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    Economie

    Une enquête sur le risque-Maroc
    Forces et faiblesses

    Par L'Economiste | Edition N°:2411 Le 29/11/2006 | Partager

    Comment pérenniser l’attraction des flux de l’investissement direct étranger et éviter de les lier aux seules opérations de privatisation, limitées dans le temps? Le livre-enquête de Tarik El Malki, chargé de développement au Centre marocain de conjoncture, sur le «Risque-pays et stratégies d’investissement, le cas du Maroc» propose plusieurs pistes de réflexion. Mais pour l’auteur, «il faut d’abord étudier de manière précise le profil des firmes étrangères implantées sur notre sol ainsi que leur comportement investisseur, évolutif».. L’Economiste: Comment les investisseurs étrangers perçoivent-ils le risque-Maroc, et comment cette perception évolue-t-elle?- Tarik El Malki: Pour ce qui est des vecteurs positifs, c’est le volet politique du risque-pays qui est le plus important, mesuré par la perception des conditions politiques, perçues favorablement par les investisseurs, avec une évolution marquée ces dernières années. La réalisation de trois projets d’importance cruciale confirme cet état de fait: le rapport de l’Instance équité et réconciliation, le rapport de développement humain et la nouvelle loi sur les partis politiques. Il y a également la bonne perception au niveau du marché de la main-d’œuvre, ainsi que la qualification des salariés marocains qui tend à s’améliorer progressivement. Il n’y a pas de risque majeur au niveau de la convertibilité et du rapatriement des profits des firmes vers l’étranger. La perception du niveau du risque de non-respect des normes de qualité s’est améliorée au fil du temps. De même pour le risque de copie qui ne semble pas être perçu de manière trop défavorable.. Quels sont les vecteurs négatifs? - Les faiblesses proviennent principalement des performances sociales, des infrastructures, des politiques gouvernementales (fiscalité principalement) et des coûts de transaction, dont la perception tend à être de plus en plus négative. Elle est médiocre au niveau de ces paramètres et ne semble pas s’améliorer avec le temps. Les carences en terme de savoir, en dépit de la réforme en cours, les insuffisances de notre économie qui, malgré la maîtrise progressive des équilibres macroéconomiques, de l’inflation et la mise en place d’une politique industrielle volontariste et divers programmes sectoriels, ne parvient pas à assurer un niveau de croissance à même de favoriser un développement économique viable. En plus de la prépondérance du secteur agricole qui contribue à l’accroissement du déséquilibre et de l’instabilité économique, en raison des aléas climatiques. Les déséquilibres sur le marché du travail qui entretiennent un chômage de masse et une pauvreté endémique engendrant fracture sociale et exclusion. Les autres faiblesses concernent le système sanitaire et la gouvernance. . Existe-t-il des différences de perception du risque-Maroc en fonction de certains attributs?- Pour les firmes étrangères établies dans la région sud, il existe par exemple un effet pays d’origine au niveau de la perception des conditions sociales, du coût de la main-d’œuvre et des politiques fiscales du pays hôte avec une distinction nette entre les firmes originaires des pays arabes, d’une part, et celles originaires des pays occidentaux développés, d’autre part. Il existe un effet secteur, au niveau de la perception des perspectives de croissance de la demande dans la mesure où ce sont les firmes du secteur tertiaire qui jugent le potentiel de croissance de la demande très élevée dans cette région. Il y a un effet secteur dans la perception de la qualification de la main-d’œuvre Il existe également un effet expérience au niveau de la perception des conditions économiques et sociales de cette région lors de l’implantation initiale. En revanche, il n’existe pas réellement d’effet taille dans la perception du risque. Pour les firmes du centre-ouest, il existe un effet pays au niveau de la perception d’une seule composante du risque-pays: les politiques fiscales. Les perceptions par rapport à cette variable ont tendance à évoluer d’une zone géographique à une autre. La perception des conditions socio-économiques n’a pas tendance à évoluer entre les pays. En revanche, il n’existe pas d’effet secteur, dans la mesure où les perceptions par rapport aux politiques environnementales ou par rapport au risque de copie ont peu tendance à évoluer d’un secteur à l’autre…. En quoi cette recherche peut-elle aider à une meilleure attractivité des IDE?- La pertinence et l’impact de ces résultats sont significatifs dans la mesure ou les politiques publiques d’attraction de l’IDE devraient être conçues en fonction de la taille, du secteur d’activité, etc. des firmes. Les résultats de notre étude sont d’autant plus intéressants qu’ils mettent l’emphase sur le comportement des firmes et leur appréhension au risque dépendamment de leur taille, secteur et origine. Pour pérenniser l’attraction des IDE et éviter de les lier aux seules opérations de privatisation limitées dans le temps, les autorités devraient étudier de manière précise le profil des firmes étrangères implantées sur notre sol, ainsi que leur comportement investisseur. Les perspectives sectorielles favorables combinées avec les opportunités d’investissement découlant des accords de libre-échange, signés avec un certain nombre de pays, font que le Maroc remplit les conditions pour devenir un pôle régional d’attraction pour les IDE. Propos recueillis par


    Qui est Tarik El Malki?

    Il ressemble à son père, Habib El Malki, actuel ministre de l’Education nationale, qui a occupé plusieurs responsabilités, dans et hors de l’USFP au cours de ces trente dernières années. Il est, entre autres, président du Centre marocain de conjoncture (CMC). Tarik, lui, ne peut pas encore prétendre à un tel parcours, encore moins à tant d’années d’expérience. Il n’a que 30 ans. Son bac en économie en poche, décroché au lycée René Descartes de Rabat en 1994, il embarque pour Paris. C’est la célèbre école bilingue franco-américaine de la capitale française, MBA Institut, qui l’accueille. Un parcours sans faute qui lui a permis de décrocher une maîtrise en finance internationale, quatre ans plus tard. Par la suite, il met le cap sur l’Ecole supérieure de gestion de l’Université du Québec à Montréal pour un MBA -profil recherche. Il termine actuellement un doctorat en économie à l’Université Méditerranée, Marseille II, parallèlement à ses nouvelles fonctions de chargé de développement au CMC depuis le printemps dernier. Tarik El Malki a participé à divers travaux sur le risque-pays, notamment avec le Centre international de recherche sur le risque et les politiques économiques de Montréal (CIRPEE). Le présent travail de recherche a été réalisé avec Brahim Bouayad (Ph. D., Pr de Finance à l’Université Caddi Ayyad de Marrakech), Bouchra M’Zali, (Ph. D., Pr de Finance à l’ESG UQUAM) et Paul-Martel Roy, (Ph.D., UQUAM). Bachir THIAM

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