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Société

Un nouveau livre sur le Sahara

Par L'Economiste | Edition N°:2852 Le 03/09/2008 | Partager

. Une enquête scientifique du directeur des recherches au CNRS . Mohamed Cherkaoui y décortique 30.000 actes adulaires Pour répondre à un ami, il suffit d’une réplique de quelques lignes, d’un article peut-être, mais parfois cela peut s’avérer insuffisant. C’est ce qui s’est passé pour Mohamed Cherkaoui, directeur des recherches au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et professeur à la Sorbonne à Paris, qui a écrit tout un ouvrage pour répondre à un ami sur la question du Sahara. Résultat, un livre de 200 pages intitulé «Le Sahara liens sociaux et enjeux géostratégiques», publié aux éditions Bradwell Press Oxford. Cet ouvrage, écrit en langue française, se décline en deux grandes parties: «Stratocratie ou démocratie»? et «Intégration sociale et économique du Sahara». D’emblée, il fait bien d’avertir le lecteur qu’il ne s’agit pas d’une réécriture de l’histoire des liens entre le Maroc et le Sahara, loin s’en faut. La démarche est celle d’une enquête scientifique sur la base de preuves tangibles. L’auteur, qui a mené une enquête qui a porté sur près de 30.000 actes adulaires au Sahara, estime que l’échange matrimonial reste l’un des indicateurs fiables sur les liens sociaux. Mais, cela aurait donné lieu à une étude incomplète si l’auteur s’était contenté uniquement de cette facette sociale. Le volet politique et géostratégique dans cette affaire qui perdure depuis plus de trente ans demeure incontournable pour toute analyse crédible. Mohamed Cher-kaoui ambitionne ainsi de braquer les projecteurs sur les «effets géostratégiques pervers qu’une balkanisation de la région engendrerait». C’est ce qui l’a amené à se focaliser dans le troisième chapitre de la première partie sur l’initiative marocaine qui met au-devant de la scène la proposition d’autonomie des provinces sahariennes. Une nouvelle donne qui suscite l’intérêt de toute la communauté internationale, en tant qu’issue politique viable, mais aussi réaliste. Sans hésitation aucune, l’auteur qui est membre de l’Académie européenne de sociologie, estime que cette autonomie s’inscrit dans le cadre du «vaste chantier de réformes sans précédent que le Maroc a entreprises depuis dix ans et qui ouvrent de nouvelles perspectives politiques tout à la fois aux autres régions du Royaume». L’autonomie du Sahara, une fois mise sur pied, aura certainement ses retombées sur le cadre constitutionnel et politique marocain. Par ailleurs, l’une des pistes suivies par Mohamed Cherkaoui sur les axes du problème du Sahara est que celui-ci restera «en grande partie obscur, incompréhensible même, si l’on se refuse à prendre en considération le lourd contentieux territorial entre l’Algérie et le Maroc». En effet, l’auteur ne trouve aucune contrainte à qualifier, dans la première partie de cet ouvrage, l’Etat algérien d’impérial, dans le sens libéral du terme. C’est-à-dire un Etat qui tend à faire régner la paix interne en exportant la guerre, réelle ou potentielle, à l’extérieur. Les déclarations d’un officier supérieur algérien concernant cette affaire sont gravées dans les esprits: «Le conflit du Sahara est une pure manigance des décideurs militaires algériens», a-t-il précisé. Dans le même sens, l’auteur va jusqu’à emprunter à Raymond Aron l’expression d’«ennemi positionnel» qui s’applique à la politique des décideurs d’Al Mouradia. La deuxième partie, quant à elle, planche sur la question de l’intégration des populations des provinces sahariennes. Une tâche qui a amené l’auteur à mettre à profit toutes les données politiques, sociologiques et économiques des quatre dernières décennies. Et de conclure vers la fin de cette partie que le taux de scolarisation des jeunes générations sahraouies, indicateur majeur, est supérieur à ceux des jeunes des autres régions du pays, même les plus riches et les mieux équipées sur les plans social et économique. Revenant sur les mouvements sociaux qui ponctuent fréquemment le quotidien de la région, Mohamed Cherkaoui les attribue à quatre facteurs. D’abord, à cette libéralisation croissante de la vie publique, au chômage d’une proportion importante des jeunes diplômés puis aux pratiques hétérodoxes de l’administration et enfin à une politique fondée sur la sélection des élites «qui paraît désormais surannée». Ali RACHDI

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