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    Economie

    USFP: Un projet économique en gestation

    Par L'Economiste | Edition N°:238 Le 11/07/1996 | Partager


    L'USFP a organisé ses premières assises économiques les 6 et 7 juillet. Les économistes du parti étaient conviés à débattre des questions de l'heure. L'objectif ultime est de forger un projet économique à soumettre aux instances politiques.


    Tout le gotha économique de l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) était présent aux premières assises économiques du parti, dont les économistes étaient conviés à débattre de plusieurs thèmes organisés en ateliers. Il s'agissait pour eux d'élaborer un projet économique qui servirait de matrice au programme du parti.

    "La culture économique devra entrer dans la vision des militants de l'USFP", déclare M. Fathallah Oualalou, économiste et président du groupe parlementaire du parti. Pour lui, l'alternance et les réformes constitutionnelles à venir constituent des échéances. A cet effet, l'USFP devra préparer des alternatives pour les instances politiques et parlementaires ainsi que pour le 6ème congrès du parti.

    Si les résultats de ces travaux de deux jours devront servir d'ossature au projet économique du parti, quelques thèmes débattus ont atteint un stade de maturité tel que leurs auteurs proposent "des mesures concrètes". D'autres thèmes restent au stade de la réflexion.

    Les débats ayant suivi chaque exposé ont montré que les positions au sein de "la famille économique du parti" divergent sur plusieurs points. Deux courants s'affrontent au sujet de la globalisation de l'économie: les uns estiment que l'économie marocaine devra s'arrimer à l'UE, d'autres pensent qu'elle ne pourra occuper qu'un strapontin dont elle peut aisément se passer.

    Médiatisation et transparence


    La gestion de la dette est différemment appréciée. Pour les uns, l'effort doit être fourni pour son annulation. D'autres, plus nombreux, pensent qu'il faudra la consolider. Aux yeux de M. Mohamed Lahbabi, cette formule, différente du rééchelonnement, consisterait à payer, sur une période de 30 ans, la dette que l'UE pourrait racheter. Dans cette optique, la crédibilité et l'imagination sont obligatoires. Une pareille formule peut transformer ce lourd fardeau en un levier efficace d'investissement, estime M. Najib Akesbi. Il évoque la création d'un fonds équivalent au service de la dette, à utiliser dans des projets de développement gérés conjointement par les banques et les collectivités locales. Cette reconversion de la dette en projets d'investissement a été inaugurée en janvier dernier par la France pour 600 millions de FF.

    La privatisation des entreprises a également été au centre du débat. S'ils n'étaient pas nombreux à se prononcer contre le principe, des économistes ont critiqué la manière dont le gouvernement a mené les diverses opérations. "Le gouvernement a vite confondu transparence et médiatisation, note le document élaboré par les économistes du parti. Il serait opportun qu'une commission parlementaire puisse se pencher sur la question." Les économistes réclament "une pause des privatisations pour clarifier les objectifs, revoir la liste et la démarche ainsi que les conditions et les modalités des transferts". Ils demandent "une évaluation" de ce qui a été fait et exigent que les cahiers des charges des divers transferts soient publics. Pour eux, le produit des privatisations ne devrait pas aller au Budget de l'Etat mais être réaffecté dans un fonds pour promouvoir les investissements.

    Fracture sociale


    Les propositions de réforme de la fiscalité divergent. M. Akesbi veut "réformer la réforme" en restructurant les principaux éléments du système fiscal. Pour lui, le projet devra élargir l'assiette aux agriculteurs et instaurer l'impôt sur les grandes fortunes et sur les successions. Ces propositions ne sont pas partagées par une partie de l'assistance qui considère que la meilleure façon d'élargir l'assiette fiscale consiste à multiplier les entreprises et les sources de leur financement.

    La présence de quelques militants chefs d'entreprises a quelque peu ralenti l'élan des universitaires. L'un d'entre eux a reproché à M. Bakkali d'avoir "une vision très ancienne du monde de l'entreprise" à la suite de la présentation de la synthèse des travaux sur les relations Etat-entreprises. Les interrogations d'un opérateur sur l'impact réel de la Bourse sur l'économie sont restées sans réponses.

    La question sociale n'a pas été en reste. Pour M. Hassan Sebbar, président du groupe de travail sur "la dimension sociale du développement", les choix du gouvernement ont imposé des concepts tels que la convergence de l'économie, la mise à niveau et la compétitivité des entreprises nécessaires à une croissance économique tant souhaitée. Cependant, il épingle "la flexibilité du travail qui part du postulat que le salaire est considéré non comme un revenu stimulant la demande intérieure mais comme un coût de production à comprimer pour assurer une meilleure compétitivité de la production locale sur le futur marché de la zone de libre-échange". Il estime qu'une telle décision aggrave la fracture sociale.

    M.C.

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