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Politique Internationale

Une enquête révèle l'horreur du viol

Par L'Economiste | Edition N°:602 Le 24/09/1999 | Partager

· Menée par l'AMDF, l'étude dévoile la gravité de la situation
· Pas de portrait-type de la femme agressée, mineure et même quand elle a 80 ans


Notre collectivité est-elle une société de violence sexuelle? De prime abord, la religion prise en considération, la réponse devrait être négative. Cependant, statistiques à l'appui, la violence sexuelle à l'encontre des femmes dans ses deux formes, viol et atteinte à la pudeur, est largement répandue dans notre société. C'est du moins ce qui ressort des résultats de l'enquête menée par l'Association Marocaine pour les Droits de la Femme (AMDF), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung.
Les chiffres de cette étude sont frappants. L'enquête, qui a été menée sur la base des dossiers présentés en 1995 devant les Cours d'Appel de Rabat et de Kénitra, montre que 453 des 1.405 dossiers soumis à ces juridictions portent sur des crimes de viol et d'atteinte à la pudeur, soit 32,24% du total. Les auteurs de cette enquête précisent que le choix de ces deux villes n'est pas arbitraire, l'objectif étant, selon eux, de couvrir différentes situations. "Rabat est une ville de fonctionnaires et d'étudiants. Kénitra comprend une population féminine principalement rurale et ouvrière", indiquent-ils.
Qui sont alors les auteurs de ces crimes, quelle est la femme la plus exposée à ce danger et pourquoi est-elle victime de ces agressions, où et quant se produisent ces actes?
Les premières hypothèses nous mènent à supposer que la femme, agressée sexuellement, est jeune et que ses agresseurs lui sont étrangers. Les conclusions de l'enquête sont du moins surprenantes. Non seulement la femme est agressée par ses proches, mais l'âge ne constitue nullement une protection pour elle. Ainsi, il est constaté que "ces agressions sexuelles ont eu lieu pour la plupart dans le milieu familial, la nuit". Aussi, si la plupart des poursuites dans les dossiers sont relatives au viol de mineurs, "cela n'empêche pas l'existence de dossiers concernant le viol de femmes septuagénaires (âgées de 70 ans) et octogénaires (80 ans)". Ces femmes appartiennent aussi à différentes catégories socio-professionnelles. Figurent aussi bien l'enseignante universitaire et la collégienne que l'ouvrière ou la paysanne, qu'elle soit mariée, divorcée, célibataire ou veuve. Parfois, la violence qu'elle subit est collective. "Dans certains cas, le nombre de violeurs d'une seule femme dépasse la vingtaine", soulignent les auteurs de cette enquête. Ainsi, le pourcentage des dossiers de viol et d'atteinte à la pudeur qui étaient le fait d'un groupe a atteint 27,13% du total des mises en accusation.
S'agissant des peines prononcées à l'encontre des agresseurs, la plus lourde a été la réclusion à perpétuité. A la Cour d'Appel de Kénitra, "la condamnation à la réclusion à perpétuité sanctionnait la torture d'une femme septuagénaire violée et frappée à mort".


Problème de société


Au cours de 1995, la Cour d'Appel de Rabat a prononcé un cumul de plus de 420 ans de prison ferme et 29 ans de prison avec sursis à l'encontre des auteurs d'actes de violence sexuelle.
La gravité des jugements prononcés suscite la question suivante: Jusqu'à quel niveau le poids de ces peines contribuera-t-il à la protection des femmes? Ne faut-il pas chercher ailleurs, à l'amont, les explications de ces comportements afin d'y remédier? Pourquoi un homme viole-t-il une femme, parfois octogénaire? C'est dans la sociologie de notre société qu'il faut donc creuser. Notre système d'éducation y contribue largement. Quel est le nombre de familles qui accordent une éducation sexuelle à leurs enfants? A l'école non plus, ces programmes sont absents.

Aniss MAGHRI

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