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Une journée parmi les traders de BMCE Capital

Par L'Economiste | Edition N°:1776 Le 26/05/2004 | Partager

. Une salle high-tech pour des jeunes loups de la finance qui s’escriment sur les marchés . Communication, recherche et analyses financières… les autres services de la banque d’affaires de BMCE Bank. Visite guidée IL est 7h du matin. Abdelmalek Abdeljalil, Monsieur Marché international, est déjà sur le pied de guerre, devant des écrans. Accroché à son téléphone, il négocie une opération avec un trader parisien. «Ok pour 1 million», lâche-t-il, puis plus rien. Il scrute ensuite les nombreuses fenêtres ouvertes sur son ordinateur, les différents sites et lettres d’information en ligne, à l’affût de nouvelles financières, économiques et politiques qui peuvent influencer les positions prises sur les titres obligataires et d’autres valeurs mobilières internationales. Attentif, il l’est. Car ça va très vite sur ce compartiment, et la moindre inattention peut lui coûter cher. Les opérations qu’il traite sont d’une extrême complexité. Ses compétences proviennent de ses études de finance avec une bonne dose commerciale, mais beaucoup de la pratique sur ces marchés. Cela fait en effet plus d’un an qu’il est sur ce compartiment considéré comme étant l’avenir de la finance marocaine, s’ouvrant graduellement sur les marchés internationaux. BAM n’a d’ailleurs autorisé que quelques opérations et placements à l’étranger dans des titres souverains, obligatoirement notés triple A (AAA), c’est-à-dire sans risque aucun.Nous sommes à BMCE Capital. La filiale de BMCE Bank pourrait servir d’exemple pour les banques d’affaires. Elle se développe sur tous les services et activités de la finance: desk obligataire, salle des changes, financements structurés, gestion d’actifs, conseil aux entreprises, intermédiation, marché international, capital-risque et conservation des titres. Le plateau dans lequel elle est logée est high-tech: haut- parleurs, ordinateurs, téléphones et gadgets de toutes sortes. La parfaite panoplie des jeunes loups de la finance.Monsieur Marché international place des liquidités dans des produits financiers sur les places de Paris, Londres, Tokyo ou encore New York. Comme il peut négocier des contrats sur taux d’intérêt pour le compte d’un client ou mettre en place des produits de couverture sur matières premières pour garantir ses positions ouvertes à l’étranger. Ça n’arrête pas. Une nouvelle ligne de liquidités vient de s’ajouter à son livre de comptes. «Il faut que je boucle ma position», indique-t-il. Un peu plus loin, ses collègues cambistes s’activent fiévreusement à acheter et vendre des devises au comptant ou à terme pour le compte d’opérateurs économiques nationaux. La conversation est engagée avec Hassan Barakat, mais un appel nous interrompt. Le cambiste échange le bonjour avec son client, qu’il a appelé par son prénom. Il les connaît tous. Ce sont en fait les mêmes qui recourent à ses services pour vendre des devises, un produit d’une exportation de marchandises ou de services, ou pour en acheter pour régler un fournisseur à l’étranger. Là aussi, tout va très vite. Même si les cours de change cotés à la clientèle sont limités dans une fourchette imposée par Bank Al-Maghrib, les tendances des marchés internationaux peuvent changer et influencer à la baisse comme à la hausse les positions prises sur telle ou telle devise.Le temps s’écoule rapidement. Il est presque 10h00 lorsque les haut-parleurs installés dans l’immense salle de marchés retentissent. «L’euro vient de franchir un nouveau palier à la hausse face au billet vert. Cela est conséquent à la montée des tensions au P.-O., notamment en Irak. Le déficit américain se creuse, ils ont besoin, selon les dernières estimations des experts, de près de 2 milliards de dollars par jour pour le financer», précise un trader. Pendant un bref instant, on se croirait à nouveau dans une salle de cours. « Ce système de haut-parleurs vient d’être installé il y a moins d’un mois et il s’avère des plus efficaces pour faire circuler l’information vite et de façon très claire», explique Khalid Nasser, directeur de BMCE Capital Markets. “Ce type de nouvelle est capital pour nos collègues, qui devront en prendre connaissance rapidement afin de réagir à temps aux retournements brutaux de tendance sur les marchés”, note pour sa part Kamal Bouayad, Monsieur Communication. “Il arrive que nous ne puissions pas tout suivre en même temps”, lance Abdelmalek Abdeljalil. «C’est le petit plus qui permet d’être vraiment dedans (ndlr le marché)», souligne pour sa part son voisin. Lui, c’est Mounir Belkouch, trader desk taux, qui connaît très bien ce «in the market» dont il parle. Il a en charge le plus important négoce de la salle en termes de volume et de revenu: le desk obligataire. Avec trois autres de ses collaborateurs, ils brassent quotidiennement des milliards de dirhams en achetant et vendant des titres obligataires, privés ou étatiques, sur le marché monétaire. Monsieur Trésorerie de la banque siège à leurs côtés. Il est chargé de placer les excédents ou lever des fonds pour le compte de BMCE Bank sur le marché interbancaire.Un trader saisit une deuxième fois le microphone pour annoncer une autre nouvelle de marché: «Il se passe quelque chose de nouveau les amis, la Banque centrale européenne vient d’annoncer par la voix de son président qu’elle ne baissera pas ses taux». Quel en est l’impact? Un petit sourire malicieux sur les lèvres, Khalid Nasser s’approche et explique que l’information va en fait arrêter l’hémorragie du dollar face à l’euro, au moins jusqu’à ce qu’une autre annonce soit faite par la FED (la banque centrale américaine), la BOJ (la banque centrale japonaise) ou la banque des banques anglaise ou allemande. «Ces faiseurs de marché orientent relativement les marchés par leurs déclarations sur les mesures de politique monétaire prises», note-t-il. Le desk obligataire paraît s’animer un peu. «Nous sommes sur un deal important», confie Amine Amor, trader desk obligataire. La plate-forme commerciale vient d’orienter un investisseur désireux de placer une somme importante dans des titres obligataires. C’est une structure, récemment installée, à qui les investisseurs et clients de BMCE Capital peuvent poser toute sorte de questions sur les produits et les services de la maison. «Ils vous les expliqueront et vous enverront même une documentation complète», indique Kamal Bouayad. Ce sont des financiers à la fibre commerciale qui orientent les clients selon leurs besoins et demandes vers les différentes structures de BMCE Capital. Cette interface est unique sur la place de Casablanca. Ce travail d’information, de suivi et de cadrage des besoins de la clientèle est nécessaire à la réussite de leurs opérations. D’ailleurs, un des clients de BMCE Capital en témoigne: «Cette cellule de relais entre les différentes activités effectue un travail remarquable et très utile pour les investisseurs». «Ils sont toujours présents pour recueillir vos ordres, confirmer une opération ou encore renseigner en ligne sur la tendance du marché. Alors qu’un trader ou un manager reste difficilement joignable durant les séances de marché», ajoute notre interlocuteur.A les voir en action, difficile de ne pas lui donner raison. Le desk obligataire est en effervescence, une nouvelle ligne de titres qui ont été émis par une de leurs structures, BMCE Capital Emissions, se négocie sur le marché secondaire et ils ont obligation de l’animer un peu. En fait, ils vont réaliser plusieurs opérations sur ces titres pour leur garantir un certain niveau de liquidité. Il y a également BMCE Capital Gestion qui souhaite boucler une opération d’achat d’une ligne obligataire avec le desk obligataire. C’est le gestionnaire des OPCVM de BMCE Capital qui dispose d’une large palette de fonds orientés aussi bien vers les placements des particuliers que des entreprises. Le desk obligataire sur lequel BMCE Capital Gestion fait régulièrement son marché intervient en fait sur les adjudications du Trésor (appelé primaire) pour acquérir des bons du Trésor pour compte propre ou pour les négocier sur le compartiment secondaire des titres. Les traders obligataires interviennent également sur la dette privée émise par les entreprises sur le marché monétaire. BMCE Capital dispose du titre d’IVT (intermédiaires en valeurs du Trésor). Elle est en cela un faiseur de marché (market maker) qui cote les BDT sur le marché secondaire et l’anime par un négoce régulier sur les différents gisements de titres obligataires.La responsable de BMCE Capital Emissions, Meriem Sebti, vient aux nouvelles. Elle intervient avec une poignée de financiers dans le conseil, la préparation et le lancement des emprunts pour des entreprises à la recherche de financements sur les marchés de l’argent pour leurs projets d’avenir. Sa structure en fait beaucoup sur le marché: lancement des BSF (bons de sociétés de financement) pour le compte des sociétés de crédit à la consommation ou encore des BT (billets de trésorerie) et des obligations pour le compte de grandes entreprises comme l’ONA.Il est 12h30. La majorité des traders de la salle sont toujours là, accrochés à leurs téléphones, traitant encore des opérations. La journée continue au rythme des marchés. La séance boursière par exemple ne clôture qu’à 13h00. Quelques traders boursiers sont encore «in», comme ils disent. Autrement dit, les ordres de bourse affluent encore. Sur cet ordre, est inscrit l’achat de quelques valeurs bancaires et financières, sur un autre, la vente de titres agroalimentaires. Le négoce est visiblement important. Anas Mikou, responsable Front Office, est au téléphone avec un investisseur à qui il explique la tendance du marché. Il lui conseille d’attendre un peu pour vendre son portefeuille d’actions. Le client est apparemment convaincu. Ils se donnent rendez-vous le lendemain pour se mettre d’accord sur l’opportunité de vendre… «ou même d’acheter plus de titres», ajoute Youssef Benkirane, le responsable de BMCE Capital Bourse. Et de conclure sur une note des plus optimistes, propre celle-là aux traders boursiers: «La reprise du marché enclenchée depuis le début de 2003 est en train de se consolider et la communauté boursière est de plus en plus confiante. Les entreprises doivent franchir le pas et s’introduire pour qu’il y ait du nouveau papier sur la cote».


Capital Conseil et Capital Invest

DANS les activités de corporate en direction des entreprises, BMCE Capital est présente en force à travers les structures de Capital Invest, filiale dédiée au capital-risque, et Capital Conseil, celle orientée vers les conseils et les études de projets pour le compte des entreprises. L’une et l’autre sont très présentes sur leurs segments respectifs. Capital Conseil, dont l’activité est encore récente, se développe sur le conseil aux PME, les grandes entreprises de demain. Le capital-risqueur de BMCE Capital pour sa part est présent dans le paysage depuis quelques années et se développe sur le financement du développement des entreprises.


«Penser grand pour grandir»

IL y a cinq ans, lorsque Jaloul Ayed et Eric Aouni, respectivement Président du directoire et DGA de BMCE Capital ont installé la salle des marchés de BMCE Capital avec tous les équipements et les moyens high-tech qu’elle recèle, toute la communauté financière disait qu’une structure de cette envergure est beaucoup trop grande par rapport au marché financier. Ils sont aujourd’hui un peu plus de 70 personnes qui sont visiblement à l’étroit dans cette salle et le management est en train de réaménager d’autres locaux pour les y installer. «Il faut penser grand pour grandir rapidement», souligne Eric Aouni. Et d’ajouter qu’«il est important aujourd’hui de s’implanter sur d’autres marchés pour créer de la valeur et réaliser des revenus. La banque d’affaires s’est déjà implantée au Sénégal. A l’horizon 2009, Eric Aouni prévoit pour BMCE Capital plus de 400 collaborateurs, plusieurs représentations à l’étranger et le développement d’une offre exhaustive de produits aussi bien «cash» qu’hybrides. Aouni est l’une des principales figures de la nouvelle finance marocaine. Il parle avec passion de ses équipes et dit sans narcissisme qu’elles sont «les meilleures de la place». «La plupart disent que BMCE Capital gagne beaucoup d’argent au vu des potentialités qu’offre le marché, mais ils ne savent pas comment. Il n’y a pas de secret: nous recrutons des jeunots ambitieux puis nous en faisons, à force de stages de formation à l’étranger, de séminaires spécialisés mais aussi d’exercices en ligne sur les marchés, des financiers de seconde génération», dit-il. Au sein de BMCE Capital, Eric Aouni s’emploie à définir la stratégie, les axes de développement et les objectifs, comme il assure la gestion des risques financiers et opérationnels, la coordination avec les partenaires et BMCE Bank ainsi que la communication institutionnelle. Il ne passe pas une semaine sans se déplacer à l’étranger pour étudier des opportunités de développement avec des partenaires ou de nouvelles affaires avec des clients. Il est très actif aux côtés des autorités de tutelle pour introduire les produits de seconde génération sur le marché, comme les options sur taux, devises et matières premières. «Nous pratiquons ces opérations depuis quelque temps et nous sommes tout à fait préparés pour nous y lancer dès leur autorisation par BAM. Je crois que nous serons les seuls sur ce créneau!»Bouchaïb EL YAFI

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