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    Economie

    Violences contre les femmes
    Un procès symbolique ce jeudi

    Par L'Economiste | Edition N°:2689 Le 09/01/2008 | Partager

    . Il aura lieu à Fès et sera suivi le 15 janvier par un forum . L’absence de tribunaux et juges spécialisés attise le fléau Quatre ans après la réforme de la Moudawana, la protection contre les violences conjugales n’a pas évolué pour autant. Les moyens institutionnels font toujours cruellement défaut. Et voilà que des associations féminines reviennent à la charge. Le 10 janvier à Fès, c’est l’IPDF (Initiatives pour la protection des droits des femmes) qui organise un «procès symbolique pour juger la violence conjugale». Le 15 du même mois, c’est au tour de l’Association démocratique des femmes du Maroc, en sa qualité de coordinatrice du réseau Anaruz(*), d’organiser un séminaire sur le bilan et perspectives de la lutte contre ces violences. Objectif: parvenir à une institutionnalisation de la lutte. Cette rencontre regroupera des officiels, des associations et les partenaires d’intérêts communs marocains et étrangers. Car la problématique est loin de s’estomper. En témoignent les chiffres (voir encadré). «Aujourd’hui, on attend une meilleure coordination entre les intervenants, mais surtout une cohérence entre les différentes juridictions», indique Atifaa Timjerdine, coordinatrice du réseau Anaruz. La stratégie actuelle des ONG vise à institutionnaliser le réseau Anaruz pour en faire un outil efficace et reconnu pour la lutte contre ces violences. Sont ciblés, une amélioration de la qualité de réponse aux victimes et une meilleure application des lois. Souvent, en effet, l’interprétation de la même loi et pour le même délit, diffère d’une juridiction à une autre. Pouvoir discrétionnaire du juge oblige! D’aucuns diront qu’il s’agit de la persistance de certains réflexes traditionnels. D’où l’appel de Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique pour les droits des femmes, pour la mise en place de tribunaux spécialisés. Avec, à la clef, des juges spécialement formés à la tâche. Mieux encore, Assouli estime «qu’il est temps de passer à une loi-cadre pour renforcer l’égalité homme/femme». «Une loi qui devra appréhender le phénomène dans sa globalité», précise Timjerdine. Et surtout venir en aide aux femmes violentées, souvent vulnérables et dépendantes de leur conjoint. «La volonté est là. Seulement, les moyens ne suivent pas. Un numéro vert a été mis en place par le Secrétariat d’Etat à la Famille, aujourd’hui ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, mais il ne fonctionne pas le soir où les violences sont les plus fréquentes», ajoute Assouli. . Cellules d’accueil mal outilléesMalgré la mise en place de centres d’écoute et de cellules d’accueil par les départements ministériels impliqués, les données révèlent une absence d’uniformisation des procédures et un manque en moyens humains évident. «Par ailleurs, il n’existe aucune unité centrale de soutien aux femmes violentées. Si bien que le phénomène ne peut être cerné, faute d’une enquête officielle», constate Atifaa Timjerdine. Le rapport initié par Anaruz ne concerne en effet que les femmes ayant saisi le réseau.Intermon Oxfam, une ONG espagnole, et Oxfam Novib, fédération des ONG internationales, ont lancé en novembre 2007 un projet visant l’identification des bonnes pratiques pour venir en aide aux femmes violentées. Ce projet qui associe des ONG marocaines vise aussi «à répertorier et diffuser les expériences positives connues à travers le monde», signale Abderrahim Amraoui, responsable à l’antenne d’Intermon Oxfam à Rabat. D’autres projets sont aussi à l’étude. L’objectif est de combattre le fléau.


    L’essentiel se passe dans l’intimité

    Le rapport initié en juillet 2006 par Anaruz dénombre 5 types de violences: physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et juridiques. Et 5 contextes de violences: conjugal, extra-conjugal, familial, social et institutionnel. Sur 1.779 cas de violences enregistrés entre septembre 2005 et février 2006, 91,7% relèvent des domaines conjugal et extra-conjugal dont 79,1% le fait du mari, 7,9% de l’ex-mari et 4,7% du fiancé ou ami. La violence de la belle-famille est aussi prépondérante. Elle concerne 65% des femmes violentées par la famille. 38,5% des plaintes proviennent des femmes analphabètes, 7,7% de femmes ayant un niveau d’étude supérieure. Ces chiffres confirment la tendance internationale. C’est dans l’intimité que sont perpétrées le plus de violences. Les femmes déclarent plus les injustices juridiques que physiques qui sont aussi importantes. Par ailleurs, la violence touche tous les âges: 28,1% sont des jeunes femmes, 30,8% des femmes de 25 à 34 ans, 31,3% de 35 à 44 ans et 9,8% de 45 à 60 ans.


    Les enfants, premières victimes

    Pour les femmes violentées qui ont des enfants, 30% déclarent que les violences laissent des séquelles sur les enfants. Celles-ci varient en fonction de la forme et du type de violence subie par la mère. Pour les violences physiques, 56,6% des cas sont d’ordre psychologique, 17,7% accusent des retards ou l’arrêt pur et simple de scolarisation. Et 6,3% tombent dans la délinquance.Jihane KABBAJ-----------------------------------------------------------------------------* Le réseau Anaruz (espoir en tamazight) des centres d’écoute des femmes victimes de violence, lancé en 2004, regroupe 31 centres d’écoute à travers tout le pays. Sa fonction: créer une base de données sur le phénomène.

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