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    Economie

    Une enquête nationale du CNJA : Les premières données sur la jeunesse marocaine

    Par L'Economiste | Edition N°:89 Le 22/07/1993 | Partager

    Les jeunes filles voient la vie exactement comme la voient les jeunes garçons. En revanche, il y a une forte différence entre les jeunes ruraux et les jeunes urbains. C'est ce que révèle une enquête du CNJA.

    Le thème central de l'enquête est environnement éducatif et socioculturel du jeune marocain: logement. relations avec les parents, niveau et type des études, utilisation du temps libre, vacances, médias. santé et perception de l'avenir...

    Pas de différence entre les sexes

    "Les jeunes vivent leurs problèmes de la même manière sans distinction de sexe". C'est le constat majeur qui se dégage des résultats préliminaires(1) de l'enquête menée par la Direction de la Statistique, pour le compte du CNJA, auprès de 6.000 jeunes représentatifs de la jeunesse marocaine, évaluée à 9 millions et demi de personnes, âgées entre 15 et 34 ans révolus. Les personnes de l'échantillon ne sont pas forcément des chômeurs.

    Le questionnaire de base comportait plus de 200 questions modulées, avec chacune une grille de réponses. La collecte des informations a été effectuée en milieux urbain et rural. Les résultats obtenus ont été parfois étonnants au point de provoquer des réactions de rire au sein de l'assistance composée d'associations de jeunes, membres du conseil et dont certains adhérents sont des diplômés en chômage.

    Trois jeunes sur quatre habitent avec leurs parents

    Seuls 20% des jeunes ont leur propre logement. Les 3/4 de l'échantillon habitent toujours avec leurs parents. Plusieurs arguments sont avancés(2) 58% des jeunes urbains contre 71% des ruraux vivent avec leurs parents pour "la vie en famille". 48% les citadins contre 51% des ruraux citent "la solidarité et l'aide". La sécurité est également une rai son pour ne pas quitter le bercail: 45% des citadins et 44% des ruraux en sont convaincus. En revanche, 38% des .jeunes de la ville contre 18% de ceux de la campagne le font pour motif de logement et 26% des citadins contre 18% des ruraux le font pour "économie d'argent".

    Presque le tiers des citadins et la moitié des ruraux ne voient dans la "vie en famille" aucun inconvénient. 6 1% des ruraux et 68% des citadins estiment que la famille reste "un appui essentiel". Interrogés s'ils disposaient de suffisamment d'argent pour réaliser un projet ou une action, par quoi ils commenceraient, 69% des citadins et 58% de ruraux répondent: aider la famille". Créer une entreprise vient après l'acquisition ou la construction d'une maison. 39% des citadins et seulement 19% des ruraux veulent devenir des entrepreneurs. En revanche, ils sont 38% des ruraux contre 9% de citadins à vouloir "acheter une terre agricole". Bien que le sens de la famille reste fortement présent chez les jeunes, il y a néanmoins quelques mécontents. Dans les villes,
    ils sont 37% de l'échantillon global des 6.000 jeunes à citer le "manque de liberté" au sein de la famille. Dans les campagnes, le taux n'est que de 27%. Toujours au chapitre des inconvénients de la vie familiale, 35% des citadins et 27% des ruraux citent "l'absence de pièce indépendante", alors que 26% des jeunes de la ville et 22% de ceux de la campagne parlent de "difficultés de relations". Expression diplomatique pour désigner en fait de véritables conflits entre ascendants et descendants.

    67% des jeunes satisfaits

    Sur les 6.000 jeunes interrogés, 67% sont satisfaits de leur situation actuelle. En détail, 27% sont "totalement satisfaits" et 40% déclarent être "quelque peu satisfaits". Aussitôt révélé par le Pr Habib El Malki, le taux de 67% fait éclater la salle de rire. Dans les couloirs, un jeune chômeur, technicien en télécom, commente: "c'est un taux chimérique qui reflète la population d'une autre planète. Nous voulons du travail, pas des pourcentages. Le taux de 67% des jeunes satisfaits ne tient pas debout". Ce taux est devenu ainsi au sein de l'assistance une anecdote, une énigme. Un représentant du secrétariat général du CNJA leur expliquera, en commentant à son tour les résultats de l'enquête, que 67% est peut-être un "taux malheureux": "Les jeunes, face au poids des problèmes qu'ils vivent ont peut-être perdu le sens réel de satisfaction", s'interroge-t-il.

    Abdelkhalek ZYNE


    La télé, les voyages, la musique et le Sida

    UN des moments forts de l'enquête menée par la Direction de la Statistique auprès de 6.000 jeunes, est sans doute le volet couvrant le comportement des jeunes vis-à-vis des loisirs, des médias, de la vie associative et de la santé.

    Concernant l'utilisation de leur temps libre, 71% des jeunes urbains le passent en regardant la télé contre 37% des ruraux. En revanche, la moitié des ruraux écoutent la radio pendant ce temps-là contre 31% des citadins. D'autres jeunes passent leur temps libre en faisant des travaux ménagers. Ils constituent 33% dans le milieu urbain et 47% dans le milieu rural. Ceux qui passent leur temps avec des amis ne forment en fait que le 1/3 de la population jeune des villes alors que dans les campagnes, ils sont 40% à le faire. 27% des citadins lisent pendant leur temps libre contre seulement 5% des ruraux. Ils sont 20% dans les villes à pratiquer du sport. pendant ce temps contre 8% dans les campagnes. Deux jeunes citadins sur trois prennent des vacances contre seulement un seul jeune rural sur quatre. 57% des citadins et 76% des ruraux assimilent les vacances à un déplacement "chez la famille dans une autre localité"; 39% des jeunes de la ville et 17% de ceux de la campagne voyagent pendant leurs vacances. Ils sont 17% des citadins et 6% des ruraux à "faire du camping". La durée des vacances est d'au moins un mois pour 58% des citadins et pour 40% des ruraux. Pour 26% des jeunes de la ville et 29% de ceux de la campagne, elle est de deux à trois semaines. Enfin, elle ne dépasse pas deux semaines pour 14% des citadins et 30% des ruraux. Au chapitre de médias, la radio est écoutée par 73% des jeunes urbains et 65% des ruraux, sans distinction de sexe. La musique vient en tête des programmes écoutés. E revanche, les jeunes lisent peu la presse. 50% des citadins et 90% des ruraux ne le font jamais. Pour ceux qui la lisent, les thèmes recherchés sont le sport la politique internationale puis la politique nationale . Les articles sur les jeune n'intéressent que 20% de l'échantillon. La télévision est regardée "souvent ou très souvent" par 90% des jeunes dans le milieu urbain contre 45% en milieu rural. En tête des programmes préférés viennent les films et feuilletons, le informations et le sport,. Côté santé, un jeune citadin sur deux déclare être informé des conséquences du tabac contre un jeune rural sur quatre. C'est presque les mêmes taux pour le niveau d'information sur les méfaits de l'alcool et de la drogue. En revanche, seuls 39% des urbains contre 14% des ruraux possédant un niveau d'information sur le sida et les maladies vénériennes.

    (1) Le CNJA a présenté les résultats de l'enquête lors d'une journée d'étude organisée le vendredi 16 juillet 1993 au Nadi de la Banque Populaire à Casablanca, en collaboration avec les organisations de jeunesse, membres du Conseil. Le thème de la journée était: "la jeunesse et l'environnement éducatif et socio-cuiturel ".
    (2) Plusieurs choix étaient possible pour cette question.

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