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    Culture

    TVM et 2M: Après le f'tour, faites une sieste, vous ne raterez rien

    Par L'Economiste | Edition N°:913 Le 11/12/2000 | Partager

    . Les programmes ramadanesques de nos deux chaînes brillent encore une fois par leur médiocrité. Lecture dans nos grilles localesLe téléspectateur marocain débourse impôts et contributions à l'audiovisuel pour bénéficier de bons programmes sur TVM et 2M. Lorsqu'on interroge ce même téléspectateur sur la qualité de ces programmes, il manifeste son insatisfaction quant à ceux du mois de Ramadan, où il a envie, plus que les autres mois, de consommer local en matière d'images. Cela aurait pu être pour TVM et 2M l'occasion de racheter leurs audiences, l'heure du f'tour étant une plage horaire assez prisée. A ce moment de la journée, le jeûneur devient téléspectateur par la force des choses. A l'approche du mois sacré, il est de coutume que nos deux chaînes procèdent à des changements dans leurs grilles de programmes. Ils les travestissent et les affublent de toutes sortes d'accoutrement pour les adapter à l'esprit du mois sacré. Ils acquièrent de nouveaux produits, en privilégiant surtout la production locale. Mais c'est là où le bât blesse. . Haro sur l'improvisationCertes, cette production est très prisée pendant ce mois où les téléspectateurs ont envie de casser la routine et l'ennui de la programmation «ordinaire«. Ils désirent voir sur leurs écrans des produits bien de chez nous. Cela donne-t-il le droit à nos chaînes de leur jeter n'importe quoi? Ceci ne semble pas trop gêner les responsables de la programmation, qui oublient la plupart du temps qu'une grille de programmes spéciale se médite. Hélas, l'improvisation est de mise. Sans prendre le temps de bien faire les choses, les préparations se font à la va-vite et de façon bâclée. Chaque chaîne revient chaque année à sa liste de clients qui font le commerce des idées sur son antenne. Lesquels fournisseurs de programmes répondent toujours présent, mais brillent par leur médiocrité et leur fadaise. Résultat: des sortes de cocktails insipides, dans lesquels le souci de la qualité est inexistant, font office de programmes. Ils sont dénaturés, sans âme ni couleurs et à cent lieues d'intéresser le téléspectateur le plus profane. La première victime de ce complot? ce même téléspectateur, qui après une journée de travail et de jeûne, cherche des moments de détente et d'évasion dans la télévision. Du coup, la boîte à images, censée être une boîte à merveilles, devient son pire ennemi. Normal, il se retrouve nez à nez avec un amas de produits de récupération glanés ici et là pour combler le vide des horaires. Désabusé, aussi bien par la première que par la deuxième chaîne, il se jette sur sa télécommande, tourne son regard vers le grand ciel à la recherche du salut via TV5, Canal+Horizons, Arte... Le zapping a du bon.. En attendant des programmes décentsLe malheureux processus de désillusion s'opère chez le téléspectateur par étape et selon les plages horaires. A commencer par les sketchs ramadanesques, devenus plats incontournables du mois sacré. Ils sont frappés du sceau de la médiocrité. Ils poussent comme une mauvaise graine, prolifèrent et, comble du malheur, leurs auteurs font des émules et des héritiers. A la fin du mois, on pousse un grand ouf de soulagement. On se croit débarrassé d'eux, mais, erreur, ils ne font que s'éclipser pour mieux récidiver. Après sa contribution humoristique, terne et flétrie le Ramadan dernier, Baz revient cette année, faisant fi de toutes les critiques auxquelles l'ont exposé ses sketchs démunis d'humour. Apparemment, 2M a fini par prendre goût à ce genre «d'humour« plat. Le couple Khadija Assad/Saâd Allah Aziz s'inscrit dans cette même lignée. Mais pardi, de quel siècle sortent-ils? Il n'est plus de bon ton de traiter les maux de la société de cette façon archaïque et ô combien dépourvue de recherche. Leurs propos, cousus de fil blanc, n'amusent plus la galerie. Un recyclage leur ferait le plus grand bien. Nous tournons le dos à 2M. Rappelons que les audiences de TVM et 2M ont été laminées par les chaînes paraboliques. . Du réchaufféDirection Dar Labrihi. Tiens! on avait annoncé l'arrivée en grande pompe de Hanane Fadili, jusque-là, une valeur sûre du comique marocain. Le public, frustré, porte tous ses espoirs sur elle. Il s'attend à ce qu'elle mette un peu d'ambiance dans la sinistre TVM, tout comme elle l'a fait lors de son passage à 2M. Mais, encore une fois, la déception est au rendez-vous. On s'attend à tout, sauf à cette action-là, Hanane. Du réchauffé et du déjà-vu. Entre les scènes insipides de «Super Hadda« et celles sans fin ni signification des «parodies« de grands films, le téléspectateur est là à attendre une action qui ne vient pas. A cet égard, le titre «En attendant l'action« est très révélateur. L'art, c'est de la création et la création, c'est beaucoup d'imagination. Hélas, l'imagination reste cette denrée rare, qui fait défaut à nos productions. En parlant d'imagination, Farida Bourkia et sa consoeur Farida Benlyazid en connaissent long sur ce chapitre. Pour Farida Bourkia, on sait d'avance à quoi s'en tenir avec ses feuilletons et «Douair azzaman« n'a pas failli à la règle. Un moule préétabli lui sert d'ambiance pour une histoire populaire avec une thématique redondante. Quoi qu'il en soit, ce type de produit trouve preneur parmi les téléspectateurs et c'est tant mieux pour Bourkia. Par contre, ce que le public marocain ne tolère pas, c'est ce type de film minute qu'on lui jette sans égard ni respect, genre «Niya taghlab« de Farida Benlyazid. C'est vraiment le prendre pour ce qu'il n'est pas que de lui diffuser cette «chose« sans queue ni tête et dépourvue de toute logique. Les Marocains, qui sont de grands consommateurs d'images, sont capables de comparer ce qui se diffuse chez nous avec ce qu'ils regardent ailleurs. Là, nous sommes largement perdants dans cette compétition. Normal, nos télévisions cultivent la médiocrité. Le téléspectateur se demande au bout du compte pour qui sont élaborés ces programmes qu'on dit spécifiques au mois de Ramadan. Kenza ALAOUI

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