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    Economie

    Vetma Paris: Les appréhensions des industriels français
    De notre envoyée spéciale, Radia Lahlou

    Par L'Economiste | Edition N°:738 Le 03/04/2000 | Partager

    · Contrefaçon et appréciation du DH, deux doléancesparmi d'autres · Grande affluence: Plus de 1.300 visiteurs le dernier jour du Salon Pour le second et dernier jour du Salon de l'habillement et du textile marocain,Vetma, qui s'est déroulé à Paris le 31 mars, l'affluencedes visiteurs n'a pas faibli. A la fin de la journée, plus de 1.300personnes avaient franchi le seuil de l'espace Eiffel-Branly où setenait la manifestation, soit un plus grand succès que les quatreéditions précédentes. Une affluence qui a rassérénéles exposants. Même lorsque les responsables de l'espace d'expositionont commencé à démonter les stands et éteindreles lumières, les donneurs d'ordre, pas le moins du monde dérangés,ont tranquillement continué à travailler dans la pénombreavec les industriels marocains. Du côté des organisateurs, le baromètre est au beaufixe. La France est un client historique du Maroc et le Salon a acquis del'assurance et une certaine notoriété depuis 1996, date dela première édition. Du côté des exposants, certainsse désolent que de grands noms comme Kiabi ne s'intéressentau Maroc que pour le réassort (de faibles quantités de produits)alors que le plus gros des commandes est passé ailleurs en Asie. D'autre part, la mode caméléon pousse les industries àsuivre les tendances qui changent à chaque saison. Les gros bonnetsde l'industrie textile française, cette fois-ci, étaient àla recherche de la maille sous toutes ses formes(1), même si, àl'instar de leurs homologues anglais, ils se sont aussi intéressésau jean, au drill et à la bâchette. M. Mohamed Lahlou, président de l'Association Marocaine des Industriesdu Textile et de l'Habillement (Amith), ajoute que ce que les donneurs d'ordredésirent aujourd'hui, c'est que la branche chaîne et trameconnaisse le même développement, et que les façonnierspuissent, à terme, devenir des fabricants. C'est d'ailleurs un dessujets autour duquel s'est déroulée la conférence surles enjeux de l'industrie textile au Maroc qui a eu lieu la veille. Trèspréoccupés par des interrogations concernant l'avenir du secteurau Maroc, les industriels français y sont venus nombreux. Et dansle parterre, la présence remarquée de grands pontes, de présidentsde fédérations telles que l'Union Française des IndustriesTextiles, l'Union des Industries de l'Habillement, la FédérationFrançaise de la Chemiserie et de la Corseterie, la FédérationFrançaise des Industries de l'Habillement Masculin, ainsi que laFédération des Sous-Traitants Français. Pendant deuxheures, des questions variées ont fusé de la part de l'assistanceà propos de la contrefaçon, des délais de dédouanement,de la Tunisie, de stylisme et de mode (au Maroc, le stylisme en est encoreà ses balbutiements) et aussi d'éventuels partenariats envue d'établir un pôle d'attraction euro-méditerranéendans le secteur du textile et de l'habillement. Les industriels européens se plaignent toujours de la mêmechose: L'appréciation du Dirham conduit à l'augmentation desprix de revient, ce qui les majore de 12 à 15%, et le délaide dédouanement dont ils ignorent la durée. Question àlaquelle M. Lahlou donne de plus vastes explications. Au niveau de la douanemarocaine les choses ont beaucoup changé, explique-t-il àses interlocuteurs. La durée de dédouanement à l'exportà l'heure actuelle se situe aux environs de 2 heures. Et àfin mars, près de 80% des marchandises n'étaient plus contrôlées.«Quel pays peut se targuer d'avoir une confiance pareille?«, fait-ilobserver. De plus, ajoute-t-il, pour éclairer la lanterne des industrielsfrançais, aujourd'hui, il y a même des locaux de dédouanementchez l'industriel. Propos qui sont corroborés par ceux de M. HassanAbouyoub, Ambassadeur de S.M. Le Roi à Paris qui explique que l'ancienneimage encore tenace de cette administration est telle qu'elle effraie lesindustriels. Mais il n'en est plus rien aujourd'hui, dit-il, étayantson discours par l'exemple d'une entreprise basée au Sud de la Francequi arrive aujourd'hui à réaliser deux rotations (envoi dematières premières-reception de produits finis) par semainesur le Maroc. Pour rassurer les industriels au sujet de la contrefaçon, c'est M.Alami-Tazi ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat qui apris la parole. Le meilleur moyen, selon lui, pour endiguer cette «maladieinternationale« c'est de s'installer dans le pays même. Le Marocs'est doté d'une législation pour la protection des marquesindustrielles. Engouement Pourquoi cet intérêt pour la maille? D'après M. Lahlou,l'engouement manifesté pour la maille s'explique pour deux raisons:près de 90% des produits sont destinés à l'Hexagoneet la filière est totalement intégrée en amont. Lesproduits sont tricotés, finis et confectionnés au Maroc, etdisposent donc d'une forte valeur ajoutée. Auparavant, les industriesde la maille avaient de la visibilité pour au moins un an. Aujourd'hui,ils n'en ont que pour un, voire deux mois. (1) Cf L'Economiste de jeudi 30 et vendredi 31 mars 2000

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