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Politique Internationale

Un bâtisseur de cathédrale en solitaire

Par L'Economiste | Edition N°:570 Le 11/08/1999 | Partager

· Le chantier dure depuis près de 40 ans avec 10 heures de travail par jour

· Le bâtisseur a vendu des terres familiales pour financer le projet


Voilà bientôt quarante ans que l'Espagnol Justo Gallego Martinez, 73 ans, construit seul sa cathédrale dans un village de Castille, avec l'unique force de la foi. Justo n'est pourtant pas architecte et sa cathédrale n'a pas de permis de construire. «C'est un acte de foi», explique-t-il.
Les plans n'existent que dans sa tête. La cathédrale sera romane, un peu baroque. Reste à trouver les matériaux. De village en village, Justo fait la tournée des entreprises qui lui cèdent briques, ciment, tuiles, grillage et quelques outils.
Tous les jours de l'année, Justo se lève le matin à sept heures et demi et se rend à huit heures sur son chantier, après avoir avalé un café et une madeleine. Dix heures de travail. Pas de déjeuner et un dîner frugal -strictement végétarien- lorsqu'il rentre se coucher chez sa soeur Carmen.
S'il fait beau, il travaille sur le toit ou s'occupe de monter les douze tours qui ceinturent son église. S'il pleut, il s'occupe de l'intérieur, creuse la crypte, soude quelques grilles de fer forgé ou prépare les armatures d'acier où il coulera son béton.
A l'occasion, il moule des têtes de statue. «Je n'ai qu'un moule, alors j'ajoute une barbe en béton à Saint-Pierre pour le différencier de Saint-Paul», explique-t-il. Le génie de ce bâtisseur, c'est la récupération. Les colonnes sont moulées dans des bidons de pétrole, les arcades arrondies des fenêtres portent encore la marque des pneus qui ont servi de moule. Des roues de vélo servent de poulies.

Les revêtements sont rares, laissant la brique à nu, au grand bonheur des hirondelles. Les échafaudages semblent branlants, vieilles planches et plaques de tôle ondulée rouillée relient les différents «chantiers» du chef-d'oeuvre de Justo.
L'ensemble est monumental: l'église occupe au sol 50 mètres sur 20. Une coupole de 12m de diamètre, encore à l'état de squelette d'acier, surplombe l'ensemble à 35m de haut. La structure du bâtiment est pratiquement terminée: seuls les sommets des tours hérissent encore leur pointes de métal et le toit n'est toujours qu'un squelette de métal.
Au total, 8.000 m2 au sol sont construits ou en voie de construction. Une longue volée de marches de mosaïque mène à l'entrée principale, couronnée d'une rosace virtuelle, qui laisse entrer les pigeons et le soleil couchant.
Pour financer le tout, Justo a vendu des terres familiales. Pour 20 millions de Pésètes (1.200.000 DH), auxquels se sont ajoutés quelques millions de dons de particuliers et les maigres «donations» laissées par des touristes.
Justo ne veut pas évoquer l'avenir et il est inutile de lui demander s'il espère voir sa cathédrale achevée: c'est l'oeuvre de sa vie et elle s'achèvera avec lui. Il l'a néanmoins confiée par testament à l'évêché voisin d'Alcala de Henares.

(AFP)

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