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    Une issue pour Jerrada

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Des solutions se dessinent pour Jerrada. Sa fermeture est inéluctable. Le gouvernement est décidé pour sa part à faire de cette fermeture une solution de référence. La mine représente un véritable gouffre financier: près de 3 milliards de subventions.


    C'est dans une ambiance teintée d'optimisme que s'est déroulée la première réunion le 16 décembre à Rabat. Le sujet était pourtant épineux: fermeture de la mine de Jerrada et reconversion de la région. Ce premier round qui sera suivi par plusieurs autres s'est tenu une semaine après la visite de la délégation interministérielle sur le ter-rain.
    Pour une fois, les participants (élus, représentants des syndicats et ministres) parlaient le même langage: la fermeture de la mine est inéluctable. Maintenant, il faut étudier un plan d'action. Le gouvernement est décidé à faire de la fermeture de cette mine une solution de référence. Pour preuve: trois ministres se sont mobilisés, M. Driss Benhima, ministre de l'Energie et des Mines, Mlle Amina Benkhadra, secrétaire d'Etat chargée des Mines, et M. Méziane Belfquih, ministre de l'Agriculture, de l'Equipement et de l'Environnement et président de la commission interministérielle chargée de réfléchir sur le développement de la région. Tous les trois, en collaboration avec les syndicats et les élus, vont essayer de définir le plan pour la fermeture et la reconversion de Jerrada. La date butoir 2005 n'est plus de mise. L'extinction de la mine interviendra en 2001. «Il y va de l'intérêt des mineurs et de la région», souligne M. Méziane Belfquih. La mine est aujourd'hui un véritable gouffre financier. Elle est subventionnée par l'Etat. Son maintien est assuré grâce à des apports directs de l'Etat dépassant 1,2 milliard sur la période 1990-97. A cela s'ajoutent les subventions indirectes résultant de la surtarification des prix de vente imposés par l'ONE et le non-paiement de certaines dettes, soit près de 1,5 milliard.
    La conclusion est évidente. «Il serait plus intelligent d'utiliser ces ressources financières dans l'indemnisation des ouvriers et le développement de la région», est-il indiqué.

    Gestion déléguée à l'ONE


    Lors de cette première réunion, des scénarios et de propositions ont été présentés. Ils gagneraient à être approfondis.
    Concernant la fermeture, les propositions portent sur une gestion déléguée à l'ONE. Pour cela, cet organisme doit bénéficier de l'appui des pouvoirs publics. L'exploitation serait programmée jusqu'à 2001 en produisant l'anthracite avec les moyens humains et matériels actuels. Par ailleurs, un plan de restructuration des activités non nécessaires à la production serait mené. Parmi les grandes lignes de ces propositions figure aussi la prise en charge directe par l'Etat des actions sociales de la région (hôpital, écoles...)
    Sur le plan social, les départs en préretraite seraient envisagés pour les mineurs de fond âgés de 40 à 50 ans. Pour le personnel de jour, les départs accélérés s'effectueraient à partir de 45 à 55 ans Dans ce scénario, l'Etat prendrait en charge la totalité du passif des charbonnages du Maroc, soit 1,5 milliard de DH ainsi que les provisions relatives aux maladies professionnelles (0,6 milliard de DH).

    Pour la reconversion de la région, des propositions de base ont été également avancées. Evidemment, elles ne pourraient voir le jour que s'il y a une volonté politique.
    Concrètement, il s'agit d'abord de doter la Province de Jerrada des infrastructures de base et accorder des incitations fiscales aux investisseurs. Des projets pour créer des emplois ont été identifiés dont une briqueterie moderne, une usine de céramique, une chaîne de textile...
    Au total, ce plan pourrait créer près de 940 emplois stables (dans les projets initiés par les pouvoirs publics) et 1.800 emplois (projets du secteur privé). Ces projets nécessiteront des enveloppes respectives de 1,1 et 1,3 milliard de DH.
    Dans tous les cas, tient à souligner M. Belfquih, ce ne sont que des propositions premières qui demandent à être plus étudiées et renforcées. Les différentes parties prenantes sont conscientes que le timing doit être accéléré. Il ne s'agit plus d'un problème de fermeture de mine mais de survie d'une région.

    Badra BERRISSOULE

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