×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Un livre qui met en relief le parcours des élites marocaines

Par L'Economiste | Edition N°:1144 Le 15/11/2001 | Partager

. L'auteur a décelé quatre grandes générations d'élites durant le XXe siècle . Les années 80 seront marquées par l'émergence d'une stratégie élitiste de l'enseignement L'Institut Français de Rabat a organisé, la semaine dernière, une conférence de l'historien Pierre Vermeren sous le thème «Les élites marocaines au XXe siècle«. Ce rendez-vous a permis à Vermeren d'exposer la synthèse de son enquête menée au Maroc sur la formation des élites et de présenter officiellement sa thèse d'histoire sociale consacrée à «la formation des élites par l'enseignement supérieur au Maroc et en Tunisie au XXe siècle«. Un travail qu'il a soutenu en février 2000 à l'Université de Paris VIII. Distinguée par «le Prix Le Monde de la recherche universitaire« en 2001, cette thèse donnera lieu à une publication à la fin de l'année aux Editions Alizées. Dans sa recherche, Vermeren étudie les processus historiques de la reproduction et de l'ouverture des élites sociales au Maghreb à travers le prisme scolaire. Son analyse décèle quatre grandes générations identifiées dans le siècle. La génération des pionniers fondateurs du nationalisme est constituée des héritiers de grandes familles. Les enfants de ces notables, formés sous le Protectorat, vont constituer la génération suivante, celle de l'Indépendance.Ces héritiers de la deuxième génération, issus pour la plupart d'entre eux des grandes villes, ont formé la classe dirigeante précoloniale. C'est la génération de la contestation sociale et politique des années 60 qui prendra la relève. Elle est plus nombreuse et plus diversifiée que la précédente, explique Vermeren. Elle est aussi marquée par l'arrivée de la première vague des filles de classes aisées. Une autre couche issue de classes moyennes, mais qui avait accès à l'enseignement après l'Indépendance, fera aussi partie de cette génération. L'afflux de cette élite va bloquer l'accès aux postes étatiques pendant plusieurs décennies.Les intellectuels de cette génération vont subir la répression politique des années 70 et 80. Mais l'alternance politique des années 90 va ramener, plus tard, nombre d'entre eux sur la scène politique.Le changement de l'enseignement durant les années 80, notamment l'introduction de l'arabisation, va marquer une rupture dans l'histoire estudiantine et par conséquent dans la formation des élites. Une quatrième génération marquée par une vision islamiste va émerger dans les campus. Elle n'a plus la même conception du monde et la crise multiforme qui frappe le Maghreb dans les années 80 et 90 va accentuer cette tendance. Cette phase sera aussi marquée par la dualité du système d'enseignement et la multiplicité des facteurs discriminatoires. On assiste, selon Vermeren, à l'opposition entre les grandes écoles et les universités et entre le secteur public et le secteur privé. Le facteur linguistique n'est qu'un facteur discriminatoire parmi d'autres qui marqueront la stratégie élitiste de l'enseignement, a indiqué Pierre Vermeren. Face à ceux qui font des études pour devenir des diplômés chômeurs, une élite sociale va voir le jour. Elle bénéficie d'un potentiel linguistique important et d'une formation technique pointue, a précisé l'historien français.Ce regard, à la fois savant et extérieur, atteste de l'importance de l'évolution historique du Maroc. Rappelons dans cette perspective que Pierre Vermeren a récemment publié «Le Maroc en transition« . Cet ouvrage a été conçu pour répondre à une demande des Editions La Découverte suite à un manque éditorial sur le Maroc contemporain en France depuis quelques années, a expliqué l'auteur. Paru en mai 2001, le livre propose une analyse originale pour découvrir la vie politique renouvelée du Maroc, sa société en mutation et son économie en développement. «Il donne un panorama assez complet. C'est un travail d'historien qui porte sur le contemporain«, ajoute son auteur Pierre Vermeren. «Le Maroc en transition« ne se limite pas aux évènements conjoncturels d'une vie politique ou culturelle mouvementée, mais prolonge une analyse des données historico-politique du XXe siècle. «J'ai travaillé durant dix ans sur cet ouvrage, je pars d'une expérience vécue de la transition qui m'a permis de retracer la situation actuelle du Maroc d'aujourd'hui dans toute sa complexité«, a précisé Vermeren. Selon lui: «Le pays vit une double transition qui l'a transformé en profondeur. La première, politique marquée par l'arrivée de l'opposition historique au pouvoir en 1998. La seconde porte sur la succession dynastique qui a porté Mohammed VI au Trône en 1999 et a donné un coup de vieux au gouvernement Youssoufi«. K. Be.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc