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    Economie

    UPM: «Il ne faut pas désespérer»
    Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères

    Par L'Economiste | Edition N°:3033 Le 27/05/2009 | Partager

    Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères, est devenu un fidèle du Forum de Fès sur l’Union pour la Méditerranée (UPM). Il participe à ce deuxième congrès avec l’espoir de ne pas remettre en perspective l’échec du processus de Barcelone. Dumas livre dans cet entretien son analyse autour du projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) dans le contexte actuel de crise internationale. Pour lui, le Maroc a un rôle important à jouer dans la suite des évènements. - L’Economiste: D’aucuns disent que le processus de Barcelone a été lancé dans le contexte global et optimiste du processus de paix au Proche-Orient et a subi de plein fouet son arrêt. L’UPM connaît aujourd’hui le même sort. Doit-on suivre ce raisonnement?- Roland Dumas: La situation dans le Proche-Orient rejaillit sur tous les problèmes internationaux. Il était prévisible que le projet qui avait commencé à voir le jour sous mon égide, quand j’étais ministre des Affaires étrangères, et qui s’était poursuivi par le processus de Barcelone, subirait le contrecoup de la situation dans cette région du monde. Les récents évènements survenus dans la bande de Gaza, la mise en place du nouveau gouvernement israélien, les déclarations de certains de ses responsables, tout cela ne pouvait que contribuer à la remise en perspective de l’échec dont nous avons été le témoin. Mais il ne faut pas désespérer...- Que peut faire l’UPM face aux crises à répétition entre Israël et ses voisins (notamment, l’Autorité palestinienne et le Liban) et devant ce qu’on pourrait appeler l’arbitrage américano-américain?- L’élection récente du président Obama a changé une donne essentielle dans la région. L’arbitrage américano-américain qui était une pierre de touche importante dans le conflit demeure aujourd’hui au premier plan et il faut en attendre les effets.- Peut-il y avoir, depuis l’élection d’Obama, une évolution américaine vers une implication des Européens?- L’Etat d’Israël a toujours été contre l’implication des Européens au prétexte que ceux-ci étaient, pour la plupart d’entre eux, proches des Palestiniens. C’est une fausse vision de la situation internationale. Il faut donc considérer que l’arrivée au pouvoir de l’équipe du président Obama serait de nature à faire évoluer les choses vers une implication des Européens. Il n’est pas normal que l’Europe donne autant d’argent pour venir au secours des uns et des autres dans la région et n’ait pas son mot à dire sur l’évolution de la paix.- Le principe de deux Etats (israélien et palestinien) étant reconnu par tous les présidents américains, ne devrait-il pas constituer un point d’ancrage pour une action commune de l’UPM/UE et des USA, pour peser sur la politique «révisionniste» du nouveau gouvernement israélien (notamment celle du ministre des AE)?- Je partage votre point de vue. L’évolution dans cette région est lente. Elle est faite de soubresauts et nous vivons pour le moment un de ces soubresauts qui risque de nous ramener en arrière. La participation de nouveaux membres dans le gouvernement d’Israël ne facilitera pas les choses. C’est du reste le sentiment général aux Etats-Unis et en Europe. Le président Obama, jusqu’à présent, a réservé son opinion sur l’ensemble du projet. Il faut donc attendre sa première manifestation qui ne saurait tarder.- Peut-on dire que le Forum de Fès est une enceinte de réflexion qui permettra le cas échéant de faire revivre l’UPM?- La large participation au Forum de Fès est une garantie d’ouverture d’esprit. Les politiques ainsi que les militaires n’ont pas réussi, jusqu’à présent, à faire progresser les choses de façon définitive. Sans doute serait-il bon d’inclure dans cette négociation internationale toutes les parties prenantes de la vie intellectuelle de la région et au-delà. Je ne pense pas que la crise actuelle puisse bloquer le système qui a été mis en place à plusieurs reprises et qui verra finalement un jour la réussite de ce projet. La crise économique sera surmontée par l’économie mondiale. La crise du Proche-Orient est hélas beaucoup plus compliquée.- Au regard de votre expérience, de votre parcours institutionnel, quel rôle pourra jouer le Maroc pour que l’UPM puisse être consolidée en tant que regroupement régional efficace?- Le Maroc est une partie prenante importante à la fois dans le puzzle régional et dans la situation internationale. Il est à la fois ouvert sur l’océan, c’est-à-dire sur le grand allié américain mais aussi sur l’ensemble de la Méditerranée jusqu’au Proche-Orient. Sa position a toujours été d’une grande sagesse. Il n’y a pas eu de mots, d’échanges brutaux entre les parties et notamment venant du Maroc. Je crois que le Maroc a un rôle important à jouer pour la suite des évènements, en tout cas je m’y emploierai.Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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