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Culture

Ventes aux enchères
Plusieurs œuvres dépassent le million de DH

Par L'Economiste | Edition N°:3172 Le 17/12/2009 | Partager

. Les peintres orientalistes ont toujours la cote. Livres rares, sculptures et mobilier ancien signé Majorelle. Un week-end chargé chez MemoArts et CMOOA Deux ventes aux enchères seront organisées ce week-end à Casablanca. Ce qui dénote d’un dynamisme certain dans le domaine de l’art en ce moment. Deux des plus grandes galeries d’art de la place vont proposer aux visiteurs des lots variés. La vente de MemoArts, prévue ce dimanche 20 décembre, mettra 126 lots aux enchères. Elle sera animée par le commissaire-priseur parisien Didier Lafarge et le consultant en orientalisme Frédérick Chanoit. Trois tableaux seront proposés à des prix dépassant le 1 million de DH. Il s’agit d’un Ahmed Cherkaoui, intitulé «Clarté diurne», dont le prix est estimé entre 1,3 et 1,8 million de DH. Provenant d’une ancienne collection du Professeur Mehdi El Manjra, les experts estiment que c’est une «exceptionnelle huile sur toile de jute». Elle a été réalisée en 1964 et annonce un tournant décisif dans l’œuvre de l’artiste dont les couleurs se font plus lumineuses, les traits plus légers et plus clairs. Un magnifique tableau de Jacques Majorelle, «la Kasbah d’Aït Benhaddou», sera proposé à un prix estimé entre 2,7 et 3,2 million de DH. Il s’agit d’une huile sur isorel, datée entre 1940 et 1950. Elle provient d’une ancienne collection de l’artiste puis, par succession, de son épouse Maïté Majorelle. L’actuelle propriétaire de ce tableau l’a acquis lors d’une exposition organisée à l’hôtel La Mamounia à Marrakech en 1967. L’œuvre n’a pas quitté Marrakech depuis cette date. Un certificat d’authenticité et un rapport d’analyse microchimique établis par des experts seront remis à l’acquéreur. Figurant parmi les plus belles et les plus monumentales Kasbah, Aït Benhaddou fut l’un des paysages favoris du peintre, qu’il représenta à plusieurs reprises. «La délicate lumière crépusculaire rosit les abords de la seguia, tandis que s’opposent les camaïeux d’orangés de la terre et les bleus du ciel et de l’eau», peut-on lire en légende dans le catalogue de Memoarts. Un autre Majorelle, intitulé «Marrakech, l’attente au puits», une technique mixte sur papier, sera vendu aux alentours d’un million de DH. Cette œuvre, Majorelle l’a peinte dans les années 1950, où il adopte une manière sombre qui va teinter de mystère ses scènes de la rue marocaine. Les formes et les couleurs surgissent de fonds noirs et rendent compte de l’étrangeté de l’atmosphère de la ville ocre. Parmi les autres lots les plus valeureux de la vente, il y aussi des José Cruz Herrera et un autre Majorelle. Chaïbia Tallal, Endres Louis John, Henri-Emilien Rousseau, Victor-Pierre Huguet, Abbas Saladi, Feral, Moa Bennani, Jilali Gharbaoui, Meriem Meziane, Farid Belkahia, entre autres, sont également représentés. MemoArts propose aussi une série de beaux livres anciens et rares: «Sur les confins du Maroc» de Louis Rousselet, «Maroc, villes impériales » de Henri Terrasse, «Médersas du Maroc» de Charles Terrasse, «Le jardin et la maison arabes au Maroc» de Jean Galloti, «Reconnaissance au Maroc» de Vicompte Charles de Foucauld et «Le Maroc et l’artisanat traditionnel islamique dans l’architecture» d’André Paccard. Des sculptures de Abdeljalil Boussaki et Hassan Slaoui figurent aussi parmi les lots. La CMOOA (Compagnie marocaine des oeuvres et objets d’art) propose pour sa part, dans son local à Casablanca, une vente aux enchères de plus d’une centaine de lots le samedi 19 décembre, qui sera animée par Françoise Caste-Deburaux, commissaire-priseur à Paris. Les peintures orientaliste et marocaine seront représentées, «bien que les œuvres orientalistes soient devenues de plus en plus difficiles à trouver», selon Hicham Daoudi, président de Art Holding Morocco. L’œuvre la plus chère sera «Le sultan du Maroc et son escorte», signée Henri-Emilien Rousseau et datée de 1926. L’œuvre est estimée entre 3 et 3,5 millions de DH. Dans son œuvre, le Sultan Moulay Youssef et son escorte sont décrits avec une grande minutie. L’artiste relève tous les détails de la scène, des tenues aux chevaux, en passant par l’allure de chacun. Le Sultan trône en maître au centre de l’œuvre. Une œuvre d’Edouard Edy-Legrand, «Troupe berbère, Télouet», datée de 1943, sera proposée entre 1,2 et 1,5 million de DH. Cet artiste orientaliste est un amoureux du mode de vie des tribus berbères de Télouet. Il a souvent représenté les tenues et attitudes des habitants de la ville. Dans ce tableau, il décrit le côté festif des grands rassemblements lors des Moussems. Une œuvre abstraite de Abdelkébir Rabi sera également en vente à plus d’un million de DH. Enfin, une œuvre de Georges Mathieu, artiste français considéré comme un des pères de l’abstraction lyrique, sera proposée également aux alentours d’un million. CMOOA propose aussi une collection de mobilier Louis Majorelle, englobant une table à thé, un cabinet et deux guéridons.


Difficile d’avoir une cote significative
. Plusieurs paramètres sont pris en compte Comment sont fixées les estimations de prix des œuvres d’art lors des ventes aux enchères, sachant qu’elles atteignent pour certains tableaux plusieurs millions de DH? En réalité, chaque maison de ventes a son propre système de fixation des prix, donc il n’y a pas de règles précises en la matière. Chez MemoArts par exemple, les prix sont fixés en collaboration avec un comité d’experts, qui viennent spécialement de France, sachant qu’il n’existe pas au Maroc d’experts spécialisés en œuvres d’art.. Une cote de l’artiste est déterminée et plusieurs paramètres sont pris en compte. Tout d’abord, les experts se basent sur les résultats de l’artiste lors des précédentes ventes. «Il est important de ne pas tenir compte de ventes épisodiques, accidentelles ou uniques. Ce qui prime avant tout, c’est la régularité et la durée», explique Abderrahmane Saaïdi, patron de MemoArts. Et d’ajouter que le marché marocain est un marché très petit, non parfait, où il y a peu d’opérateurs, peu de vendeurs et peu d’acheteurs. Pour lui, «il n’y a donc pas de cote significative, d’autant plus que les manipulations de cours sont fréquentes et aisées». Pour ne pas tomber dans le piège de la manipulation, «nous restons prudents et raisonnables, en tentant de ne pas gonfler les prix», confie-t-il. La CMOOA applique la même politique. Elle travaille également en collaboration avec des commissaires- priseurs et experts parisiens, qui aident à la fixation des estimations. «Nous prenons en compte les résultats de nos ventes aux enchères passées, sachant que nous en sommes aujourd’hui à notre vingt-huitième. Pour les œuvres orientalistes, nous nous basons aussi sur les résultats obtenus à l’étranger. Notre objectif étant de proposer des estimations qui correspondent au marché», indique Farid Ghazaoui, directeur de la maison de ventes. Chez Marauction, les estimations sont fixées en commun accord avec les clients vendeurs. «Elles ne sont données sur le catalogue qu’à titre indicatif et prennent en compte le prix de réserve, c’est-à-dire le prix au-dessous duquel le déposant ne veut pas vendre», explique Nezha Tazi, gérante de la maison de ventes. «Lorsque nos clients surestiment leurs lots, nous leur conseillons de revoir à la baisse leurs prétentions, et inversement», soutient-elle. Nadia BELKHAYAT
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