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    Une PME sur la piste de l'électrification rurale

    Par L'Economiste | Edition N°:492 Le 23/04/1999 | Partager

    · De l'énergie solaire pour électrifier les foyers ruraux
    · 5.000 foyers d'ici mars 2000
    · Financement par microcrédits


    "L'objectif de Sunlight Power Maroc (SPM), c'est d'électrifier, individuellement et à moindre coût, les foyers ruraux isolés du réseau électrique national", explique M. Abdelhanine Benallou, président de ladite société. L'entreprise cible des localités éloignées des réseaux d'alimentation électrique classique et qui ne pourraient être électrifiés à un niveau de coût accessible aux populations locales. Son activité, l'électrification solaire, vient en complément des programmes d'électrification rurale de l'ONE. "2 à 3 millions de foyers sont dans le besoin", précise M. Benallou. Les chantiers s'appuyant sur des fonds publics ne sont pas toujours suffisants. Le Centre des Energies Renouvelables (CDER) et l'ONE tablent sur 200.000 foyers dans les dix ans à venir. Selon M. Benallou, l'entrave majeure ne se situe pas tant au niveau technique mais plutôt au niveau financier. L'approche de SPM se concentre sur les possibilités de surpasser les contraintes qui ont freiné le développement de l'électrification solaire dans le monde rural.
    La société a mis au point une formule qui répond aux besoins avec des options de financement flexibles. Ce concept se base sur les dépenses mensuelles des ménages ruraux concernant l'éclairage ou l'audiovisuel (lampes à pétrole, bougies, batteries...). Le budget énergétique de ces foyers, selon des études du Ministère de l'Energie et des Mines, du CDER et de l'ONE, se situe entre 80 et 180 DH mensuels en fonction des régions.

    Tester la faisabilité


    Pour le démarrage de son activité, M. Benallou a choisi des régions isolées aux revenus faibles telles que Taza et Sefrou afin de tester la faisabilité de son concept.
    Les ménages peuvent donc bénéficier d'éclairage selon trois modes de financement. Le premier consiste à acheter au comptant les équipements solaires (entre 5.000 et 12.000 DH selon les points lumineux(1) souhaités). La deuxième solution, c'est de passer à travers un microcrédit permettant de répartir la dépense d'investissement sur une période de 36 mois. Avec une avance entre 1.700 et 2.500 DH, les mensualités varient de 120 à 220 DH.
    Pour ceux qui ne disposent pas de moyens suffisants, ils se contentent d'utiliser le service d'électricité qui s'apparente à l'approche pratiquée par les régies en milieu urbain en payant mensuellement une cotisation.
    Pour atteindre ces populations, SPM a ouvert deux antennes régionales sur les sites-pilotes. Les équipes se rendent hebdomadairement au souk à la rencontre des ménages. "L'installation complète se fait en deux heures", assure M. Benallou qui, au début de son activité, se rendait lui même sur place pour diriger les travaux et développer son concept. Sa plus grande récompense, dit-il, c'est de lire le contentement sur leurs visages.
    Jusqu'à aujourd'hui, 1.160 foyers ont été électrifiés. SPM compte arriver à 5.000 aux environs de mars 2000 et à 75.000 dans les dix années à venir.

    (1) Les points lumineux représentent le nombre de prises pour des lampes d'éclairage. Ils vont de 2 à 7 points au maximum, plus une prise pour la télévision. Le courant continu est de 12 Volts et ne permet pas l'utilisation d'appareils électroménagers.


    Grameen Bank


    M. Benallou s'est inspiré du concept de la Grameen Bank pour l'octroi des microcrédits. Cette banque est née au Bangladesh de la volonté d'un homme d'agir contre la pauvreté. Le système consiste à accorder un microcrédit avec comme seule assurance un groupe de plusieurs personnes qui se portent garantes de l'emprunteur. Les prêts sont à cycle court. Le président de SPM se fait aider dans son entreprise par des ONG telles que la FONDEP à Sefrou et l'ERAPS à Taza. Celles-ci jouent le rôle d'un interface entre la société et les conseils des villageois dont l'importance n'est pas à discuter.

    Radia LAHLOU

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