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    Une denrée du Ramadan au stade du marketing : Le miel cherche ses marques

    Par L'Economiste | Edition N°:164 Le 26/01/1995 | Partager

    La consommation de miel connaît des envolées pendant le mois de Ramadan. Plus de 70% des ventes annuelles sont écoulées durant cette période. Les marques locales et étrangères lancent des offensives pour une meilleure place sur les rayons.

    La vente du miel pour le mois de Ramadan démarre. Les étalages des différents points de vente se garnissent. Différentes marques, notamment étrangères, commencent à encombrer les rayons des supermarchés. Les marques marocaines entrent dans la course pour "se faire rapidement un nom", souligne un professionnel, car "elles vont devoir aujourd'hui affronter de nouveaux venus, particulièrement d'Amérique latine et d'Europe".

    Cependant, constatent les responsables de certains libre-service, "cette année, les consommateurs ne se sont pas approvisionnés avant la période critique. Les ménages ont différé leurs achats. C'est le calme plat". Avis pas tout à fait partagé par d'autres commerçants et importateurs pourqui "les achats vont bon train, le pic de consommation se situant la seconde quinzaine du mois de ramadan". Cette période représente 70 à 80% des ventes annuelles.

    De plus, l'approvisionnement a commencé à s'accompagner de campagnes de publicité ou de communications, surtout au niveau des dépliants des grandes surfaces. Et, pour la première fois, des marques locales organisent des tests de dégustation de leurs produits avec la mise en place de stands et de têtes de gondoles. Pour M. Maurice Namias, directeur de la société importatrice Jessy Diffusion, "il s'agit d'une bonne chose pour le développement d'un secteur qui jusque-là est resté fermé. Avec le développement des grandes surfaces, les professionnels doivent de plus en plus prendre conscience qu'il faut mettre en avant une véritable image de marque du miel". De plus, souligne-t-il, "il faut absolument sortir ce produit de son cliché d'aliment du mois de Ramadan".

    De leur côté, les distributeurs de miel et de produits alimentaires en général encouragent les efforts d'innovations de leurs fournisseurs pour les emballages et la qualité, le but étant d'agrandir leurs rayons. A côté des ces efforts d'innovations, surtout pour une activité saisonnière, les distributeurs redoutent de se retrouver avec des invendus qui resteront sur les linéaires après le mois de Ramadan. Pour beaucoup, c'est donc la stratégie de prudence qui est encore de mise.

    Pratiquement concentrée sue un mois, la vente du miel et ses performances gourmandes demeurent par ailleurs confrontées au problème majeur du secteur, la contrebande. En 1993, celle-ci a représenté près de 1.000 tonnes, ce qui équivaut à 30% de la production nationale. Toutefois, soulignent des responsables de supermarchés et de sociétés distributrices, en 1994 la consommation de ces types de produits a légèrement baissé "pour des raisons sanitaires et des problèmes de produits frelatés".

    S'ajoutent cette année la fermeture des frontières et les différents barrages mis en place depuis quelques mois.

    Dans tout les cas, les différents opérateurs du secteur déplorent l'absence de contrôle rigoureux et suffisant des services de la répression des fraudes pour la qualité du miel, qu'il soit local ou importé. En effet, depuis quelque années, de commerçants ou intermédiaires peu scrupuleux mélangent le miel naturel ou pur avec le sucre de maïs (glucose ayant la même couleur que le miel) et le vendent à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués par le fournisseur ou le producteur.

    1995 : Par sous de bons auspices

    Artisanale et en grande partie autoconsommée, la production marocaine de miel a atteint en 1993 près de 3.000 tonnes. Ceci représente 3,5 kg par ruche traditionnelle et 25 kg par ruche moderne

    En 1994, la production a par contre accusé un net recul. "La compagne a représenté la moitié d'une année moyenne. Nous avons vécu des conditions très difficiles dues à la sécheresse", souligne un apiculteur. De son côté, 1995 ne se présente pas non plus sous de bons auspices. "Nous avons cette année connu des floraisons précoces, donc des floraisons et des matières premières éphémères".

    Le prix du miel produit au Maroc varie entre 30 et 100 DH le kg. Le miel importé, de son côté, coûte 40 % plus cher que le miel local. Il est généralement destiné à une clientèle plus aisée. Les droits de douane et taxes cumulées s'élèvent à près de 85%. Les importations sont passées de 19 tonnes en 1991 à 84 tonnes en 1992, et connaissent à peu près les mêmes niveaux pour les années suivantes. Près de 50% des importations proviennent d'Espagne, suivie de l'Amérique latine, notamment l'Argentine. Cette année, une nouvelle origine a vu le jour, d'Allemagne.

    S'agissant de la consommation, celle-ci est estimée à 4.500 tonnes par an. Le Marocain 'reste friand de miel foncé, miel d'eucalyptus et de tournesol. A côté du miel pur existent des dérivés à base de miel contenant 75% de sucre.

    100.000 Km pour un Kilo de miel

    LES abeilles, qui savent produire à volonté des mâles, des reines fertiles ou des ouvrières asexuées, sont de remarquables spécialistes de la chimie naturelle.

    Certains auteurs comparent le miel à une vomissure. On a même été jusqu'à écrire que le miel, venant de l'estomac de l'abeille, est donc digéré et n'est plus qu'une substance morte. Pour beaucoup de spécialistes, ces dires et écrits ne répondent nullement à la réalité.

    En effet, le miel ne provient pas de l'estomac de l'abeille, mais de son jabot ; il n'est pas "digéré", mais “prédigéré". C'est justement cette prédigestion qui le rend infiniment précieux en transformant la saccharose (sucre des fleurs) en glucose et lévulose, directement assimilables par l'organisme humain. Dans tout temps, le miel a été apprécié. Chez les Arabes, Avicenne conseillait du miel avec des pétales de roses dans le traitement de la tuberculose. Les Egyptiens s'en servaient pour la momification, pour le traitement des blessures...

    Les miels sont le plus généralement "toutes fleurs", ce qui signifie que les abeilles ont eu plusieurs variétés végétales à leur disposition. Ces miels possèdent donc des propriétés diverses, à condition que ce soit bien des miels naturels, sans adjonction de sucre. Certains apiculteurs donnent même du sucre à leur abeilles et utilisent jusqu'au dernier miel qui, pour la consommation humaine, est de qualité inférieure et droit être laissé dans la ruche comme provision d'hiver pour ses habitantes.

    Les abeilles sont 50 millions de colonies à fournir, chaque année dans le monde entier, près de 950.000 tonnes de miel. Une colonie peut féconder 28 à 35 millions de fleurs par jour ; elle parcourt 960.000 km pendant l'été. Une abeille produit 5g de miel par jour. Le miel provient de deux sources différentes, le nectar et le miellat. Pour produire un kilo de miel, la butineuse doit effectuer 40.000 vols, soit 100.000 km, et visiter plus de 4 millions de fleurs. L'abeille parcourt la distance à la vitesse de 40 km/h à l'aller et 20 au retour compte tenu de sa charge. La composition du miel dépend des espèces butinées, de la nature du sol, du climat, de la race d'abeilles... En moyenne, le miel contient de 75 à 80% de sucres, de 1 à 5% de substances diverses et moins de 20% d'eau. Le miel, s'il est placé dans un endroit convenable, se conserve presqu'indéfiniment. Il ne moisit pas. Ayant une grande capacité hygroscopique, il faut le maintenir à l'abri de l'humidité.

    Meriem OUDGHIRI

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