×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    Une stratégie pour éviter la guerre de l'eau

    Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

    Plusieurs experts se sont penchés sur la gestion de l'eau devenue denrée rare. La Lettre Royale met l'accent sur la nécessité d'une stratégie globale. A l'issue du premier Forum Mondial de l'Eau, la "Déclaration de Marrakech" a été adoptée.


    «Le temps est donc venu de réagir et penser désormais le problème de l'eau, non seulement en termes de priorité mais, en plus, avec une vision nouvelle qui intègre le risque de crise et la capacité d'en prévenir les conséquences». Ce message, contenu dans la Lettre Royale adressée aux participants du premier Forum Mondial de l'Eau tenu à Marrakech les 21 et 22 mars derniers montre le caractère urgent de la gestion rationnelle de l'eau. Tout en rappelant qu'avec ses 90 barrages et 13 systèmes hydrauliques de transfert d'eau le Souverain a souligné que le Maroc peut mobiliser près de 70% du total de ses ressources hydriques. Il a également mis l'accent sur la nécessité d'une stratégie intégrée où l'eau doit occuper une place de choix dans le progrès de l'humanité. Ceci est possible via une politique adéquate de mobilisation des ressources et de leur préservation.
    A l'issue de deux journées de travaux, ce premier forum mondial a abouti à la Déclaration de Marrakech qui recommande notamment la mise en place d'un «véritable mécanisme de gestion des eaux partagées, la protection des écosystèmes et une utilisation plus rationnelle de l'eau». S'y ajoute le droit de chacun de disposer et d'accéder à l'eau potable et à l'assainissement.

    Une chaire de l'eau

      
    En outre, le forum a mandaté le Conseil Mondial de l'Eau, initiateur de la rencontre, pour mener une vaste étude qui devra conduire à une approche globale de l'eau, de la vie et de l'environnement au siècle prochain. Cette étude aboutira à la mise en oeuvre d'un processus qui débouchera en l'an 2000 sur la définition d'une stratégie mondiale de l'eau. Une «chaire de l'eau» sera également créée au Maroc. Son objectif est d'étudier la prévention des conflits liés à «l'eau partagée» entre plusieurs pays.
    Par ailleurs, de nombreuses mesures ont été proposées lors de ce forum. il s'agit ainsi de modifier le comportement et l'approche pour la mise en valeur durable des ressources en eau, leur évaluation dans chaque pays. S'y ajoutent des campagnes d'information et de sensibilisation pour l'économie et le bon usage de l'eau. Des opérations dans ce sens ont déjà démarré avant le Forum, initiées notamment par l'ONEP. En effet, l'année 1996 a vu 500 diffusions de spots télévisés sur l'eau, 1.800 messages radio en arabe et en dialectes ainsi que la distribution au public de plus de 400.000 documents d'information. La caravane de l'eau organisée cette même année a sillonné plusieurs villes et centres du pays, touchant ainsi près de 300.000 élèves.

    De plus, moins d'une semaine après cette rencontre internationale, l'ONEP a lancé le kit pédagogique destiné à l'ensemble des collèges du pays et dont l'objectif est de permettre au corps enseignant de participer activement à l'effort dans le domaine de la préservation des ressources hydriques. Ce kit contient un guide enseignant, un poster élève et 9 panneaux en plastique résistant pouvant servir de support pour un cours sur l'eau ou l'illustration de la Journée Mondiale de l'Eau.
    Aujourd'hui, l'urgence est à la mise en place d'une stratégie pour que la question de l'eau ne devienne pas un problème insurmontable pour l'humanité. Les experts présents à Marrakech ont avancé que 97,5% de l'eau de la planète est salée. Mais même limitées, les ressources en eau douce n'ont pas diminué. Cependant, la consommation a été multipliée par 6 entre 1900 et 1995. Montrés du doigt: l'accroissement démographique, l'irrigation, mais aussi la pollution. S'y ajoute également le gaspillage.
    Selon le secrétaire général de l'Organisation Météorologique Mondiale, «la pollution de l'eau tue chaque année environ 25 millions de personnes, principalement dans les pays en voie de développement, et la moitié des maladies les plus répandues dans le monde sont transmises directement ou indirectement par l'eau». Aujourd'hui, près de 20% de la population mondiale n'a pas accès à l'eau potable et 50% ne dispose pas de moyens d'assainissement appropriés.

    Mohamed CHAOUI





    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc