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    Un millier de crocodiles à Marrakech

    Par L'Economiste | Edition N°:827 Le 08/08/2000 | Partager

    • Un parc animalier contenant 1.200 crocodiles ouvrira ses portes début octobreIMAGINEZ les mâchoires d'un crocodile de 4,5 mètres de long sous le nez d'un touriste, là, l'un face à l'autre séparés par une palissade en bois. Pas besoin d'aller sur le Nil ou aux lacs de l'Afrique noire pour assister à ce spectacle. A partir d'octobre, il suffira de faire un tour à Marrakech pour être en première loge dans un parc unique dans son genre. Bab Africa, c'est son nom, est situé à la sortie de la ville sur la route de Fès. Les drapeaux et banderoles représentant des crocodiles annoncent déjà la couleur. A mi-septembre, 1.200 crocodiles atterriront à l'aéroport de la ville ocre. Le cortège qui les amènera à leur demeure sera impressionnant. «C'est un projet de fous« diriez-vous. Fous, ils ne le sont point.Généraliste d'approche, Euro Concept, entreprise française d'étude et investissement, a passé sept années à analyser le terrain. L'objectif est de trouver une niche d'investissement dans un sentier pas encore exploré. Les conclusions de la recherche effectuée par l'un des promoteurs du projet, M. Jacques Dubois, sont éloquentes à tout point de vue: le Maroc a des lacunes, mais facilement contournables. Le tourisme existe car le pays est à 3 heures d'avion, le climat est extraordinaire, malheureusement, il n'y a pas les outils nécessaires. Il est vrai que des hôtels existent, «remarque que c'est bien joli de faire dormir les gens, mais, on dort huit heures et on vit le reste de la journée« explique-t-il sur un ton plein de sarcasme.Une autre question a été soulevée par cet opérateur: pourquoi le Marocain part en Espagne pour passer ses vacances? La réponse est qu'il y va pour s'amuser. Du coup, «il nous fallait trouver une idée pour faire vivre le tourisme pendant la journée. Sur le terrain, il n'y a rien à Marrakech à part l'incontournable «Chez Ali«.L'analyse a commencé par les arrivées en avions sur Marrakech. Résultat: les promoteurs de ce projet sont parvenus à la conclusion que seules 35% des arrivées pouvaient faire vivre leur idée. Avec une opération marketing adéquate, le projet de parc peut tabler sur un million d'entrées. Et ce sans compter les nationaux.La prospection a été menée également au niveau des aéroports européens. Un questionnaire demandait aux touristes s'ils avaient l'intention de revenir à Marrakech. Eh bien, personne ne voulait y retourner, mais manifestaient le souhait de repartir en Tunisie. Pourquoi? «A chaque fois c'est la même réponse. Au Maroc, il y a plus d'hospitalité qu'en Tunisie, par contre, il n'y a rien à faire«. A partir de là, l'idée commençait à prendre forme: il faut créer un outil pour amuser les touristes.Pour s'éloigner des sentiers battus, M. Dubois a pensé à la création d'un parc d'élevage de crocodiles et d'autruches avec la particularité d'être ouvert aux touristes. Le parc s'élargira ensuite pour devenir un complexe animalier où séjourneront, singes, serpents, rhinocéros et bien d'autres animaux.Le chantier a commencé il y a 95 jours et est à 80% de sa réalisation. Il a fallu construire 4 kilomètres d'irrigation, 7 hectares de plan d'eau sur une superficie de 86 hectares. Le projet a utilisé 120 tonnes de plastic. Et ce n'est pas fini, puisque la réalisation du projet s'étale sur 4 années.A terme, le parc sera une invitation à découvrir «le monde de la jungle«. Le tout dans une architecture peinte en faune et en flore. L'attraction principale sera le «Croco land«. Au total, la visite offre le spectacle de 8 lacs contenant 700 crocodiles reproducteurs. Des ponts composés de bois permettant de passer d'un lac à un autre tout en ayant la sensation qu'un alligator est juste en bas sous les pieds. Le passage du «Croco Land« à la «Jungle Word« se fera en pirogue. Détendez-vous, les oueds ne contiennent pas de crocodiles. Des mesures de sécurité et des obstacles naturels ont été conçus de sorte à éviter tout risque. La serre tropicale construite en verre et rochers artificiels abritera une flore tropicale où le visiteur pourra découvrir 2.000 oiseaux exotiques. La vallée des papillons, le vivarium (espace reptiles), l'auditorium pour la projection de films, la restauration, l'hôtellerie... tout a été prévu. Le parc est également une ferme d'élevage orientée vers l'expert. Pour réaliser ce rêve tropical, il a fallu mobiliser un investissement de 12,4 millions d'Euros, soit près 124 millions de DH sur quatre ans. Le pari n'était pas simple et les obstacles énormes.«On s'est rapproché des banques marocaines en proposant notre projet avec un business-plan sur sept ans, un amortissement total en 36 mois et un plan de monter en charge sur quatre ans de 150 millions d'Euros. Nous avons été déçus car aucun organisme bancaire n'a parrainé le projet« déplore M. Dubois. Retour en Europe pour solliciter la Banque Européenne de Recontruction et de Développement qui a donné son accord pour une prise de participation au capital à hauteur de 6 millions de DH. Le comble est qu'aucun correspondant bancaire au Maroc signataire de convention avec la BED ne voulait réceptionner ces fonds. Un seul correspondant est actuellement en charge. En attendant qu'il rapatrie cet argent, le projet doit compter sur un autofinancement de 40 millions de DH pour la réalisation de la première tranche. A l'heure, 20 millions de DH ont été engagés dans les travaux de réalisation en cours. Deux MRE ont apporté leur concours. Résultat: l'affaire va générer 382 emplois avec 4 millions de DH pour la formation professionnelle étalés sur trois ans. Elle concernera tous les employés quelque soit leur corps de métier. Khalid TRITKI


    La bourse des MRE25% du capital de Bab Africa ont été réservés aux MRE. Deux sont déjà présents à concours de 11% du capital. L'argent des MRE est appelé à devenir pour le Maroc, une source d'économie et d'emplois. Selon l'expérience de M. Dubois, il est évident que pour faire rentrer un MRE au capital, il faut lui donner toutes les garanties. Malgré qu'il soit Marocain, il a beaucoup de craintes. Il faut donc le sécuriser par un projet déjà bouclé en association avec des gens qui ont pris des risques par l'engagement de leurs fonds propres. A cela s'ajoute, la garantie de mettre en place une structure totalement transparente.L'implication d'un MRE dans un investissement Européen présente l'avantage d'une grande compréhension. Explication de M. Dubois: «Nous avons du mai parfois à faire comprendre nos orientations à nos cadres. Par contre, quand nous avons affaire à un MRE qui a vécu 18 ou 25 ans en Europe, le courant passe vite«. Bab Africa table sur les MRE dans la mesure où il cherche toujours des partenaires non seulement financiers, mais surtout qui peuvent l'assister dans son développement.L'enjeu pour le Maroc est donc de réunir les MRE, leur donner un cadre transparent pour les inciter à s'associer à des investisseurs étrangers ou marocains. «Nous pouvons monter la bourse des MRE, non pas dans le domaine financier, mais dans la création d'emplois avec des micro-entreprises et des PME/PMI«. Il reste à régler des problèmes constituant le bête noire des investisseurs notamment le foncier.
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