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    Economie

    Une hausse de 1% pour sauver les médicaments à faible PPM

    Par L'Economiste | Edition N°:588 Le 06/09/1999 | Partager

    · La mesure sera progressive: une moitié ce mois-ci et l'autre en janvier 2000 sur les médicaments déficitaires

    Les comptables des laboratoires pharmaceutiques doivent s'arracher les cheveux. Le calcul des prix des médicaments au Maroc est déjà un casse-tête chinois en soi. Et comme si un mal ne suffisait pas, ils doivent maintenant prendre en compte deux autres événements. D'abord, la suppression de la TVA décidée dans le cadre de la Loi de Finances 1999-2000. La mesure qui cible trois grandes familles de médicaments (anti-asthmatiques, anti-diabétiques et appareil cardio-vasculaire) doit se traduire par une baisse substantielle des prix. Ensuite, la hausse des prix autorisée tout récemment par le MSP (Ministère de la Santé Publique). Elle ne concerne là aussi qu'une partie des médicaments, à savoir ceux qui sont fabriqués localement mais qui ne sont pas rentables. Les laboratoires doivent notamment justifier qu'ils ont effectué des investissement au cours des ces dernières années et qu'ils respectent aussi les bonnes pratiques de fabrication.
    Cette hausse était attendue depuis fort longtemps. Les industriels avaient conclu il y a quelques années un accord avec le Ministère chargé de l'Incitation à l'Economie, de manière à aller un peu plus vers la réalité des prix. Du moins pour les produits fabriqués localement. L'Administration avait accepté de tenir compte notamment du taux d'inflation, des taux de change et des investissements (y compris en qualité) et du coût des intrants. "Mais la montagne a accouché d'une souris. 1%, cela ne couvre même pas les 1 et 2,8% de taux d'inflation que nous avons connue en 1997 et 1998 ", souligne le DG d'un laboratoire de la place.
    Autre motif de mécontentement, la mesure sera progressive. La première hausse de l'ordre de 0,5% doit entrer en vigueur au cours de ce mois, tandis que l'autre sera effective à partir de janvier 2000. A noter qu'aucune hausse de prix n'est intervenue au cours de ces dernières années. Mais il faut dire que le secteur a été relativement avantagé par un taux de change favorable. Au contraire, la tendance est à la baisse en raison notamment de la concurrence acharnée que se livrent les opérateurs et de la percée de plus en plus forte des génériques. Les industriels sont toutefois obligés d'accepter la concession, si petite soit-elle. Car, de toute évidence, une telle mesure n'est pas prête de se reproduire de sitôt. Les prix sont encadrés au Maroc et les orientations politiques vont dans le sens de l'encouragement d'une baisse des prix (en tout cas pour certaines classes thérapeutiques). Il n'est pas rare que le prix d'un médicament fixé par le MSP soit inférieur de moitié au prix du même produit dans son pays d'origine. C'est la dimension sociale de la politique du médicament au Maroc qui explique aussi pourquoi les autorités insistent pour que la dernière hausse ne porte que sur les produits déficitaires. C'est en effet le seul moyen pour sauver les médicaments à faible PPM.
    En pratique, le laboratoire répartit une cagnotte qu'il aura calculé en multipliant le taux de hausse par le chiffre d'affaires sur l'ensemble des produits déficitaires. C'est l'effet de modulation.
    Les modalités d'applications n'inquiètent pas outre mesure les opérateurs ou pas autant que la suppression de la TVA qui semble poser des difficultés par rapport au poste "matières premières". Des industriels se demandent notamment quelle approche fiscale adopter lorsque un excipient (exemple sucre, magnésium, etc) sert à la fabrication de plusieurs produits à la fois: ceux qui sont concernés par la suppression de la TVA et ceux qui ne le sont pas. L'AMIP (Association Marocaine de l'Industrie Pharmaceutique) va sans doute demander plus d'éclaircissements à l'Administration fiscale.

    Mohamed BENABID

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