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International

Un monde fou
Une bonne paire de claques pour évacuer le stress

Par L'Economiste | Edition N°:2336 Le 08/08/2006 | Partager

. Une société chinoise propose également d’insulter des cobayes moyennant une modique somme. Les femmes peuvent frapper, les hommes seulement insulterVenu du sud de la Chine à Shanghai il y a deux ans, Chen Jun pensait avoir trouvé un nouveau filon lucratif: combattre le stress des cadres de la capitale financière chinoise avec une bonne paire de claques. «Nous proposons aux gens de pouvoir libérer leur stress en insultant ou en battant quelqu’un», résume ce jeune homme de 27 ans à la voix enjôleuse de présentateur télé. Le principe est donc simple. Moyennant finances, les jeunes cadres de Shanghai sont invités à se défouler en dehors de leur travail. Pour 120 yuans (15 dollars), les femmes peuvent en venir aux mains, en donnant une claque à l’un des cobayes de Wantong, la société créée en mars dernier par Chen Jun et son associé Zhang Li. Quant aux hommes, ils doivent se contenter d’insulter les victimes volontaires, au prix de 100 yuans (12,5 dollars) les 10 minutes. Les autorités chinoises ne l’ont toutefois pas entendu de cette façon. La municipalité de Shanghai a retiré sa licence d’exercice à Chen Jun, en raison des atteintes physiques sur les personnes, selon les explications du jeune patron. Ce comédien de formation, ulcéré par cette décision, n’en démord pas: la niche est rêvée. «Nous ne savons pas encore quand nous pourrons reprendre, mais j’espère bien proposer de nouveaux services d’ici quelques semaines», explique-t-il. Et ce, malgré un succès très relatif de l’activité les premiers jours. Mais, ce qui est sûr, c’est que l’entrepreneur originaire du Guizhou (sud) a mis le doigt sur un créneau encore très peu exploité, dans une ville où les cadres sont soumis à un environnement de plus en plus compétitif. Les 10% de croissance durant la dernière décennie n’ont cessé d’attirer les éléments les plus brillants de toute la Chine. Le dynamisme du centre économique et financier chinois motive-t-il les yuppies ou les entraîne-t-il vers la dépression? Une enquête de la société chinoise Kerui montre que les manageurs de Shanghai s’estiment davantage sous pression que ceux des autres grands centres urbains, à hauteur de 78%, contre 53% à Pékin et 47% à Canton. Le docteur Zheng Anlin, de l’hôpital de Huadong à Shanghai, juge la situation également délicate. «50% des cols blancs ont des problèmes psychologiques mais seuls 5% d’entre eux décident d’aller consulter des spécialistes», estime-t-elle. Pourtant, ce mal-être naissant de la classe moyenne ne figure pas encore au rang des priorités des entreprises. Très peu d’études ont été menées par les grands groupes ou les cabinets de conseil sur le sujet. «Le vrai problème est que les entreprises n’arrivent pas à recruter assez vite, par rapport à leurs besoins, ce qui engendre naturellement une pression. Mais je parlerai davantage de suractivité que de stress», explique Alexandre Morin, directeur de la CEGOS en Chine, cabinet spécialisé dans les ressources humaines et la formation professionnelle. Les compagnies recrutent en masse et l’organisation de la force de travail nécessite du temps que l’économie shanghaienne n’a pas encore le luxe de s’offrir. Les cadres sous pression devront tenir encore un peu et éventuellement se défouler avec Chen Jun.Synthèse L’Economiste

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