoup de mes concitoyens, c'est d'abord et avant tout une question de respect d'un principe fondamental et universellement reconnu: la sacro-sainte dignité humaine.
    Quand on y croit, et un représentant de la France, des Droits de l'Homme devrait y croire, tout le reste devient marginal et accessoire, tout le reste peut se gérer. Et c'est pour ça que j'ai été profondément choqué, et je suis sûr que je ne suis pas le seul, quand Monsieur le Consul général a essayé de justifier le comportement injustifiable de ses agents, par "la pression qui s'exerce sur eux, derrière le guichet" par tous ces "demandeurs excités" qui ne parlent pas ou ne comprennent pas le français (c'est un crime ça???) ou pis encore, "ceux qui font mine de ne pas le comprendre". Voilà ce que cette interview m'a, tristement, inspiré. J'ai tenu à en faire part.

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